‹ Les grands terroristes, Carrier à NantesChapitre 63 sur 124 · CARRIER ET LES HÉBERTISTES · texte numérisé non relu

CARRIER ET LES HÉBERTISTES

C.irrier à la Convention. — Son premier discours sur les affaires de Vendée. — Il s'engag-e dans le parti d'Hébert. — Violences des Cordeliers. — Appel à l'insurrection, et rôle de Carrier. — Robespierre se décide à agir contre les deux partis extrêmes. — Discours de Saint-Just. — Chute et arrestation des Hébertistes. — Leur mort. — Carrier échappe au danger qui le menace.

Le 3 ventôse, Carrier reprenait sa place à la Convention. On y lisait une lettre du g-énéral Turreau se vantant d'avoir exterminé 6.000 brigands (i). On sait quel genre de combats livrait Turreau! — Desmurmureséclatentsurles bancs du centre; l'audace bien inaccoutumée de la Plaine était soutenue par une partie de la Montagne où siégeaient encore Danton, Camille Desmoulins et Philippeaux. Carrier n'hésite pas à défendre Turreau et, bondissant à la tribune, il se récrie contre les suggestions en faveur de la clémence :

« Qu'on ne vienne pas nous parler d'humanité envers ces féroces Vendéens; ils seront tous exterminés... Il ne faut pas laisser un seul rebelle, car leur repentir ne sera jamais sincère. »

On a parlé de femmes massacrées. « Ces femmes, s'écrie Carrier, sont des monstres. Avec les prêtres ce sont elles qui ont ranimé laguerre en Vendée (2). «Au tour des

(1) Moniteur da 5 ventôse. Réimpression, XIX, p. S37.

(2) Celait alors l'opinion générale justifiée par les événements que les femmes gouvernées par les prêtres réveillaient la guerre civile, stimulaient le courage des hommes qu'elles suivaient au combat, dont elles partageaient les fatigues et les dangers. M"" de Sapinaud fait le récit suivant : « Ah ! hrigundes, disait un soir un commandant repu- \ blicam (que l'auteur ne nomme pas), arrivant dans un village où les"femmes seules restaient lorsque celte guerre effroyable avait fait périr tant d'hommes, ce sont (es femmes qui sont cause de nos malheurs ; sans les femmes la République serait déjà établie et nous serions chez nous tranquilles... Allez, vous périrez toutes; nous vous fusillerons de-

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