DIABÈTE (SUITE). DIAGNOSTIC
jusqu'à la mort et pendant lequel la température s'abaisse de 2 à 3 degrés. Il y a dans ces phénomènes quelque chose d'analogue à une forme spéciale d'urémie que nous étudierons plus tard sous le nom iïurémie dyspnéique. Cependant Kussmaul repousse l'idée de l'urémie dans ces cas, et il rejette également la doctrine de Kaulich (i), qui attribue le coma à la présence de l'acétone dans le sang. Dans ces derniers temps, Hilton-Fagge (2) a regardé le coma comme le produit d'une sorte de dessèchement des centres nerveux par le fait des grandes pertes de liquide. Il l'a traité par l'injection dans le sang d'une solution saline. Le coma céda, mais l'expérience renouvelée par Frederick Taylor (3) ne donna aucun résultat.
Lie Diagnostic du diabète doit résoudre les questions suivantes : Exisle-t-il de la glycose dans les urines? S'agit-il d'une glycosurie passagère ou permanente? La glycosurie permanente est-elle le véritable diabète avec azoturie? A quelle période la maladie est-elle arrivée?
La première question ne peut être résolue que par l'examen des arines; mais il faut, pour que Tidée d'examiner les urines vienne au médecin, constater la présence de certains signes appelés avec raison par Jaccoud signes révélateurs. Le plus souvent c'est Taugmentation de la sécrétion urinaire qui frappe l'attention des malades ; ils sont obligés de se lever plusieurs fois dans la nuit et viennent consulter le médecin à ce sujeL La soif est en même temps exagérée; il y a augmentation de l'appétit. D'autres fois c'est une démangeaison du jland, du prépuce ou de la vulve, en même temps que deséruplions du coté de ces organes qui apparaissent tout d'abord ; les malades qui s'en plaignent disent en même temps que leur linge est taché, poisseux, comme amidonné. La sécheresse delà bouche, sa rougeur et celle des gencives, la carie des dents, phénomènes auxquels se joint une dyspepsie parfois très-rebelle, ouvrent encore souvent la scène. Je dois citer aussi les furoncles, les anthrax, les petites plaques gangreneuses, la chute des ongles et les troubles de la vue connus sous le nom d'amblyopie légère. Quand l'un ou l'autre de ces accidents se rencontre chez un malade, de toute nécessité il faut examiner les urines et, très-fréquemment, leur analyse affirmera la glycosurie. Kntin, dans certains cas, c'est l'amaigrissement qui apparaît tout
'1' Kaiilich, loc. cit.
i Hilton-Fajîgc, A case of (Vahetic coma treated wilh partial succès by the injection of Q saline solution into the bloody 187-i. 3. Fredrrick Taylor, id.
d'abord. Sans cause connue, sans qu'un examen médical aussi consciencieux que possible révèle la présence de lésions organiques, on voit les sujets s'émacier de jour en jour, et cependant l'appétit reste normal. Parfois il n'y a qu'une léfçère exagération de la quantité d'urine et la polydipsie est si peu de chose qu'elle passe inaperçue. Toujours alors l'examen urinaire doit être pratiqué.
Pour rechercher le sucre dans les urines, les anciens médecins, Rollo, ^Yillis, Nicolas et Gueudeville, se servaient des caractères organoleptiques (Chevreul). Ils goûtaient les urines et, d'après leur saveur sucrée, concluaient à la présence du sucre et conséquemment à l'existence du diabète. Ces procédés, très-imparfaits comme vous le savez, ne sont plus usités de nos jours, et le médecin reconnaît le sucre dans les urines à l'aide de méthodes plus certaines, permettant en outre le dosage de celte subsLince dans le liquide urinaire. Les méthodes habituellement employées dans les recherches cliniques consistent dans la recherche de la densité des urines et dans leur traitement par les liqueurs cupro-potassiques.
Le procédé densimélrique a été imaginé par lîouchardat. 11 repose sur ce fait que, chez les diabétiques, la densité des urines oscille entre 10:i5 et 1045; cette densité très-élevée est due à la présence de la glycose dans la sécrétion urinaire. Au moyen du procédé densimélrique seul, Bouchardat arrive à doser la quantité de sucre rendu en 2i heures par les diabétiques :
L'instrument qu'il emploie, Vuromèirej consiste en un densimètre donnant à effleurement les densités des li(|uides de 1000 à 1050, à la température de 15 degrés. Pour en faire usage on recueille l'urine dans une éprouvette, puis on y plonge l'instrument et on lit le chiffre densimélrique indiqué. On prend ensuite la lempérature du liquide; si elle est de 15", le chillre densimélrique est juste; si elle diffère de 15% il est nécessaire de faire une correction en se conformant aux règles indiquées dans le tableau suivant par Bouchardat et obtenues par de nombreuses expériences.