‹ Les grands processus morbides; leçons de pathologie généraleChapitre 95 sur 217 · ALBUMINURIE. ALTÉRATIONS DU SANG · texte numérisé non relu

ALBUMINURIE. ALTÉRATIONS DU SANG

mécaoîques dans la circulation rénale et de celles qui accompagnent ou suivent les maladies aiguës, infectieuses ou non, ces altérations ne sont pas bien définies au point de vue des rapports qu'elles peuvent avoir avec l'albuminurie elle-même. 11 est certain cependant que, dans les maladies non infectieuses, la destruction des globules rouges du sang est constante du moment où la fièvre existe, et, par le fait, on peut admettre, avec Gubler (1), qu'il y a, dans ces cas, une augmentation des matières albuminoïdes par rapport aux globules sanguins. Dans les maladies infectieuses, les hématies se détruisent pareillement, et du fait de la fièvre, et du fait de l'infection, comme nous le verrons; il y a de plus une modificalion isomérique des matières albuminoïdes; mais ces lésions, qui peuvent être considérées comme cause du passage de l'albumine dans l'urine, n'en sont certainement pas les effets.

Dans l'albuminurie permanente, les analyses du sang ont donné des résultats variables. Chez un albuminurique, malade depuis un an, Vogel (2) n'a pas constaté de diminution dans les proportions de l'albumine du sang. Cependant, comme l'ont montré les premiers Boslock (3) et Christison (4), un premier résultat de l'albuminurie consiste dans la diminution de la densité du sérum et cette diminution, qui paraît être en relation avec l'abondance des pertes en albumine, peut être telle que la densité du sérum tombe de 1029 à 1031, son chiffre physiologiqiie,jusqu'à 1022 et 1020. Souvent le sérum est opalescent, et, d'après les recherches de Rayer et de Frerichs, cette opalescence doit être attî ibuée tantôt à la présence d'une certaine proportion de granulations graisseuses, tantôt au passage à l'état granuleux, d'une certaine quantité d'albumine. Le résidu solide du sérum évaporé, qui comprend les sels et les matières albuminoïdes, est abaissé; du chilTre normal 102 à 100 pour 1000, il tombe à 68 et 60.

La proportion d'eau est ordinairement accrue; au lieu de 782 pour 1000, on trouve 825 à 865. Les sels minéraux ne paraissent pas varier et, suivant les recherches de Schmidt et de Sherer, leur proportion reste à peu de chose près la même qu'à l'état normal. Il n'en est pas ainsi des principes de la seconde classe : urée, acide

(1) Gubler, art. ALBmrîfURiE du Diction, encyclop. des se. méd., Masson, 1865. (i) Vojçel, cité par Gubler, loc. cit.

(3) Bostock, cité par Lccorché, loc. cit. {i) Qiristison, loc. cit.

urique, matières extraclives. Ces substances augmentent dans le milieu intérieur d'une manière constante et leur augmentation est en rapport avec la marche des altérations du rein, comme il est facile de le comprendre. La dépuration du sang au point de vue des principes excrénientitiels étant liée à l'intégrité de structure du rein, Ton conçoit qu'à mesure que les lésions rénales font des progrès, la rétention de ces principes est de plus en plus considérable. Yernois et Becquerel (1 ) ont constaté que les matières extracti ves dans le sang sont de 13 pour 100 plus abondantes qu'à l'état physiologique dans les périodes avancées des lésions rénales. La quantité d'urée est très- variable. Heller (2) a trouvé 1,74 à 1,85 pour 1000, Picard (3) 0,7 et 0,8, et Bright, dont l'analyse toutefois ne semble pas à l'abri d'erreurs, jusqu'à 15 pour 1000. On sait qu'à l'état normal il n'y a que 0, 17 pour 1000 d'urée dans le sang. D'après Garrod, la proportion d'acide urique dans le sang des albuminuriques varierait de 0,012 à 0,055 pour 1000.

Les modifications des principes albuminoïdes consistent en une diminution notable de l'albumine. D'après Andral et Gavarret (i), cette substance diminue d'autant plus dans le sang que les urines contiennent elles-mêmes une plus forte proportion d'albumine. On voit ainsi l'albumine du sang tomber de 70 à 65 et 50 pour 1000. Quant à la fibrine, elle ne s'accroît qu'autant que des inflammations se sont montrées pendant le cours de la maladie.

Les globules rouges sont atteints pareillement. Leur nombre diminue avec les progrès du mal et peut tomber de 127 pour 1000 jusqu'à 61. Les analyses de Ghristison sur l'hémalosine et celles de Quinquaud sur l'hémoglobine montrent également cette diminution notable des hématies. D'après Ghristison, en effet, l'hématosine, dont la proportion physiologique serait de 1835 pour 10000 de sang, tombe aux chiffres de 1111, 955 et même de 427 pour 10000. Suivant Quinquaud (5),àrélal normal il y aurait 127 grammes d'hémoglobine sèche dans 1000 grammes de sang, et cette hémoglobine, dans l'albuminurie permanente, pourrait tomber à 1 10 et môme à 82 pour 1000. Voici des tableaux dus à .\ndral et Gavarret et à Fre-

(1) Bftcqucrel, Séméiotique des urines^ 18 il.

(2) Hcller, Pathologische Chemie der morbus Brightii, I8i5.

(3) Picard, De la présence de l'urée dans le sang et de sa diffusion dans VorganUme

(i) Andral et Gavarret, Recherches sur les modifications de proportion de quelques principes du sang, 1840.

(5) Quinquaud, Académie des sciences, 1873.

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