GOUTTE. SYMPTOMES. SECONDE PÉRIODE
lit à la suppuration et, lors de Touverture de l'abcès , la matière lopliacée s'échappe avec le pus. Une fois les typhus ouverts, soit par l'un, soit par l'autre de ces procédés, la lésion analomique peut suivre deux voies dîiTérentes. Ou bien, au bout d'un temps habituelioraent long, le fond de l'ulcère tophacé se délerge et la plaie se ftM*me, laissant à sa place une cicatrice ; ou bien Tulcère persiste indéfiniment, pour ainsi dire; il est probable que, dans ce dernier cas, il y a infiltration d'urate de soude dans les éléments anatomiques avoisinant la lésion primitive. Il est fréquent aussi de voir les cicatrices des anciens tophus évacués s'ouvrir lors d'une nouvelle attaque de gouUe pour se fermer après et se rouvrir encore plus lard.
Les tophus de la goutte siègent le plus ordinairement sur les doigts des mains au niveau des articulations; ils occupent le côté de l'extension. On en trouve aussi autour du gros orteil et dans d'autres régions, mais on ne remarque aucune symétrie dans leur distribution.
Telle est, messieurs, la marche de la seconde période du processus goutteux dans ses manifestations articulaires; telle est la mai'che de ce que les auteurs appellent la goutte régulière soit aigur, soit chronique. Mais, en dehors de ces manifestations vers les jointures, la goutte, pendant cette période, peut en présenter vers d'autres organes. Elle est alors irrégulière ou abarticulairCy comme l'on dit encore aujourd'hui. Ces manifestations sont (le deux espèces. Tantôt elles ne sont que des localisations de la maladie analogues à celles que nous avons étudiées pendant la première période; taniôl elles se produisent subitement, avec uncaraclére de gravité tout exceptionnelle, à la suite de la cessation brusque «les phénomènes articulaires. 11 y a une sorte de métastase vers les organes internes dans ces cas; et ces accidents sont ceux qui ont été décrits sous les noms de goutte anormale^ de goutte rétrocédée^ lie goutte remontée. On les voit aussi survenir au lieu d'une attaque vers les articulations et, chez certains sujets, il se produit ainsi une alternance entre les attaques articulaires et les atteintes vers les or- ;ranes internes. Cette forme de goutte est quelquefois désignée sous le nom de goutte alternante. Ces accidents, vous ne devez jamais Foublier, sont toujours fort graves; ils justifient cette proposition deMusgrave : La goutte articulaire est celle dont on est malade^ la goutte anormale est celle dont on meurt. Us se produisent spécialomenl vers l'estomac ou l'intestin, vers le cœur, vers le cerveau.
A la suite d'une vive émotion, d'une indigestion, d'un refroidissement, après l'impression du froid humide, de l'immersion du pied malade dans l'eau froide, de l'application d'eau froide sur les jointures, parfois enfin, comme l'ont observé Trousseau et Potion, après Tusage imprudent du colchique, on voit disparaître subitement les douleurs articulaires et tout aussi subitement éclater de redoutables accidents vers Veslomac, Us se présentent sous deux formes qui ont été bien décrites par Budd, Scudamore et Charcot. Tantôt les malades sont pris d'une crampe violente à Tépigastre avec sensation de pesanteur, pyrosis, vomissements incoercibles, ballonnement du ventre et constipation. En même temps, il y a de l'algidité, des sueurs froides, une prostration extrême; le pouls est filirorme; du hoquet, des lipothymies, des syncopes peuvent survenir et la mort même peut être la conséquence de ce grave état : c'est la forme cardialgique ou spasmodiqtie. Tantôt l'épigastre est le siège d une douleur vive que la pression exaspère; il survient des vomissements répétés, quelquelbis sanguinolents, quelquefois noinltres, et cet étal s'accompagne d'une fièvre intense et de prostration générale; c'est la forme tn/lamnialoire qui peut aussi emporter les malades, et dans laquelle on a trouvé à Faulopsie la muqueuse stomacale œdémateuse, couveile d'érosions héniorrhagiques et la gravité gastrique renfermant un liquide noir. Lorsque la mort n'arrive pas, les accidents disparaissent aussi vite qu'ils se sont produits, souvent avec le retour de la localisation vers les jointures. Toutefois ils laissent les malarles avec une grande perturbation dans les fonctions de l'estomac et un profond alfaiblissemenl. Heureusement ils sont rares; et cependant il existe dans b 5cience une dizaine d'observationsdans lesquelles ils se sont terminés par la mort.
Vers Yintestin on peut rencontrer des acci«lenls du même genre. Dans certains c;is, il y a des coliques spasmodiqiies très-douloureuses ^'accompagnant de rétraction du ventre ou de tympanite abdominale; ce sont là les coliques arthritiques de Stark (1). Dans d'autres il se déclare une entérite véritable, allant jusqu'à produire des enlérorrhagies très-sérieuses; Sydenham, Mus^rrave {i) et Huiliez {3) ont décrit cette forme sous le nom de disscptierie ijoutteuse.
Le cmur pai-aît être plus raiemenl atteint que l'estomac, comm<»
(1) Slark, Uiseasfi of the stomoth^ iiUeshne^. liver, olc, 1788. {if Mii&^raNe, I)f arthritulf xymptomatHM ^lisserttitiu^ IToT. '3) Railliez, Trailé des malatUet goutteuses. I8<lâ.