GOUTTE. DIAGNOSTIC
talion, leurs habitudes, Tusage qu'ils font du vin, de la bière, des alcooliques, leur profession seront recherchés avec le plus grand soin. En second Heu, il faut tenir compte de l'état de la sécrétion urinaire, s'enquérir de la quantité d'urine rendue, de l'existence ou de l'absence de sédiments dans cette urine et de la nature de ces sédiments. L'analyse microscopique et l'analyse chimique de Turinr seront pratiquées. S'il existe . une affection cutanée, on devra y recherclier l'urate de soude. Enfin le sang ou la sérosité d'un vésicatoire sera soumis à Texpérience du ûl et, si l'on en croit Garrod et Cbarcot, très-souvent cette épreuve pourra afiirmer le diagnostic. Quand la goutte est entrée dans sa seconde période, qu'elle se localise vers les articulations, le diagnostic est ordinairement facile. La soudaineté du début de l'attaque, sa localisation vers le gros orteil, le petit nombre de jointures envahies, au moins tant que la goutte articulaire reste à l'état aigu, enfin la marche de la maladie ne permettront guère les erreui*s, surtout si l'on a soin d'y joindre la connaissance des données étiologiques précédemment indiquées. Quand la goutte articulaire passe à l'état chronique, quand clic amène la déformation des jointures, quand des tophusse sont montrés autour des aiiiculations, le diagnostic me semble facile encore, et cependant la généralisJation de la maladie, les déformations pourraient la faire confondre avec le rhumatisme noueux dans certains cas. Ici, l'étude de la marche de l'alTection, la connaissance des attaques antérieures, de leur début par le membre inférieur, de leur retour ordinairement périodique, Texamcn des urines et enfin celui du sang lèveront tous les doutes, je le crois. Les tophus, du reste, sont cai-actéristiques de la ^'oulte, ils ne se produisent que dans cette seule alTection; par conséquent, la constatation simple de leur existence sudit pour assurer le diagnostic d'une manière positive. Il est certain cependant que le rhumatisme peut se développer chez des ;'0uUeux, et, dans mes levons sur cette affection, je vous ai dit que la ;^outte était une cause prédisposant aux atteintes rhumatismale^. Dans les cas de ce genre, c'est par une élude attentive de la marche «le la maladie, de sa durée, de son évolution entière, par la constataliun de la fièvre et de son intensité, beaucoup plus grande pendant les attaques de rhumatisme articulaire aigu que pendant les attaques de goutte, que le médecin pourra affirmer ou non Texislonce d'un rhumatisme survenu chez un goutteux. Quand la goutte en est arrivée à sa troisième période, le diagnostic basé sur les com-
ménioratifs est ordinairement làcile. La cachexie goutteuse, avec son «cor. II. — 29
iôO LES GRANDS PROCESSUS MOKBIDES.
collège de troubles gastriques et cardio-pulmonaires, s'accompagne presque toujours alors d'albuminurie et fmalement d'hydropisie. Il est impossible, à mon sens, de la méconnaître alors. I^our ce qui est de ces manifestations graves de la goutte, soit vers le cœur, soit vers Testomac, soit enfin vers le cerveau, que Ton connait sous les nom^ dégoutte remontée, goutte rétrocédée, leur brusque début, leur siège, ce fait que le plus souvent elles se montrent lors de la suppression brusque d'une attaque de goutte articulaire ou qu'elles altern«;fit avec celte attaque, assureront ordinairement leur diagnostic.
La goutte est toujours une maladie sérieuse ; souvent c'est une maladie grave. Sa marche habituelle conduit les malades à la cachexie, comme vous le savez, et, de plus, par les manifest^itions variées qu'elle entraine vers presque tous les organes, elle peut à chaque instant altérer considérablement la santé et même meucicer la vie. M^me dans sa première péi iode, alors qu'elle ne s'accuse que par des manifestations légères ne paraissant pas influencer la santé générale, elle peut tout à coup déterminer des accidents toujours Irèsdouloureux, souvent dangereux. N'oubliez pas que la lithiase biliaire et la lithiase rénale ont d'intimes rapports avec cette aflection ; songez donc à la possibilité d'attaques de coliques hépatiques ou néphrétiques chez ces malades, a la rétention de calculs dans le rein, dans les uretères, dans la vessie, à la même rétention de calculs dans les conduits biliaires. Dans la seconde période, outre les douleurs qui résultent des attaques articulaires, outre les déformations des jointures quisuppriment leur fonctionnement, outre lesaccidents habituels de dyspepsie, de pciipitations, etc., auxquels les malades sont sujet:>, la gouttepeutencoredéterminerces atteintes sérieuses, quelquefois mortelles, vers lesviscères que vous connaissez. Il y a là un danger constant, pour ainsi dire, auquel le médecin doit prêter la plus grande attention. Enfin dans la dernière période la moil est la terminaison tinale de la cachexie goutteuse, H cette terminaison, vous ne devez jamais l'oublier, peut ari'iver subitement par le fait de la dégénérescence du CHMir, de l'athérome ailériel et des hémorrhagies cérébrales consécutives, ou bien par le développement soudain de l'urémie due à la cessation de la fonction rénale. Dans ce dernier cas, la mort n'<ïst plus subite, mais survient rapidement, en quelques jours le plus ordinairement. An reste le pronostic de la goutte varie considérablement suivant les sujets et surtout suivant le régime qu'ils suivent; de plus, la gravité du mal est presque toujours en miion directe de son ancienneté. Cependant s'il est faux de consi-