‹ Les grands symptômes neurasthéniques: pathogénie et traitementChapitre 41 sur 56 · VII. — Les phénomènes douloureux · texte numérisé non relu

VII. — Les phénomènes douloureux

J'ai déjà dit, au cours de cet ouvrage, combien je trouvais malaisés la pathogénie et le traitement de ces symptômes douloureux qu'on a nommés topoalgies ou bien encore algies centrales. Bon nombre d'entre elles me sont apparues inintelligibles et indéracinables. Ni la sugges-

tion, ni le traitement général, ni les révulsifs ni les calmants locaux n'en viennent à bout, et souvent les malades vont jusqu'à la fin de leur vie sans parvenir à s'en débarrasser.

On s'accorde assez généralement pour considérer ces douleurs comme un symptôme propre aux neurasthéniques. Peut-être verrons-nous un jour cette catégorie de signes décrite comme névrose à part. Des maintement nous pouvons dire que ces grandes algies centrales détonnent singulifcrementparmi tant de symptômes, qui tous s'expliquent aisément par la conception pathogénique précédemment exposée, et qui cëdent au traitement rationnel qui en découle.

Mais il y a d'autres douleurs neurasthéniques — vraiment neurasthéniques celles-là — la céphalée en casque, la douleur à la nuque et la rachialgie, qui sont bien de notre domaine, et que nous savons soulager.

La plaque cervicale et la plaque sacrée nous apparaissent comme des douleurs musculaires ou pour mieux dire tendineuses, car elles siègent exactement au niveau des insertions de muscles particulièrement en butte à la fatigue. Au cou, c'est le trapèze, qui porte presque à lui seul le poids de la tête, delà tête qui, chez le neurasthénique et le mélancolique, tend constamment à fléchir en avant; à la partie inférieure de la colonne vertébrale, c'est le grand fessier qui s'insère à la crête du sacrum et du coccyx. « Alors qu'il prend son point fixe sur le fémur préalablement immobilisé, » ditTestut, « il redresse

le bassin sur les fémurs, et joue un rôle des plus importants dans la station bipède. Aussi est-ce chez Thomme que ce muscle atteint son plus haut degré de développement. » Or, c'est un chose bien connue que nos muscles, moteurs dans leur partie charnue, sont plus sensibles à leurs extrémités tendineuses; ils souffrent surtout ^ans leurs tendons. C'est pour cela que les neurasthéniques, accusent des douleurs au niveau de la ligne courbe occipitale supérieure, au niveau de la protubérance occipitale externe, au sommet de Papophyse épineuse de la septième cervicale, et quelquefois plus bas jusque vers la dixième ou onzième dorsale. C'est pour cela encore que, la plupart du temps, la douleur à la nuque et la douleur sacrée cessent parfois complètement quand le malade appuie sa tête sur un oreiller ou quand il se couche. Ce sont des douleurs de fatigue et de tiraillement. Aucun traitement médicamenteux ne leur convient. Ni Fantipyrine, ni la phénacétine, ni Tacétanilide, ni l'exalgine, ni le pyramidon, ni, à plus forte raison, les grands calmants de la douleur, ne me paraissent indiqués ici. Le grand remède à ces souffrances, c'est le massage, ou mieux encore, le bain statique avec localisation de l'effluve sur le point affecté. Les reconstituants de la tonicité nerveuse raréfient la fréquence des moments douloureux, qui reviennent plus volontiers avec l'approche de la neige, de l'orage ou de la pluie. Ici encore les agents physiques valent mieux que les drogues.

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