‹ Les grands processus morbides; leçons de pathologie généraleChapitre 55 sur 217 · RHUMATISME ART. CHRONIQUE PARTIEL · texte numérisé non relu

RHUMATISME ART. CHRONIQUE PARTIEL

OU ovoïdes, extrêmement variables dans leurs dimensions. Ces artropkytes, comme on les appelle encore, sont constituées par du tissu fibro-cartilagineux, par du cartilage vrai, ayant subi ou non la crétification qui leur donne l'apparence osseuse, car, suivant les observations de Virchow (1), malgré la dureté de ces corps, on n'y trouve jamais guère de véritable tissu osseux avec ostéoplastes et cellules osseuses.

Dans la grande majorité des cas, la sécrétion normale de la synovie diminue et disparaît même; l'articulation présente alors une sécheresse absolue, d'où le nom à'arthrite sèche qui a été donné à la lésion. Quelquefois on trouve encore dans les articles une petite quantité d'une sérosité filante, épaisse et d'une couleur roussâtre; il est des cas où il se produit une hypersécrétion et où l'on constate une véritable hydarthrose, mais ces cas sont assez rares. RnQn, jamais, à moins de complications inllammatoires graves, on ne trouve de pus dans les jointures.

Sur les cartilages, on observe des altérations constantes qui ont été décrites plus spécialement par Rcdfern (2), Broca et Ranvier. Elles consistent dans un amincissement prcHETCSsif du tissu cartilagineux, suite de la lésion connue sous le nom de fissjiration velvétique et coïnfidanl parfois avec un rpaississemcnt dans certaines régions. Dans re cas, le cartilage qui a pris une tfriale blanche opaque, se montre hérissé h sa surface d'une foule de petites saillies qui lui donnent un aspect velouté. On constate, à l'examen microscopique, que la substance fondamentale, devenue granuleuse et ramollie, s'est divisée en véritables fibrilles juxtaposées (fig. 25). Au

(t' Virchow, Pathologie det tumenn.

•il R<.-dfeni, Or tmormal Nulritim m Arlkular Ciirtilttgtt, 1849.

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milieu de cette substance, on trouve les chondropiastes augmentés de volume, remplis de cellules en voie de multiplication et devenues granuleuses. Il résulte de cet état qu'à la surface du cartilage les chondropiastes s'ouvrent dans la cavité articulaire et y versent leur contenu cellulaire, en même temps que se détruit progressivement la substance fondamentale primitivement fissurée. Dans ces régions, le cartilage s'use ainsi peu à peu et finalement laisse complètement à nu la surface des os.

Les extrémités osseuses sont lésées également. Privées de leurs cartilages, elles sont atteintes bientôt d'une véritable ostéite condensante; elles durcissent, deviennent polies, brillantes, analogues à de l'ivoire, prennent en un mot l'état dit éburné. Souvent on les voit se recouvrir de productions nouvelles qui, d'abord molles, subissent ensuite la transformation osseuse et constituent au pourtour de la jointure des stalactites très-variables dans leurs formes et leurs dimensions. Il peut exister ainsi autour des articulations malades un véritable bourrelet osseux, plus ou moins complet, plus ou moins régulier, changeant totalement la forme primitive des surfaces articulaires. En même temps, le tissu des épiphyses est atteint d'une ostéite raréfiante, qui amène l'élargissement des cellules du dîploé et une fragilité extrême du tissu spongieux, sans cependant aboutir jamais à une véritable suppuration de l'os.

Comme il résulte des recherches d'Adams, si les articulations sont restées longtemps immobiles, on peut constater, au lieu de l'éburnation des surfaces articulaires, la production d'un tissu conjonctif qui, parti de la synoviale, s'étend sur les cartilages et se développe entre leurs lamelles fissurées pour finir par les recouvrir complètement Il n'est pas rare alors de voir s'unir entre elles les deux surfaces articulaires par l'intermédiaire de ce tissu conjonctif de nouvelle formation qui peut rester dans cet étal, en produisant uneankylose fibreu.<e, ou bien subir la transformation osseuse et aboutir par conséquent à l'ankylose osseuse.

Quantaux fibro-carlilages inlerarticulaircs, le plus souvent ils sont frappés de bonne heure par une sorte de dégénérescence graisseuse qui amène bientôt leur fonte complète. En effet, dans les articulations malades depuis un certain temi)s,il arrive très-souvent qu'on n'en retrouve plus aucune trace.

Les ligaments périarticulaires, les capsules fibreuses s'altèrent pareillement. Parfois ils se ramollissent; mais souvent aussi ils deviennent le siège d'une production exagérée de tissu conjonclif qui

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