RHUMATISME MÉDULLAIRE
faut fixer les malades dans leur lit. Les accidents apparaissent pendant le cours du rhumatisme articulaire aigu ou sub-aigu, mais sans qu'il existe de rapport entre eux et la marche des localisations articulaires. Quelquefois cependant, quand le processus morbide a quitté totalement les arliculations, les troubles cérébraux disparaissent eux-mêmes; mais souvent aussi on les voit persister et TalTection se terminer par l'aliénation mentale. Dans ces cas il peut se faire, comme l'ont démontré Hasse, Lancereaux, Guéneau de Mussy et Yulpian, que des ncomembranes se forment à la surface interne de la dure-mère, ou que Ton observe sur les circonvolutions cérébrales des traînées blanchAtres suivant les vaisseaux, des adhérences, un épaississement de l'arachnoïde et de la pie-mère, toutes lésions qui caractérisent la méningo-encéphalite chronique.
Les localisations rhumatismales vers la moelle épinièrCy qu'il ne faut pas confondre avec les affections de cet organe reconnaissant pour cause le refroidissement simple, sont beaucoup plus rares que celles qui se manifestent vers l'encéphale. Lorsqu'elles se produisent, elles ont pour conséquence la paraplégie. On les rencontre dans le cours du rlnimaûsme articulaire aigu; elles peuvent aloi-s coïncider avec le rhumatisme cérébral, comme Ta observé Jaccoud (1), ou bien se montrer isolément. On les voit aussi après la cessation des manifestations articulaires et parfois même il se passe un temps assez long entre l'attaque de rhumatisme articulaire aigu et leur apparition. Ces localisations consistent soit en une simple hyperémie de la moelle et do ses enveloppes, soit en une méningomy/'lite aiguë, soit enlin en une méningo-myélite chronique aboutissant finalement à la sclérose médullaire. Des exemples des deux pn,*mières formes ont été rapportés par Trousseau (2), Jaccoud et Lehert (3). Quand il ne s'agit que d'une simple hyperémie, la paraplégie rhumatismale se termine par la guérison. La mort est la conséquence ordinaire de la méningo-myélite aiguë qui peut se terminer par suppuration. Rokitansky (4-), Tùrck (5), Dcmme (6), Eisenmann (7), ont observé la sclérose rhumatismale. Sa marche est knte et progressive; elle donne lieu à une irrémédiable paraplégie,
ili Jarcoud, Les paraplégies et Valajie du mouvement, 18Ci. [if Trousseau, Gaiette des hôpitaux, 185:). (3; I>*bert, Klinik des acuten GeletikrheumalismuSy 186'.). (4; RukiUnsky, Ueber das Auswachsen der Dindegewebssubstamen, 1854. (5j Tùrck, Ueber Degeneration eimeltier nuckenmarksstrangey 1856. (6i Deminc, Deitràge iur pathologischen Anatomie des Tetanus, 1859. Ç, Eiienoiann, Die Pathologie und Thérapie dcr Rheumatosen in génère, 1860. wcoT. II. — 24
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le froid doit encore être évitée. Ordinairement l'atteinte rhumatismale sur les troncs nerveux a pour conséquence l'apparition d'une névralgie, et les névralgies les plus communes sonl les névralgies occipitale, tri-faciale et la névralgie sciatique. Ces manifestations apparaissent surtout dans les formes subaiguës et peu intenses du rhumatisme articulaire. Parfois on les voit se développer avec le rhumatisme chronique. Charcot rapporte que M. le docteur Bastien lui a communiqué un cas de nodosités d'Hebcrden pendant lequel ces névralgies s'étaient montrées. Je connais moi-même un sujet atteint du irhumatisme en question qui très-souvent a des accès de névralgie occipitale.
V appareil de la vision peut aussi être le siège des localisations du rhumatisme. Comme l'ont montré Garrod et Fuller, la conjonctivite et surtout l'iritis sont très- fréquentes dans le rhumatisme subaigu ; il en est de même dans le rhumatisme chronique, comme Ta observé Cornil. Ces inflammations oculaires sont souvent très-rebelles alors et fréquemment Ton constate une alternance marquée entre leur apparition et les localisations articulaires. Dans ce dernier cas, les manifestations vers les yeux sont ordinairement subites, ont une évolution rapide et disparaissent biusquement.
Terminons par quelques mots sur le rhumatisme de Vutérus. Bien que nié par de nombreux auteurs, le rhumatisme utérin existe certainement. Les observations de Stolz, de Taylor, de Gautier (de Genève) et de Macario ne laissent aucun doute à cet égard. Le processus rhumatismal peut atteindre la matrice pendant l'état de vacuité de cet organe, pendant la grossesse, pendant et après raccouchement :
Pendant l'état de vacuité, le rhumatisme utérin s'accuse par une douleur vive, permanente ou intermittente, se déplaçant dans les différentes régions de Torgane, existant dans le corps de Tulérus et sur le coi et s'accompagnant de troubles menstruels et de contractions spasmodiques de l'organe. Cette douleur est sujette à des paroxysmes fréquents et le rhumatisme peut ainsi durer des semaines et même des années.
Dans le cours de la grossesse le rhumatisme utérin peut apparaîlre dès le deuxième mois jusqu'à la fin et, plus on approche du terme, plus il est fréquent. Il est caractérisé par la douleur et les contractions spasmodiques de l'organe. Continue et d'intensité variable, la douleur, après avoir duré ainsi quelques jours ou quelques semaines, prend tout à coup une intensité extrême. Il y a des élancements aigus qui se répètent coup sur coup pendant plusieurs heures.
Ces élancements qui accompagnent les contractions utérines peuvent simuler le travail de Taccouchement. Cependant Tavortomenl ne se produit presque jamais, le col ne se dilate même pas ordinairement et, quand il se dilate, il se referme assez rapidement. Cet état de Futérus, qui peut se reproduire fréquemment pendant la grossesse, s'accompagne ordinairement d'une lièvre de moyenne intensité.
Pendant raccouchemont le rhumatisme de Tutenis parait être très-fréquent. Il donne lieu à dos contractions douloureuses pendant toute leur durée et qui se localisent le plus souventvers l'orifice utérin. Dans ces cas, le col est dur, rigide, et ne se dilate pas lors des contractions; ses bords sont très-douloureux au toucher. Celle manifestation rhumatismale enraye le travail de raccouchemenl. Apres l'issue de Tenfanl, la contraction spasmodique peut s'opposer à la délivrance, il y a enchatonnemcnt du placenta et des hémorrhagies plus ou moins graves peuvent se produire.
Après l'accouchement enfin le rhumatisme utérin peut se montrer encore. Il donne également lieu à des contractions douloureuses de Forgane dont la durée est souvent très-longue. Ces contractions peuvent se reproduire pendant dix et même douze jours; habituellement toutefois elles ne durent que vingt-quatre ou trente-six heures. Elles se distinguent des tranchées ordinaires par leur durée plus longue, par l'intensité plus grande des douleurs, par leur caractère lancinant et par leur retour sous forme de paroxysmes irréguliers.
Nous avons fini, messieurs, la description des localisations du processus rhumatismal. Comme vous l'avez remarqué, j'ai insisté beaucoup sur certaines d'entre elles cjui sont plus importantes, soit «n raison de l'organe qu'elles frappent, soit en raison des conséquences qu'elles entraînent pour le malade, tandis que j'ai le plus rapidement possible glissé sur les autres. Dans notre prochaine leçon nous terminerons l'histoire du rhumatisme.