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diffuse. Son étude anatomique a surtout été faite par Béer (4) et Traube (2). On l'observe chez les goutteux, comme Tonl montré ToddyGarrod, Charcot elLancereauxet, d'après les statistiques, dans le quart des cas, elle aurait cette origine. Dans Tintoxictilion plombique elle est très-fréquente, puisque, d'après les relevés faits à l'hôpital Saint-Georges, sur 146 sujets morts des conséquences du saturnisme, on l'a rencontrée 26 fois. L'alcoolisme chronique a été considéré par les auteurs anglais comme la produisant souvent; mais, comiDe l'ont prouvé les recherches d'Ogston (3), de Peters (4) et de Lanccreaux (5), c'est plutôt la néphrite parenchymateuse que l'on observe alors. D'après des observations de Wagner (6), de Klebs (7) et de M. Kelsch (8), dans certains cas de scarlatine ce serait la néphrite interstitielle qui se montrerait. Enfin on la voit encore se produire, comme lésion consécutive, dans les affections des reins telles que le cancer, les tubercules, les kystes et les calculs; elle survient pareillement quand il existe des obstacles au cours de l'urine sur le trajet des conduits excréteurs de ce liquide. Les rétrécissements de l'urèlhre et les tumeurs prostatiques chez l'homme, les tumeurs utérines chez la femme, les calculs arrêtés dans les uretères ou les tumeurs qui compriment ces canaux lui donnent doncfréquemment naissance. Quant aux affections du cœur qui, d'après Bergson, Rosenstein et Bamberger amèneraient fréquemment cette néphrite, il est bien établi, depuis les travaux de Traube, qu'elles n'y donnent lieu que trèsrarement; le rein cardiaque n'est pas le produit de la néphrite interstitielle, mais bien le résultat de rhyperémie veineuse, comme je vous l'ai montré. En dehors des cas de maladies locales primitives du rein, la lésion frappe les deux reins à la fois.
La nj'phrile interstitielle présente deux périodes anatomiques évolutives. Dans la première, quo l'on ne peut observer qu'après une mort accidentelle, on trouve le rein con<4(»stionné et augmenté de volume; son poids peut aller à 200, 250, r)50 grammes. La capsule se détache facilement et l'organe, de consistance élastique, est rou-
(l) Bepr, Die Dhidesubstam drr memlichen Mieren im gesunden und krankliaften Z lut onde, 18o'J.
.i. Traube, }fed. CenlraUeit., 1«58; Dent. Klinik. I8:»î); Schmidrs Jahrb., 1802. (:ij 0,f<*t.)n, Phenomeua of tlie more advancedf clc. (f-Àlin. Med. and Surg. Joum., 1833).
(4) PoUîrs, <il« par Lcrorclu's loc. cit.
(5) I^anct'rnaux, art. Alcoolisme du Diction, encijcl. des se. méd.y Masson, 18C5. lOj Wajriicr, Arch. der lleilk., 1807.
il) Kl.-bs, llandbuch der Path. Anat. 1870. (é) Kclscli, loc, cit.
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geiUre avec quelques taches grises disséminées. Sur la coupe, la substance coilicale un peu élai^ie est parsemée de capillaires dilatés et de points rouges qui sont les glomérules de .Malpii.'hi. Elle est ordinairement brunâtre et mouchetée de taches grises. 1^ substance médullaire est franchement rouge, quelquefois de teinte violacée. L'étude microscopique montre ce qui suit: Dans la région médullaire on ne constate au début aucune lésion, si ce n'est une dilatation des capillaires qui sont remplis de globules rouges; mais, i une époque plus avancée, comme l'a démontré M.Kelsch, en certains points'on trouve une multiplication des noyaux du tissu conjonctif; il y a production de noyaux embryoplastiques nouveaux. L'épithélium des tubes droits peut déjà être itleint de dégénérescence tlbumineuse. Dans la substance corticale, le tissu conjonctif péiilubulaire et périglomérulaire est infiltré d'une masse de mitici e amorphe au sein de laquelle existent en Irès-granJe abondance des noyaux embryoplastiques (fig. ."17). Cette infiltration p'est pas égale dans touks les régions; sur certains points elle est trés-considérable, sur d'autres peu abondante; il en est enfin qui n'en sont pas atteintes. La lésion est donc plus avancée dans la substance corticale que dans la substance médullaire et, suivant les remarques de Dickinson,(lcGrainger-Slc\vartel de Kelscb.elle marche de la périphérie du lobule rénal %ers son centre. Sous rinIlueDce du développement considérable des noyaux embryoplastiques et de b matière amorplie qui leur sert de gangue, les vaisseaux capillaires de la région sont comprimés et il en résulte une véritable anémie de la substance corticale, l'ar contre, les vaisseaux des glomérules sont trés-gorçés de sang, et souvent la pression intra-vasculaîre y est telle qu'il s'y fait des hémorrliagics capillaires dont les produits, entraînés avec la sécrétion rénale, peuvent se retrouver dans l'urine. La compression exercée sur les canaux urinit'êrcs amène leur dimi-
ÏIG, 37. — l^n'iiiicr ilO|;n; île la néplirilc iiitcnliliellc, Auluiir an glixnéruki île Naljiighi ri deo lubei rénaux, il v a uuc inllllration i>ar dri nt>>iUK emlii jroplastiiiups nombreux ILaneetfnufi).
