ÉPILOGUE
Protestations contre le jugement du tribunal. — Révision du procès. — Ce que devinrent les principaux membres du Comité révolutionnaire de Nantes.
L'exécution de Carrier était une satisfaction donnée à la population parisienne avide de vengeance, mais une satisfaction incomplète. A la Convention nationale comme dans le public, où l'opinion était très surexcitée, on rej^ardait l'acquittement de Goullin et de ses co-accusés comme un scandale judiciaire (i). «Je demande, dit Lecointre à la séance du 28 frimaire, pour la vindicte publique, car je ne crois pas que personne veuille tolérer ou défendre l'assassinat, que le Comité de lég^islation nous présente un projet de décret pour que ces hommes soient envoyés devant le tribunal criminel de leur département, qui les jugera conformément aux lois. » Lecointre ajoutait : « Ces hommes parcourent les maisons publiques de Paris où ils se font g-loire des assassinats qu'ils ont commis, où ils insultent à la mémoire de ceux qu'ils ont immolés, au malheur des familles qu'ils ont désolées. » Un autre Représentant, Rréard, appuyait sa motion disant que les hommes devaient rester sous la main delà justice jusqu'au rapport du Comité de législation; que la Convention ne devait pas laisser circuler dans la société des hommes couverts d'opprobre, coupables des plus grandes atrocités (2). »
M) M. A. Lallié, le Sans-culotte Goullin, p. 153. (2) Moniteur du 30 frimaire an III.