‹ Les grands terroristes, Carrier à NantesChapitre 42 sur 124 · OPINION D'UN SURVIVANT · texte numérisé non relu

OPINION D'UN SURVIVANT

lier et l'ami très indiilçi-ont des dernières annexes, rpii a connu le nonaj^énair*' repentant et plongé dans la pratique d'une religion sévère (i), ne s'est-il pas bien aisément porté garant de ces dénégations? La secondepreuvi^ invoquée par M. Dugast-Matifeux ne semble guère mieux établie. En ce qui regarde Fouquet et Lamberty, on est réduit à des conjectures, car ni le réquisitoire ni le jugement prononcés contre eux ne parlent des noyades (2). Est-ce à dire pour cela qu'on ait argué de ce silence pour nier qu'ils aient été agents des noyades (3) ? Nous verrons plus tard que, dans la crainte de découvrir Carrier qui refusait de parler, — la question était de savoir si Lamberty avait reçu ou non des pouvoirs illimités — la JJommission Bignon n'approfondit pas le chef d'accusaîon « noyades » et condamna Fouquet et Lamberty )mme contre-révolutionnaires pour avoir, — dans un Jut facile à deviner, — soustrait des « brigandes » à la îngeance nationale. Les pièces du procès envoyées à "aris par ordre de la Convention (4) s'y sont perdues et îs brouillons informes restés aux archives de Nantes (5) nous apportent aucune lumière.

Les recherches faites dans les deux sens et le plus ^cemment par M. Lallié ne peuvent modifier les argulents dubitatifs apportés par Berriat Saint-Prix, d'après plaidoirie de Tronson-Ducoudray. De plus, on l'a déjà it, le président a rayé le a passage des mariages répulicains » inscrit sur la feuille préparée à l'avance où se pouvaient les questions à poser au jury. Il semble avec raison à Berriat Saint-Prix, à M. Lallié et aux auteurs qui les ont suivis (6), que si ces mariages étaient res-

(1) Diigast-Matifeux, Notice sur Bachelier.

(2) Réquisitoire de David Vaugeois, pièces remises à la Commission des Vingt-et-Un, et M. A. Lallié, la Justice révolutionnaire dansla Loire Inférieure, p. 390.

(3) M. A. Lallié. Noyades de Nantes, p. 81; Berriat Saint-l'rix, op. cit.

(4) Décret du 2 brumaire an Ili.

(a) M. Lallié, op. ci<.,p. 81.

(6) Le citoyen Petit, substitut de l'accusateur public, fit le 24 frimaire le résumé des débats. On lit dans le Bulletin, sur le 7» chef d'accusation : Carrier, par le 7« chef, est prévenu d'avoir donné des pouvoirs illimités à Fouquet et Lamberty pour noyer et faire des mariages qu'on

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sortis des débats, le président n'aurait pas fait disparaître de la minute la question qui les concernait (i).

Que les exécuteurs se soient quelquefois passé ces horribles « fantaisies (2) » et aient tiré plaisir, comme Chaux a eu l'air de le faire entendre (3), de ces postures lubriques (4), que l'un d'eux ait dit : « Voilà un mariage républicain, » c'est possible. Les assommeurs auront trouvé le mot spirituel et l'auront répandu. En faut-il plus pour faire naître une légende? l-es noyades sont assez atroces en elles-mêmes sans le raffinement de cruauté ; admettons des exceptions (5) infâmes, mais non un système.

A quelle époque doit-on fixer le terminus des noyades? Bachelier a prétendu que le 28 nivôse fut la date de la dernière; or, nous avons déjà démontré que le 29 trois cents prisonniers dont beaucoup de femmes avaient été transportés sur une galiote (6) ; une fois de plus le « vertueux » Bachelier a voulu égarer le tribunal. Il ne s'est pas trompé que de cela, car s'il ij eut des noyades en plein jour, — des témoins l'ont affirmé, mais les tlépositions(7), excepté celle de la femme Pichot (8), ne sont

appelait républicains. Ces pouvoirs illimités... sont consignés dans les ordres notifiés àJaforce armée de tolérer les expéditions nocturnes desdits Fouquet et Lamberty : les mariages républicains ne sont point prouvés. Bulletin, Vli^ partie, n° 19, supplément.

(1) Berriat Saint- Prix, p. 90; M. Lallié, Noyades, 82.

(2) M. Wallon, Beprés. en mission, l,p. 422.

(3) Tout en déclarant les avoir ignorées, Chaux dit au procès que Fouquet et Lamberty étaient bien capables d'avoir inventé et de s'être livrés à de pareilles atrocités. Compte rendu du Mercure François du 5 brumaire an 111, cité ji^r M. Lallié. Lettre de Leblois, pièces remises à la Commission des 21, 20« liasse,!" pièce. Rien dans le Bulletin.

(41 Bien des témoignages ont assure que souvent on dépouillait com- I)lètement les femmes. D'après Prudliommo, à une des noyades, les matelots appuyèrent les femmes de leur indignation, c'est ainsi que les malheureuses purent garder leurs chemises. (Hist. des révolutions de France, t.X.p. 201.)

(5) M. Norbert Lallié est de cet avis dans un article récent. Revue de Bretaf/ne et de Vendée, 1895.

(6) Déclaration de Jeanne Ghesneau, pièces remises à la Commission des 21, p. 9d.

(7) Procès de Carrier. Bib. nat., L B*Mo21. Séance du 13 frimaire déposition de Monneron ; — déposition de Laennete. Bulletin VI, 2H.

(8) « Soixante prisonniers sont oubliés dans une galiote dont on avait fermé le pont, pendant 48 heures. On les trouva étouffés. On les fit enlever par d'autres prisonniers qu'on venait d'amener. Robin vint,

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