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RHUMATISME CÉRÉBRAL

s'agit, en effet dans ces cas que de lésions consécutives à d'autres lésions et non plus de déterminations primordiales du processus morbide vers l'encéphale. Quelle que soit donc leur nature, infarctus suivis de ramollissement, hémorrhagies résultant des embolies capillaires ou autres; quelle que soit la symptomatologie qui les accompagne, on ne doit pas les comprendre sous la dénomination de rhumatisme cérébral, qui doitêlre réservée pour les localisations directes du processus rhumatismal sur l'encéphale.

Le rhumatisme cérébral affecte des formes diverses; il peut avoir une marche aiguë et une marche chronique.

Existe-t-il une véritable apoplexie rhumatismale distincte des accidents apoplectiques qui peuvent accompagner les embolies dont je viens de vous parler? Il est bien évident qu'en me servant du terme apoplexie je ne veux pas dire hémorrhagie cérébrale, mais bien suspension des fonctions encéphaliques. La plupart des auteurs admettent une forme apoplectique du rhumatisme cérébral. Cette forme aurait été observée et pendant le cours du rhumatisme articulaire aigu, et pendant le cours du rhumatisme articulaire subaigu. Elle serait légère ou grave. La forme légère, bien décrite par Trousseau, aurait pour conséquence des paralysies hémiplégiques ou paraplégiques de courte durée. Cet auteur rapporte l'observation d'une ft.*mme qui, pendant l'évolution d'un rhumatisme articulaire aigu, après avoir été prise de douleurs de tôle et de vertiges, eut ses membres paralysés; les membres supérieurs cccouvrôrent leur mobilité assez rapidement, mais ce ne fut qu'au bout de quinze jours qu'elle put faire usage de ses membres inférieurs. La forme grave, observée par fiu/'noau de Mussy et autres auteurs, est caractérisée par une porte snbitf* de connaissance avec état comateux persistant jusqu'à la mort el s'accoinpagnant parfois de convulsions. Cette forme est toujours mortelle, comme l'ont établi les observations rapportées par Bull, et la terminaison funeste survient le plus souvent en quelques heures, quelquefois après un ou deux jours. A l'autopsie on constate souvent des épanchements séreux dans la pie-mère et les ventricules; quelquefois on ne trouve aucune lésion et l'on peut songer à une violente conjzestion que l'état cadavérique a fait disparaître. Celte manifestation apoplectique du rhumatisme du reste est assez rare ; et c'est plus spécialement à la forme méningilique dont je vais vous parler que doit être réservée la qualification de rhumatisme cérébral.

Pendant le cours d'un rhumatisme articulaire aigu, malyré l'apparence d'une marche régulière que présente la maladie, on voit tout

à coup les sujets être très-agités, enclins à la tristesse et tourmenlés par des pressentiments funestes. Souvent ils se plaignent de bourdonnements d'oreille, puis d'hallucinations de la vue, et il n'est pas rare alors d'observer que soudainement des articulations, qui antérieurement étaient douloureuses, gonflées et rouges, pai*aissent complètement dégagées et propres au mouvement. Ce phénomène toutefois n'est pas constant, car on peut voir survenir les symptômes nerveux sans qu'aucune modification se soit produite du côté des jointures atteintes. Mais le fait important consiste dans une élévation inattendue de la température qui précède ordinairement de dix à douze heures les symptômes encéphaliques. On voit ainsi le thermomètre monter rapidement de 1 à 2 degrés. C'est alors qu'éclatent les accidents.

Ils peuvent se présenter sous deux formes : Tantôt c'est un délire des plus violents et continu, avec perte plus ou moins complète de connaissance et pouvant aller jusqu'à la véritable manie aiguë. Le plus souvent les yeux sont alors fixes, les pupilles très-dilatées et l'on voit survenir des soubresauts de tendons, des tremblements musculaires et même de véritables convulsions. Pendant ce temps la température s'élève toujours et Ton peut constater les chiflres hyperpyrctiquesde41%^2% 43° et même 44". Le pouls, très-rapide et parfois irrégulier, peut aller jusqu'à liOel même 160 pulsations à la minute. Après une durée variant de quelques heures à un ou deux jours, ces symptômes font^place à un état comateux dans lequel les malades restent plonjjés jusqu'à la mort qui arrive toujours très- rapidement dans ces cas. Cette forme pourrait être désignée sous le nom de forme délirante. Tantôt, avec un délire très-léger, on voit apparaître une angoisse respiratoire extrême, bien que rien dans h^s organes de la respiration ne puisse en rendre compte. Les malades sont dans un état d'asphyxie imminente et, avec une augmentation considérable du nombre des mouvements respiratoires, on constate un ralentissement marqué des battements du cœur. Cette seconde forme ne s'accompagne pas d'une tenipéi-ature aussi élevée que la précédente; généralement le thermomètre se maintient au chiffre constaté avant l'invasion des accidents ou ne monte que très-peu. Avec raison elle a été désignée par Bouchut (1) sous le nom de forme asphyxiante.

Quelle est l'origine première de ces manifestations encéphaliques?

{{) Bouchut, Gûiette des hôpitaux, 1875.

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