APPENDICES 5 II
nal qu'il tenait à la main. Quand il l'eut terminée, il dit à Morice: « Quelques atFaircs ne me permettent pas d'attendre plus lonj^-temps mon collôg"ue Cambacérès. Je vous prierai, citoyen, de vouloir bien l'informer que j'étais venu dans l'intention de réclamer de lui et de ses collèg^ues un témoig-nag-e d'oblig-eance. Depuis long-temps, j'ai le désir de faire partie de ce Comité et je venais me recommander à leur souvenir pour le jour où aurait lieu le renouvellement partiel de ses membres. Voulez-vous, citoyen, remettre ce papier avec mon nom au Président? ))
Glissons sur la stupéfaction de Morice à la lecture du
nom de Carrier. « Le président rentra, dit en terminant l'employé du Comité, et je m'acquittai de ma commission. Lorsque je lui eus remis le nom, il ne put s'empêcher de manifester de l'étonnement, me fît répéter et après avoir réfléchi quelques instants, il haussa les épaules et me dit que le véritable but de cette démarche était facile à concevoir, mais qu'elle était d'autant plus en pure perte que le décret d'accusation venait d'être rendu. Ce fut presque en me quittant que Carrier fut arrêté et conduit à la Conciergerie. Ce jour, dont je ne manquai pas de prendre note, était le quatrième du mois de frimaire an IIL »
{Extraits du manuscrit de Philippe Morice, employé au Comité de Salut public, puis attaché au ministère de la Justice et au ministère de la Police sous Merlin (de Douai) et Fouché, donnés par le vicomte de Broc, Revue des questions historiques, 1892.)
[page 490)
Liste des principaux fascicules produits pendant le procès de Carrier.
La queue de Carrier traînante dans la Société populaire de Nantes connue sous le nom de Vincent-la-Montag-ne (i).
Par Laporte aîné, Paris, 8 brumaire an III de la République une et indivisible, de rimprimerie des Droits du Peuple, rue de la Loi, in-8.
Places à louer pour voir passer Carrier le Jour où il ira
(i) Bib. nationale, LhH 1420.
512 (:a1\IUKI\ a NANTES
à la guillotine, avec description du dîner que ses plus intimes amis doivent faire ce môme jour (2).
Avis au public. Signé Blanquette, de l'Imprimerie de la Fricassée, rue du Bon-Coin.
Oraison funèbre de Carrier, ex-Représentant du peuple, natif de Yolay près Aurillac (Gantai), mort à Paris le 26 frimaire, l'an III de la République, par l'entremise de la g-uillotine, présentée à tous les Jacobins par un renég-at de l'ordre Jacobite (i).
In nomine libertatis...
dorrupti sunt et aborainabiles facti sunt et in iniquitatibus. Ils se sont corrompus et se sont rendus abominables parleurs iniquités.
A Paris, chez Chaunand, rue Eloi, n" 17.
Suivie d'une complainte des ses victimes rang-ées autour de son échafaud par Gollig-non-Dumont, 8 couplets.
Grande colère du Médecin Duheni de voir qu'il ne peut sauver son ami Carrier et que l'avant-g-arde des égorgeurs va défiler sans trompette sur la place de la Révolution (2).
Par Baralère, de l'Imprimerie de la Vérité, rue du Puits-qui-j)a:le.
Dernières volontés de Carrier qui met en réquisition l'ancien Comité de Salut public (3).
En ÉPILOGUE : 0 justice! Les Jacobins avaient raison de dire que tu n'étais qu'un vain nom.
Je déclare à mes derniers moments que le règne de la justice n'est qu'un mot chimérique, si la Convention n'adopte pas le projet de décret suivant :
J.-B. Carrier met en réquisition les représentants Collot, Barère, Bdlaud, Carnot et C'e pour venir le joindre au lieu de sa destination, dans le délai d'un mois, non compris le temps de route. ..
Dialog-ue entre MM. Barère et Fouc^uier (4).
Enfin nous respirons, disait monsieur Barère A son noir protégé, monsieur Quentin Fouquier, Et le peuple lassé de nous faire la guerre, De nous poursuivre en vain, retombe sur Carrier. Il faut en convenir dans les jours de sa gloire,
(2) Bib. nationale LB 4i 1524, (1) Bib. nationale LB41 1525 (2j LB41 14^4.
(3) LB il 4180.
(4; LC - TC4.
APPENDICES 5i3
Il a laissé bien loin tous les tyrans passés.
Et les plus grands forfaits dont s'indiq'ne l'histoire
Sont par ses moindres jeux pleinement effacés.
Ne nous en flattons point, dit Fouquier, non, ses crimes
N'ôtent rien de l'horreur qui s'attache à ses pas ;
Le peuple détrompé sig'nale ses victimes :
Nous demandons la vie et ne l'obtiendrons pas.
Gazette française, octidi i8 brumaire.
Le rempart de Ca/Wer traîné dans la boue, ou tarif des Montag-nards Jacobins (i).
Paris, imprimerie des sans-culottes.
Testament de Carrier (2).
Paris, imprimerie de G. S. Galletti. rue Honoré, n° i499- Fait et passé en l'étude de Bachelier, notaire du Comité révolutionnaire de Nantes, 17 brumaire. — Signé Jean-liaptiste Carrier.
Furent présents et ont signé comme amis : Robin, Fleury (chef de la compagnie Marat), etc.
Lettre du sensible Carrier au bienfesant Collet d'Herbois, remise par le vertueux Billaud-Varenne (3),
Le jour n'est pas plus pur que le fond dé mon cœur.
A Paris, à l'Imprimerie des Jacobins, se trouve à Nantes sur les bords de la Loire ; à Lyon, sur les quais du Rhône ; à Paris, à l'abbaye de Saint-Germain.
L'an 1er des noyades, canonnades, etc.
Le nouveau testament de Carrier en faveur de Collot d'Herbois, Billaud-Varenne, Barère de Vieuzac, etc., et sa grande aventure aux enfers (4).
Paris, imprimerie de Franklin. « Carrier a commencé la marche, suivez Messieurs ! »
Justification de Carrier ou mettez vos lunettes (5).
De l'imprimerie de la Vérité, rue Neuve de la Justice, n° i . Adieux de Carrier à Collot, Billaud, Barère, Duhem, Lcvasseur et autres chevaliers de la guillotine (6) .
De l'imprimerie de la Vérité, rue du Puits-qui-parle, signé Boreillard (secrétaire de l'épuration).
(1) Bib. nationale LB^l 1427.
(2) Bib. nationale LB^» 1438.
(3) Bib. nationale LB il 1449.
(4) Bib. nationale LB41 1529.
(5) Bib. nationale LB41 1425.
(6) Bib. nationale LB il 1528.