‹ Les grands terroristes, Carrier à NantesChapitre 15 sur 124 · INSTALLATION DE LÉCHELLE · texte numérisé non relu

INSTALLATION DE LÉCHELLE

phant pour les patriotes, et qui seul doit opérer l'afFermisscment de la liberté nationale (i) ».

Arrivé à Montaigu, il y retrouve ses collègues Merlin et Louis Turreau, et tous trois rassemblent les g-énéraux pour combiner un plan d'attaque sur Mortagne (2). Quatre mille hommes ont été envoyés à la rencontre de Charette qui, à Légé, interceptait les communications avec Nantes ; les troupes de Charette ont battu en retraite (3). Plusieurs communes se sont rendues et ont promis fidélitéà la République. « L'incendie des maisons, des moulins et surtout l'enlèvement des bestiaux, con- ,tinue Carrier, concourent singulièrement à ce retour à la ïincérité auquel je n'ajoute nulle foi, quoique les rebelles iyent fait marcher plusieurs communes contre leur jré (4). »

Le 10 octobre, Carrier procède à l'installation de .échelle.

« J'ai lu, dit-il, à tous les bataillons la proclamation

Mdigée par mes collègues Hentz et Prieur (de la Marne),

le les ai tous harangués ainsi que Merlin et Turreau, nul

)ataillon ne nous a exprimé de regrets sur la retraite de

]!anclaux, quelques-uns en ont témoigné sur celle de

)ubayet, mais, de concert avec mes collègues, nous leur

ivons dit qu'ils n'étaient pas les soldats d'un homme,

lais bien de la République, qu'un individu n'est rien>

[ue la République est tout, qu'ils sont une portion de ce

)ut, que c'est l'image de la patrie — ensanglantée, dé-

Ihirée à l'extérieur et à l'intérieur par la caste nobiliaire,

qui doit fixer constamment leurs regards, que des

^x-nobles commandant les troupes révoltées de la Vendée,

[a République ne devait pas compter avec confiance que

(1) Lettre de Carrier à Barère. Quartier général de Montaigu.le H oc- )bre 1793, l'an II de la République fran(;aise une et indivisible. Lettre

|lutographe. Bib. de Nantes. Manuscrits, 2642. Voir aux appendices cette longue lettre assez curieuse.

(2) Etaient présents les généraux Dembarrère, Kléber, Vimeux,Beaukuis et Léchelle, les représentants Carrier, Merlin et L. Turreau. — Sarary, t. II, 228.

(3) En réalité, Charette s'emparait de Noirmouliers.

(4) Lettre de Carrier, id.

Dubayet ex-noble fût dans la bonne résolution de les combattre, de les exterminer, nous leur avons rappelé la vie militaire de tous les ci-devant nobles qui avaient combattu à la tête de nos armées et qui en avaient signalé le commencement par des victoires et fini par des trahisons. Ces paroles ont calmé les regrets et nous avons eu la douce satisfaction d'entendre partout les cris réitérés de : Vive la République, vivent les sans-culottes... Le nouveau général, qui a parlé à tous les bataillons, a été fort bien accueilli (r). »

Dans leur proclamation, Hentz et Prieur annonçaient pompeusement aussi la venue de ce futur triomphateur: (( Canclaux et Dubayet, ci-devant nobles, sont rappelés; Léchelle, homme du peuple, ancien soldat, est votre général en chef... Tout a les yeux sur vous ; les traîtres sont livrés à la justice, les ignorants (2) sont éloignés, les intrigants sont connus et chassés I » — Léchelle, lui, se contenta d'affirmer que les généraux sans-culottes ne reculeraient pas (3), et il eut le bon goût de rendre justice aux généraux Canclaux et Dubayet, qui lui laissaient des troupes bien organisées et en bonnes dispositions (4) ».

De la campagne d'octobre que Léchelle mena avec une ineptie sans pareille jusqu'à l'échec d'Entrammes, il ne serait rien dit — notre dessein n'étant pas de nous perdre dans les dédales de la Vendée — si Carrier n'y avait suivi l'armée jusqu'à Cholet.

L'armée de Mayence était fort bonne encore, malgré

(1) LeUre citée.

{i) Les ignorants sont chassé.t et Léchelle commandait en chef! C'était, dit Kléber, le plus lâche des soldats, le plus mauvais des officiers et le plus ignorant des chefs qu'on eût jamais vu. Note de Kléber. Savarj^ t. II, p. 224.

(3) Wallon, les Représent, en mission, I, 167, d'après le dépôt de la guerre.

(4) Lettre de Léchelle, de Montaigu, 11 octobre, même source, et Savary, II, 229.

«La retraite de Canclaux ne pouvait arriver plus mal, diraTurreau. Heureusement ce général en chef incapable de commander eut le bot esprit de suivre la marche tracée par son prédécesseur. » — Turreau.l Mémoires, p. 111.

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