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GOUTTE. SYMPTOMES. SECONDE PÉRIODE

il résulte des observations de Stockes (1); et cependant Cullen, Monneret, Garrod, Hervez de Chégoin (2), parlent de rétrocession de la goutte vers cet organe. Il faut ici faire une distinction entre les accidents dits de rétrocession vers le cœur et ceux qui résultent de la dégénérescence graisseuse de cet organe si fréquente dans la goutte, comme je vous Tai indiqué. Quand la goutte frnppe le coeur, on constate un sentiment de constriction dans la poitrine, de violentes palpitations, une grande anxiété et une dyspnée des plus intenses. Le pouls est alors d'une petitesse extrême; il tombe à W pulsations par minute et au-dessous et peut même disparaître momentanément. Des lipothymies, des syncopes, parfois la mort, peuvent être la conséquence de cet état. D'après Garrod, il se produirait donc un spasme violent du cœur, bientôt suivi d'une sorte de paralysie de cet organe. Dans d'autres circonstances on verrait se développer une violente péricardile.

La goutte remontée vers le cerveau apparaît dans les mêmes conditions que la goutte remontée vers l'estomac. L'impression générale du froid, un accès de colère, une émotion vive et surtout l'immersion des pieds malades dans l'eau froide ou l'application d'eau glacée, de neige sur les jointures goutteuses, en sont les causes ordinaires. Dans ces cas les malades sont pris d'une violente céphalalgie, bientôt suivie de délire, de vertige, de perte de connaissance et finalement d'un coma plus ou moins profond. Généralement ces accidents ^'raves durent peu et, suivant Bourguet (3), ils disparaissent avec le retour de la localisation vers les jointures. Il est à remarquer que le plus ordinairement, comme l'a fait voir Gairdner, les fonctions iniellecluelles ne disparaissent pus tout d'un coup, comme dans l'attaque d'apoplexie, et que, souvent, il se passe plusieurs jours avant qu'elles soient complètement abolies. Cependant, dans certains cas, le malade est subitement frappé, et il peut se faire que la congestion encéphalique soit si intense qu'il en résulte des ruptures vasculaires et des hémorrhagies cérébrales entraînant la mort ou laissant après elles des hémiplégies irrémédiables. D'autres fois ce sont des attaques convulsives suivies de coma qui se montrent.

(Comment est-il possible d'interpréter ces divers phénomènes de la goutte rétrocédée? Il faut bien le dire, nos connaissances à ce

-It stocke», Traité des maladies du cœur et de Vaorte, trad. franc, 186i, (il Henï'z d.» Qiégoin, Accidents circulatoires cliei les goutteux^ 1860. '•<» iSourguet, Etude sur la goutte viscérale y 1867.

sujet sont encore très-incomplèles. Pour ce qui est de la rétrocession vers l'estomac ou le cœur, si l'on écarte les cas de dégt'néres- (*ence du muscle cardiaque ou d'atliérome des artères coronaires, nous ne pouvons guère expliquer leur mode de production sanii nous lancer dans des hypothèses plus ou moins plausibles de fluxions compensatrices ou d'actes rèllexes. Ix>rsqu'il s'agit du cerveau, il ne faut pas oublier qu'un grand nombre des accidents vei-s CAÀ oiyane surviennent alors que déjà la ;^outle a déterminé de:f lésions rénales trés-sèrieuses et que, par conséquent, la dépuration urinaire se Tait d'une manière très-incomplète. Dans tous ces cas donc, il s'agirait fréquemment d'accidents véritablement urémiques et leur symptomatologie se rapproche, en effet, beaucoup de celle de l'urémie, comme l'ont montré Gairdner et Fournier {i). Lorsque l'urémie ne peut être invoquée, l'on peut songer à une congestion méiiingo-encéphalique. Brauna cité un cas de rétrocession cérébrale qui s'est montré a[)rès la cessation de chaque attaque arli- «'ulaire; il Ta attribué a une congestion des méninges. Quant aux hémorrhagies cérébrales, il est certain qu'un grand nombre reconnaissent pour cause rathéronie artériel qui, vous le savez, est exlrèinemeut fréquent chez les «zoutleux.

