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LE COUVENT DES CARMELITES

(!ix-s('|)( (jui avaient exprimé le désir de partir reculent des passeports, furent emljanpiés sur des j^abarcs et n'arrivèrent ([u'à i^rand'jjeine le i4 i'i Paindxruf". Là ils t'urentrépartis entre cinq bateaux en aUcndaril leur départ pour l'Espai^ne.

Tel était l'état des esprits à cette époque, six mois avant la Terreur, que les religieux, d'après le procès-verbal (i), avaient été invités à changer de costume, les capucins à couper leur barbe, « afin d'éviter les outrages de la foule ».

Poursuivons l'odyssée de ces malheureux à qui la population, toute girondine qu'elle est, se montre hostile(2).

Ceux des prêtres qui, en vertu de leur âge ou de leurs infirmités, étaient dispensés de la déportation devaient être recueillis au couvent des Carmélites. Les religieuses, qui [)eu de joins après devaient être chassées de leurs couvents, déménagaient en un clin d'oeil et se réfugiaient aux Saintes-Claires, pour faire place à 66 prêtres. De deux cotés en même temps arrivaient une foule de religieux destinés à la déportation, d'Angers et du Mans, en tout4o8, sans distinction d'âge ni de maladie. Les prêtres angevins et manceanx demandèrent ])ar requête au département qu'on leur appliquât l'exception prévue par la loi; la lettre du ministre Roland, qui prescrivait de continuer les déportations, sauf en ce qui concernait les sexagénaires et les infirmes, permit de faire le tri immédiat ; tandis que le gros de la troupe était expédié à Paimbœuf, 5 prêtres de Maine-et-Loire et 24 de la Sartlie, âgés ou malades, furent joints, aux Carmélites, à ceux de la Loire-Inférieure (3),

A partir de décembre, le régime des vexations continue. Si ou tolérait encore la célébration de la messe, on ôtait

(1) Procès-verbal du registre de la Permanence et du Conseil de la Commune. Arcli. municipales de Nantes. M. A. Lallié, op. c, 121.

('J) Les Girondins ne s'étaient-ils pas toujours montrés ardents contre le clergé? Leurs chefs, Lanjuinais en tête, professaient la haine des prêtres, ne se doutant guère que quelques mois plus tard ils se trouveraient confondus daas la même persécution sous l'épithèto de contrerévolutionnaires.

(3) Voir pour les détails M. A. Lallié, le Diocèse de Nantes, I, et la Persécution des prêtres, p. 131.

aux prêtres le moyen de la dire, car des hommes armés leur ont enlevé « les vases sacrés, les aubes, linge et ornements qui étaient leur propriété (i) ». La commune et le district ne répondent pas à leur réclamation ; bien plus, le département devançant les ordres de la Convention et ne trouvant pas assez rig'oureuse la léj^islation pénale des prêtres insermentés, s'associait à un vœu du district d'Ancenis en envoyant à Paris copie de la délibération de ce district. La Convention y était priée : « i° de décréter la peine de mort contre tous les prêtres réfractaires qui n'auraient pas obéi à la loi du 26 août, soit en ne se déportant pas, soit en rentrant en France après en être sortis ; 2^ de prononcer une peine très sévère contre toute personne qui sera convaincue avoir recelé, caché ou donné asile à aucun desdits prêtres non sermentés, telle que la peine des fers et la confiscation des biens, lui observant qu'il n'est pas d'autres moyens de nous débarrasser de ces êtres malfaisants dont la présence est si contraire au bon ordre et à la tranquillité publique... (2) ».

C'est une administration girondine qui parle ainsi. Y a t-il bien loin de ces termes flétrissants à ceux qu'emploie le représentant Laplanche, ancien prêtre marié, et enrag-é contre « l'engeance diabolique qu'il veut désoutaner » ? (3). ^^^

La ville de Nantes ainsi dirigée dans sa haine faroucha^J des prêtres trouve la Convention bien lente à satisfaire se^^ désirs et le Conseil du département n'attend pas les dé-^^ crets d'avril (4) pour stimuler l'activité de la gendarme^H rie « chargée et requise de se livrer à la recherche de tou^^ prêtres ecclésiastiques qui, au mépris de la loi, seraient restés dans les départements (5) w.

(1) Requête des prêtres, 28 déc. 1892. Arch. départ, delà Loirc-Infci"ieure.

(2) Registre du Cons. de dép. donné par M. A. Lallié, Hist. de la Persécution des j^r cires, 13o.

(3) M. Wallon, les Représentants en mission, I, 26.

(4) Décrets des 21 et 23 avril 1793 contre les prêtres qui avaient refusé le serinent. La détention ne suffisait plus, restaient comme peines la déportation ou la mort, sauf pour les infirmes.

(5) M. A. Lallié, id.

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