‹ Les grands processus morbides; leçons de pathologie généraleChapitre 67 sur 217 · RHUMATISME. TRAITEMENT · texte numérisé non relu

RHUMATISME. TRAITEMENT

^té mises en usage. Comme l'avaient déjà fait Chambords et Béhier, Dowse (1) a enveloppé complètement ses malades dans une couverture mouillée chaude, recouverte elle-même d'autres couvertures, de manière à déterminer une sudation extrême. Il aurait obtenu d'excellents résultats. Gubler (2) a donné le jaborandi, médicament qui détermine une diaphorèse et une salivation très-abondantes avec élimination d'une forte proportion d'urée, de chlorures et jie carbonates alcalins. D'après A. Robin (8), sous l'influence de ce traitement qu'il ne faut, du reste, pas employer dans les cas de localisations cardiaques, il y aurait une diminution réelle dans la durée de l'afTection et surtout une diminution dans l'intensité des douleu^'s. 1^ salicine, d'après Maclagan (4), agirait rapidement. Au bout de a ou de 48 heures la douleur diminue, puis la fièvre tombe. On la donne a la dose de 0,60 centigrammes à 1^,80. Enfin, l'acide salicylique, suivant Stricker (5), abaisserait aussi très-rapidement la température dans le rhumatisme articulaire aigu.

Si le rhumatisme est mono-articulaire et qu'il persiste après la chute de la fièvre en s'accompagnant d'un épanchement plus ou moins abondant, le tartre stibié et les purgatifs drastiques rendront d'' grands services. Pour ma part, j'ai administré l'eau-de-vie allemande dans plusieurs cas de rhumatisme mono-articulaire et le succès a été obtenu en quelques jours. A ces moyens on pourra joindre les révulsifs locaux : teinture d'iode, vésicatoires, cautérisation au fer rouge. Si, l'épanchement disparu, les douleurs persistent et que la fonction de l'article ne puisse être rétablie, les douches locales, les bains sulfureux, les bains de vapeurs térébenthint'es et, plus particulièrement peut-être, les courants continus qui m'ont donné des succès, seront alors indiqués.

Le traitement du rhumatisme sub-aigu ne présente rien de spécial à signaler. Lii fièvre sera attaquée par les moyens précédemment indiqués et les localisations articulaires par les topiques cités.

En deraier lieu, dans les cas où, pendant le cours des atteintes aiguës ou sub-aiguës, les douleurs sont excessives et privent le malade de tout repos, il sera utile de diminuer leur intensité et de procurer

• Il IK>WM, The treatment of acute rtieumatism, (Brit. ined. journ.^ 1875.) <2i Gubler, cité par Albert Robin, Étudeti physiologiques et thérapeutiques sur le jûborandi. {Journal de thérapeutique, Masson, 1875.) i3) A. Robin, lac. cit.

\i\ Maclagan, The Lancei, 1870.

(5) stricker, cité par Ghinozzi. {Lo Speriinentale, 1876.)

du sommeil. L'opium sous toutes ses formes, les injections de morphine, le bromure de potassium et le chloral rendront alors de réels services. Il est évident que l'anémie rhumatismale doit aussi attirer l'attention du médecin. Si la faiblesse est très-fçrande, le régime tonique, vin, alcool, quinquina, viande crue, sera institué de bonne heure. Plus tard la médication ferrugineuse pourra trouver son indication.