Les autres manifestations abiuticulaires de la goutte pendant celte {«érioile ne sont que l'exagéi'ation de celles que je vous ai décrite- |H>ur la première période. Lt»s troubles dysj^epliques, les accidents intestinaux s»» montrent plus fréquents et souvent plus intenses. I/> h»*»uiorrhoîdes disp;u*aissent quelquefois, mai> souvent augmentent. Le foie est congestionné et parfois il y a dt»s coliques hé|Kilique> avec iclèr»^ et rt»jet ultérieur de calculs biliaires. Vers le coeur, on 'Onstite les palpit;ilions, la douleur précordiale, une dyspnée frêquenli.', des lipothymies et parfois des syncopes. Déjà les libres muïulaires de Torgane s'allèrent et il peut se faire ^ur les valvules des coïKrélions qui viennenl gêner l»»ur tonctionnernent. En mèiii»* temps le> dt*»|wMs ath'-ronnteux se font sur !••< artères. l>u coté «les orgiines respiratoires, les hr«unhites, les couiie-tions pulmonaires, les bronchil»*> capillaires et même les pneumonies peuxent apparaîlr.*: Tasthiu»* s'exa^èrt» dan< 1«» plus giaiî*! nombre des cas, qu'il

s'accoinp;igue ou non d'emphysème. Les tnvibl-s nerveux que Jf vous ai décrits suiven*^ uni» inèm«* pro•;:^r^<^i•>n as4*endante lorsqu'ils e\islairMU anlérieiiremeul, ^^t penveni se montrer s'ils n'existaient

i Founiier. De CmntHue. IS»'>:t.

s ciiltv périoiie cependant il peut se produire r«i'latnes allons qui ne se montrenl giiêi-e clans la première. Du Il sj-stème nerveux, probablement à la suite .de l'allit^rome il, on voit survenir le ramollissemiinl cénîbral, débutant tte attaque d'apoplexie et causij peut-ôlre par des oblités sasculaires suite ou non d'emhotics. Le lélanos a î-ld L- par Sauvages, Ackermann, Trniia de Kr'/ovvilz ; la clioar Slull, Ituntnps, [tardiez et Guilberl. Lu folie goutteuse il^nnlée par Garrod, Buyle, Lorry; Uertiiier (\) en a rapporté nain nombre d'exemples; la mélancolie, la mamie, la stupit la démence se sont rencontrées étiez les goutteux. Comme l'a ré Garrod, les méninges cérébrales [leuvent s'enlkmmer à la d'uno infiltration par l'uratc- de soude. Du cdté de la moelle. teot ii la vérité, on a constiité des lésions qui ont donné lieu à -aplégie. Graves a U'ouvé un i-amoUissemcnt considérable de re e nerveux; Crilchelt et Curling (1) ont publié un cas d'apoi médullaire, et Garrod pense qu'il peut se faire sur les mé- » spinal&> des dépôts uraliqucs analogues à ceux des méninges Kales. Ënlin, d'après [iraun, Albert aurait publié plusieurs cas Bin|ircssion de la moelle épinièie par des concrétions gout- S diiveloppécs dans le canal vertébral.

1 goutte peut aussi déterminer des locjtlisatioos sur les yeux. La MTtivite goutteuse, due k des dépôts uraliques dans la trame Wtié^J^qpwonctive. a été observée par Robertson, Béer, Hidlc-

D'après Charcot les goutteux sont très-disposés à devenir sourds. Cet auteur a signalé chez des goutteux des altérations des osselets de l'ouïe. Suivant Harvey et Toynbee on trouverait fréquemment des concrétions sur la membrane du tympan et sur les osselets. Cependant Garrod n'a jamais rencontré d'acide urique dans de semblables dépôts; cest donc avec raison que Charcot pense que de nouvelles recherches seraient nécessaires pour fixer les idées sur ce point.

Le tissu dermique et le tissu cellulaire sous-cutané peuvent aussi présenter des lésions pendant l'évolution de cette période. Comme dans le diabète, on observe dans la goutte des furoncles, des anthrax, des phlegmons et des érysipèles qui paraissent liés à Tintoxication ui*atique. Un grand nombre d'auteurs avaient déjà remarqué rinfluence do la goutte sur le développement de ces lésions; mais celte influence a surtout été mise en lumière par Marchai de Calvi et Charcot. Bien que, dans les furoncles et les anthrax, on n'ait pas encore constaté la présence de Tacide urique, on peut admettre, avec Femet, comme pour le sucre dans le diabète, que la saturation de l'organisme par cet acide constitue une cause prédisposante et peut-être même déterminante de ces productions pathologiques.

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