CARRIER AU TRIBUNAL
Arrestation de Carrier. — Carrier devant le tribunal révolutionnaire. — Première partie des débats.
Le citoyen LafFond, adjudant de la section de la Cité et de garde à la Convention, la nuit du 3 au 4? a reçu à deux heures du matin, le décret d'accusation contre Carrier avec l'injonction de procéder sur-le-champ à son arrestation. En conséquence, Laffond, accompagné de l'huissier porteur du décret, d'un officier de g-endarmerie et d'un détachement de la g-arde du g-rand poste, a pénétré dans le domicile de Carrier. Il a trouvé dans l'antichambre les quatre igendarmes commis à sa g-arde et dans la chambre, Carrier couché dans son lit.
Lecture ayant été faite du décret. Carrier fut invité à se lever. Il demanda alors qu'on lui permît de tirer les rideaux de son lit. Laffond le lui refusa, « fondé sur ce que la décence ne s'opposait point à ce qu'un homme s'habillât devant d'autres hommes». Carrier insista fortement et d'après le refus absolu et bien prononcé, il s'inclina vers la ruelle du lit, saisit de la main droite un pistolet à deux coups, qu'il porta avec vivacité vers sa bouche. LafFond, effrayé du geste, se précipita sur lui et après une courte mais vive résistance, parvint à le désarmer.
Laffond n'avait pas vu le pistolet qu'il ne pouvait même pas soupçonner, attendu que les armes avaient été précédemment enlevées ; il crut, d'après le geste, que l'intention de Carrier était d'avaler du poison. Carrier désarmé fut contraint de se lever, mais s'adressant à LafFond : « Jamais, dit-il, les patriotes ne te pardonneront de m'a-