Le traitement du rhumatisme arliculaire chronique est des plus incertains et la thérapeutique est pauvre de moyens donnant des résultats vraiment sérieux. Ici nous retrouvons encore les révulsifs comme agents topiques, puis une série de médicaments préconisés par leui*s inventeurs et plus ou moins efTiraces. Les alc^ilins, à la dose de 30 à iO grammes de bicarbonate de soude, ont été vantés par Charcot (1); Lasègue (!2) a donné la teinture d'iode jusqu'à 5 i 6 grammes par jour. Guéneau de Mussy (d) et, avant lui, Garrod, Fuller et d'autres auteurs ont employé l'arsenic soit dans le rhumatisme noueux, soit dans le rhumatisme chronique partiel. Guéneau de Mussy a surtout vanté les bains arsenicaux préparés en associant à l'arséniate de soude, 1 à 8 grammes, le carbonate de soude. En même temps il donne le quinquina et l'iodure de potassium à Tintérieur. Souvent, après les premiers bains, on constate une exacerbation des douleurs, quelquefois il apparaît une éruption érylhémateuse, parfois de la diarrhée. Bientôt cependant, d'après l'auteur, la tuméfaction des articles diminue, ainsi que leur rigidité, et, si les désordres ne sont pas trop avancés, on peut voir disparaître les déformations et les déviations des jointures. Dans quelques cas, la guérison est rapide; Tautour cite le cas d'une malade impotente depuis 7 ans qui, après 20 bains, a pu marcher et se servir de ses membres. D'autres fois, le traitement a soulagé, fait disparaître les douleurs, sans toutefois guérir. La teinture ammoniacale de gaïac parait avoir donné des résultats analogues à l'arsenic. Dès le début de son emploi, il y a exacerbation des douleurs, puis ensuite une notable amélioration, comme Ta observé Charcot; quelquefois, au bout d'un certain temps, la mobilité reparait dans les jointures et les malades sont inanifestt*ment soula^iés. Enfin l'iodure de potassium compte aussi quelqu»^s succès.

Les eaux minérales sont aussi fréquemment employées dans le

(i ) Charcot, Leçon» sur lex maladies des vieillanls et les maladies chroniques, 1868. (i\ Lasègue, Arch, grn. de méd. 1850. {'i) Queneau de Mussy, loc. cit.

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Iraitement du rhumatisme chronique, quelle que soit la forme qu'il affecte. Les eaux alcalines telles que celles de Vichy, Carlsbad, Ems, les eaux sulfureuses d'Aix ou des Pyrénées, les eaux sulfatées de Bade, de Louëche, les .eaux arsenicales du Mont-Dore jouissent d'une réputation due aux bons résultats qu'elles donnent. Enfin, Plombières, Néris, La Malou, Vais, PHifiers et de nombreuses autres stations thermales sont aussi indiquées et leur antique renommée repose certainement sur leurs succès.

L'hydrothérapie, les bains sulfureux, les bains de vapeur ordinaires, les bains de vapeurs térébenthinées préconisés par Macario et Chevandier ont rendu également de grands services.

Mais, il faut le reconnaître, ces diverses médications sont surtout très-utiles dans le rhumatisme chronique ordinaire et dans le rhumatisme chronique partiel; et, quant au rhumatisme chronique progressif, au rhumatisme noueux, dans la grande majorité des cas, toutes les ressources de la thérapeutique restent impuissantes. Cependant, les courants continus paraissent avoir donné quelques résultats. Remak (1), Chéron (2), Onimus (3), ont rapporté des cas de guérison des déformations articulaires des mains qm sont vraiment remarquables. Pour mon compte, toutefois, j'ai essayé l'électricité chez un malade et, après 20 séances de courants continus, je n'ai pas obtenu de modifications.

Quand le rhumatisme musculaire affecte une marche aiguë, les topiques ordinaires, ventouses scarifiées, vésicatoires, joints aux bains de vapeur suffisent rapidement à calmer les douleurs; les injections de morphine, préconisées par Jaccoud (4), rendent aussi de réels services. Dans la forme chronique les mêmes moyens peuvent être employés, mais les meilleurs résultats sont dus aux courants continus. Les eaux minérales, les bains de vapeurs, térébenthinées ou aiitres, les bains sulfureux trouvent encore leur indication.