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nation de volume en même temps que la dégénérescence granulograisseuse de leurs cellules de revêtement, lly a donc presque toujours à ce moment concomitance des lésions de la néphrite parenchymateuse et de celles de la néphrite interstitielle.
La mort accidentelle des sujets atteints de néphrite interstitielle peut faire observer la lésion anatomique dans une période plus avancée de son évolution. Dans ces cas, on trouve dans la substance corticale, à la place des noyaux embryoplastiques antérieurs, des corps fusiformes plus ou moins complètement développés et même, dans certaines régions, de véritable^ fibres lamineuses. Les cloisons de tissu conjonctif situées entre les tubes sont toujours trésélai^ies et les tubes comprimés ont leurs épithéliums dégénérés.
Quand les malades succombent par les progrès de leur affection, le rein est arrivé à la deuxième période de la lésion anatomique. Son volume a diminué de moitié et même davantage. Lecorché a trouvé des reins qui ne pesaient que 50 grammes et que 30 grammes. Garrod en a rencontré un du poids de 15 grammes. La capsule fibreuse est épaissie, blanchcUre, résistante; elle adhère par places très-intimement à la surface de Torgane et ne peut être détachée qu'en entraînant avec elle des lambeaux de la substance rénale. La surface du rein est inégale, granuleuse, mamelonnée, et les saillies qu'on y observe sont de couleur grisâtre et mesurent habituellement de 1 à 5 millimètres de diamètre. Quelquefois on y trouve des dépressions considérables qui donnent au rein un aspect lobule. Çà et là existent souvent des kystes, quelquefois très-nombreux, et dont le volume varie depuis celui d'un petit pois jusqu'à celui d'une cerise; leur contenu est lantôt un liquide transparent ou jaunâtre, tantôt une masse agglomérée où l'on reconnaît des épithéliums en voie de dégénérescence albumino-graisseuse et un ancien épanchement sanguin diversement coloré par suite des modifications delà matière colorante du sang. Sur la coupe on voit la substance corticale aniincie plus ou moins et très-irrégulièrement; son épaisseur peut netre plus que de deux et même de un millimètre. Des kystes semblables à ceux de la surface peuvent s'y rencontrer. La substance médullaire est légèrement décolorée.
Les altérations microscopiques portent sur les glomérules de Malpighi, sur les canaux contournés, sur le tissu conjonctif et sur les vaisseaux. Elles siègent particulièrement dans la substance corticale. Dans les glomérules, la capsule de Bowman est toujours épaissie et confondue avec le tissu conjonctif ambiant dont on ne peut l'iso-
1er; le gloméruie esl nolabletnent atrophié, réduit à In moitié ou au tiers de son volume. Les épilliélîums qui tapissent la face interne de la capsule ou le bouquet vasculaire sont eu partie détruits et en partie atteints de dégénérescence graisseuse. Le plus souvent toutefois tout le bouquet vasculaire est recouvert d'éléments du tissu conjoDctif de nouvelle formation. Dans certains glomérules on rencontre des noyaux embr\-oplasliques; dans d'autres ce sont des cellules fusiformes; dans d'autres une masse conjonctive bomi^ène, vaguement fibi'illaiie, se confondant avec la capsule de Dowman; il eo est enfin qui sont réduit^Â une sphère de tissu conjonctifau centre de laquelle on trouve une petite masse jaune et granuleuse. Le plus grand nombre des canaux contournés a disparu par le fait de la compression csercée