‹ Les grands terroristes, Carrier à NantesChapitre 35 sur 124 · LES ECHAPPES DU NAUFRAGE · texte numérisé non relu

LES ECHAPPES DU NAUFRAGE

Quant à Alexis Gainier (i), qui s'était échappé dans le trajet du Bouffay au quai de la Fosse, il s'était réfug^ié chez un ami. Il eut le malheur, le 2 1 pluviôse, d'être croisé par Girardeaux, guichetier des Saintes-Claires, qui le reconnut et lui mit la main au collet. Le Comité révolutionnaire n'hésitait pas à le vouloir renoyer. Sur la demande de l'un de ses membres, il fut décidé pourtant qu'il serait écroué au Bouffay dans un cachot noir, attendant la prochaine fournée. Jolly — il avait toujours une corde dans sa poche — lui attacha les mains derrière le dos, en disant à Girardeaux : « Il nous a échappé une fois, mais il ne nous échappera plus. » Garnierfut oublié dans sa prison où il lang-uissait, les noyades ayant cessé. Une des requêtesqu'il adressait aux représentants fut lue par Bô,qui le fit mettre en liberté en prairial.

(i) Pétition d'Alexis Garnier à la Société Vincent-de-la-Montagne en date du 2 messidor. Arch. départementales.

On chercha longtemps à dissimuler la noyade du 25 frimaire sous le nom de translation à Belle-Ile. Le registre du Comité porte à la date du 21 pluviôse : envoyé au Bouffay Alexis Garnier qui s est évadé lors de la translation des prisonniers du Bouffay à bord d'une barque pour aller à Belle-lie. Plus tard, les membres du Comité étant emprisonnés, on supprimait les euphémismes et sur le dossier remis à Bo on lisait : Il s'est sauvé de la baignade du 24 frimaire. M. A. Lallié, les Noyades, p. 36.

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