LA PERSÉCUTION DES PRÊTRES
Les prêtres en prison. — De couvent en couvent. — La jj^aliole « La Thérèse». — Prisons flottantes. — « La Gloire ». — Première noyade de 90 prêtres. — Lamberty et Fouquet. --Le dîner sur la galiote. — Les chansons de Robin.
Les noyades ont rendu tristement célèbre le nom de Carrier et de ses complices ; plus que leurs autres crimes elles ont contribué à les traîner à l'écliafaud, et c'est malheureusement le point le plus obscur de la Terreur de Nantes.
Le moyen de contrôle n'existe pas ; ces mesures extraordinaires n'ont pas produit de traces écrites, les archives du département ou du greffe sont muettes ou du moins sig-nalent à peine l'arrivée à Nantes de convois de prisonniers. Ces prisonniers ayant disparu sans laisser de vestiges ni sur les registres d'écrou ni sur aucun papier administratif ou judiciaire forment la majeure partie des noyés. Leur nombre est incertain, leurs noms, à peu d'exceptions près, restent inconnus, les érudits les plu consciencieux n'ont pu les faire sortir de l'oubli malgr de scrupuleuses recherches (i). Pour les prêtres q inaugurèrent à Nantes le mode de supplice il n'en es pas ainsi, et les nombreux témoignages du procès joints à un ouvrage récent (2) permettent d'établir de façon sûre et leur mort et la persécution dont ils furent l'objet avant d'être engloutis dans la Loire.
Les prêtres inaugurèrent « la déportation verticale », — c'est le mot consacré par Carrier au supplice de ceux
(1) M. A. Lallié, les Noyades de Nantes, pp. 1 et suivantes.
(2) M. A. Lallic, la Persécution des prêtres noyés.