‹ Les grands processus morbides; leçons de pathologie généraleChapitre 60 sur 217 · ANGINE RHUMATISMALE · texte numérisé non relu

ANGINE RHUMATISMALE

sants.Elleaété bien étudiée dans ces derniers temps par Lasègue(l). Celte pleurésie se propage symétriquement aux deux plè\Tes dans h majorité des cas ; elle apparaît pendant le cours du rhumatisme arlicuiaire aigu, ou bien elle est suivie de près de localisations rhumatismales sur les jointures. On Tobservc aussi pendant l'évolution du rhumatisme articulaire chronique. LMnllammation de la séreuse est annoncée par une douleur très-vive dans un des côtés de la poitrine; mciis cette douleur, au lieu d'être limitée à un seul point, comme dans la pleurésie ordinaire, occupe un espace plus étendu et parait siéger dans les aponévroses des muscles intercostaux. Elle s'accompagne d'une dyspnée des plus intenses qui, selon toute probabilité, est due à la participation du diaphragme et surtout du centre phrénique au processus pathologique. L'épanchement qui se produit est le plus souvent modéré ; il se forme très-rapidement, dure pendant quatre ou cinq jours, puis disparaît Irès-rapidement aussi au moment ou Tinflainmation rhumatismale se porte sur le coté opposé, qui présente les mêmes symptômes et la même évolution morbide à son tour. Généralement toute la durée de Taffection pleurale est limitée à dix ou douze jours, circonstance prouvant qu'il s'agit bien là d'une manifestation analogue à celle que Ton rencontre du côté des articulations. Le plus souvent la pleurésie rhura^itismale s'accompagne d'une fièvre intense, mais de courte durée ; [tendant son évolution on peut aussi constater des sueurs profuses semblables à celles qui surviennent pendant le cours du rhumatisme articulaire aigu.

lUi côté de V appareil digestif le rhumatisme peut déterminer de nombreuses localisations. Les organes, qui en sont le plus souvent frappés sont l'arrière-gorge, l'estomac, l'intestin, enlin la séreuse «alKlominale, le péritoine.

D»'*jà je vous l'ai dit, Vanginc rhumatismale s'observe plus spécialement au début d'une attaque de rhumatisme arlicuiaire aigu; ell*» fait alors partio. du cortt»ge de prodromes de cette attacjue; <»:-[»endant elle peutso montrer également pendant le cours des localisations articulaires et même en dehors do c-^'s localisations. Celte angine débute brusquement par une douleur très-vivo du côté de Tarrièrr-gorge et s'accompagne très-souvent d'un torticolis plus ou moins intense, du lui-même à la localisation du rhumatisme sur les muscles du cou. Toute rarrière-bouche prend alors une cou-

it; LaM>gue, Arch. gén. de m«J., 1873.

leur rouge érythémateusc et la membrane muqueuse est très-gonflée, souvent même un peu œdématiée, surtout au niveau de la luette. L'aflection atteint soit une seule amygdale, soit les deux à la fois; elles sont rouges et gonflées. Cette angine s'accompagne d'une flévre trèsintense que ne justifle pas le peu d'importance de la localisation inflammatoire. Elle disparaît ordinairement très-rapidement, comme les manifestations rhumatismales aiguës; en un jour, en deux jours son évolution est terminée; mais le plus souvent elle fait place soit à un lumbago, soit à un rhumatisme musculaire de Tépaule, soit enfin aux manifestations articulaires du rhumatisme.

Le rhumatisme gastrique, qui alterne ordinairement avec des douleurs musculaires ou articulaires, consiste le plus souvent dans une douleur siégeant à Tépigastrc et s'irradiant vers l'hypochondre gauche ; cette douleur est sujette à des exacerbations plus ou moins fréquentes. Elle peut prendre le caractère gasti*algique et même devenir périodique. Un malade de Richelot (1) avait ainsi une douleur gastralgique qui revenait régulièrement tous les jours à cinq heures du matin. La douleur du rhumatisme gastrique s'accompagne presque toujours d'une dyspepsie prononcée. Tout au moins les sujets qui en sont atteints ont les digestions lentes et pénibles; parfois même il y a des vomissements.

Quand il se porte sur Vintestiny le rhumatisme donne lieu à des douleurs plus oH moins vives qui peuvent revêtir le cachet de Tentéralgie simple ou celui de vériLiblos coliques. Dans ce dernier cas, on peut voir s'établir une diarrhée séreuse souvent très-copieuse et qui dureparfoistroisouquatrejours.il est certain qu'il existe alors une inflammation intestinale ou tout au moins une très-forte congestion de l'organe. Quelquefois même la congestion est poussée si loin qu'il se fait des ruptures vasculaires et des entérorrhagies. La dysenterie rhumatismale enfin a été signalée par Stoll ; et Trousseau admet qu'il peut exister une forme rhumatismale de cette aflection; elle serait susceptible de disparaître en même temps que se montrent les localisations articulaires.

Lii péritonite se développe aussi sous l'inlluence du rhumatisme, mais elle est moins fréquente que les inflammations séreuses précédemment signalées. On l'observe soit pendant le cours du rhumatisme articulaire aigu, soit en dehors des manifestations arthritiques; parfois elle peut alterner à diverses reprises avec elles; des

(1) Richelot, Union médicale ^ 1866.

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