CHAPITRE II
Carrier à la Convention, — Ses missions en Normandie et en Brelaj^ne. — Le « trône » de liuzol renversé. — A la recherche des Girondins fusritil's. — De Rennes à Nantes.
Durant les premiers mois de la législature, le rôle de Carrier demeure assez effacé. Rien de particulier à noter pendant le procès du Roi, où le représentant se contenta de se montrer à l'unisson de ses coUèg-ues montagnards. Le réveil date de la discussion sur la création d'un tribunal criminel extraordinaire, — bientôt après baptisé tribunal révolutionnaire, — dont les échecs essuyés en mars 98 par l'armée de la Moselle furent la cause occasionnelle ou le prétexte (i).
Dans la séance du 8 mars 1798, Danton avait demandé et la Convention décrétait l'envoi de représentants aux 48 sections de Paris, pour les « requérir, au nom de la patrie, de voler au secours de leurs frères, à l'armée Belgique ». Les commissaires rendaient compte de leur mission à l'assemblée le 9, Jean Bon Saint-André et David soumettaient le rapport suivant (2) : A la section du Louvre, le concours des citoyens était considérable. Ils ont juré de volera la défense de la patrie... Mais ils nous ont manifesté des craintes sur la tranquillité de l'intérieur ; ils nous ont dit : « Tandis que nous allons combattre les ennemis du dehors, nous demandons que la Convention punisse les traîtres et anéantisse les ennemis du dedans;... qu'elle porte un regard sévère sur la
(1) Berriat Saint-Prix, Justice révolutionnaire, édit. 1866, p. 15.
(2) Moniteur du 10 mars, p. 315.