Je ne veux pas entrer dans le détail du traitement qu'il faut instituer lorsque le processus rhumatismal va frapper les divers organes où je vous Tai montré. Ce traitement, puisque nous ne savons pas «itteindre le vice rhumatismal lui-même, est forcément celui que Ton emploie dans les inflammations des différents organes. Mais,

• 1 1 Kemak, cité par Onimus, Traité d^ électricité médicale^ 1872.

«il Chéron, Du traitement du rhumatisme chronique, etc., par les courantt constants y

i3i Onimus, loc. cit.

i4i Jaccoud, Pathologie interne.

«Il égard à rimportance du rhumatisme cérébral, je veux vous dire quelques- mois de son traitement pour terminer cette leçon.

Jusque dans ces derniers temps, le traitement du rhumatisme cérébral ne donnait que peu de résultats satisfaisants et la plupart des malades atteints succombaient. Les révulsifs sur le cuir chevelu, l'opium, le musc étaient les seuls moyens employés et, comme Ton considérait l'afTection encéphalique comme le résultat d'une métastase, on ne manquait pas de tenter de rappeler le mal vers les jointures. La constatation d'un des principaux phénomènes accompagnant le rhumatisme cérébral, de l'énorme élévation de température, 42'*, 43"* et même 44*% fit instituer le traitement parles bains froids, suivant la méthode de Bi*andt. Wilson Fox (1) appliqua ce traitement le premier en 1871 et, depuis, Maurice Reynaud (2), Ferréol (3), Blachez (4), Colrat (5) et Béhier (6) l'ont employé. D'après la statistique de Ducastel (7), sur 33 cas de rhumatisme cérébral publiés depuis Wilson Fox, 19 malades ont été traités par les moyens ordinaires, tous moururent; sur les 14 qui ont été traités par les bains froids il y a 10 guérisons. Les bains froids sont donnés généralement de quatre heures en quatre heures au début, puis ensuite deux fois par jour seulement. Leur température est de 16* et leur durée d'une demi-heure. Sous leur influence on voit Thyperpyrexie tomber très -rapidement et le thermomètre descendre au •chiffre physiologique en même temps que s'amendent tous les accidents nerveux. Le plus ordinairement, en quatre ou cinq jours la ^érison est obtenue. 11 y a donc dans cette médication un secours puissant contre cette terrible localisation du processus rhumatismal. Est-ce à dire, toutefois, qu'elle soit exempte de dangers? Il existe un cas de Soiitliey (8) où le malade contracta une bronchopneumonie dont il mourut au bout de six semaines. Ce traitement n'est donc pas inoffensif, comme on pourrait le croire.

Je dois enfin vous signaler le nouveau traitement du rhumatisme cérébral parle chloi-al. Quatre observations existent jusqu'à ce jour;

(1) Wilson Fox, The treatment of Hyperpyrexia as illustrated in acute articular Rheujnatiim, hy meatu of exiemal applicatian of cold, 1871.

(2) Maurice Raynaiid, Gaiette hebdomadaire, Masson, 1875.

(3) Ferréol, Gai. hebd., 1876. U) Blachez, Gai. hebd., 1875.

(b) Colrat, Lyon médical, 1875.

(6; Béhier, Bull. gén. de thèrap,, 1876. (7) Oucastel, thèse d'agrégation, 1875.

<8) Southey, Med, Times, 1872.

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dan^ les quatre il y a eu guérison. M. Raymond (1) a rapporté le premier cas; il a été recueilli dans le service de Vulpian. Chez un iiomme atteint de rhumatisme cérébral, 6 à 9 grammes de chloral par 34 heures ont amené en quatre jours la disparition des accidents cérébraux. Les trois auties cas sont de Bouchut (2). La même dose de chloral, dans la méningite rhumatismale bien caractérisée, a produit l'amélioration, puis la guérison en quelques jours. 11 faut remarquer ici que, dans les cas signalés, le rhumatisme s'accusait par du délire et de l'agitation, le chloral serait-il aussi avantageux dans la forme comateuse de raffection ?

(I) Raymond, Société de biologiej 1874.

it) Bouchuty Acad. destciences, 1875.

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