‹ Les grands terroristes, Carrier à NantesChapitre 69 sur 124 · LES COMPLICES SACRIFIÉS A NANTES · texte numérisé non relu

LES COMPLICES SACRIFIÉS A NANTES

Fouquet et Lamberty en jugement . — Mme Giroult de Marcilly ou la seconde Marie-Antoinette. — David Vaug'eois à Paris. — L'Irlandais O'Sullivan, Ag'athe et Lavaux. — Condamnation des deux adjudants généraux. — Acquittement de Lavaux.

Restait donc à Nantes, en g-erminal, l'instruction très importante du procès des deux adjudants. Leur condamnation était désirée de tous ceux qui avaient vu mourir leurs proches ou souffert des exactions des tristes personnages, mais ce n'était pas chez les habitants de Nantes que la Commission avait coutume de chercher le texte de ses arrêts. D'ailleurs, il ne pouvait être encore question. Carrier à peine parti, de sonder l'abîme des responsabilités, tout au plus de se débarrasser d'acteurs trop violents en dévoilant certains de leurs actes qui pouvaient être jugés contre-révolutionnaires. — Personnellement, Bignon était souvent entré en lutte avec Fouquet et Lamberty et s'il avait toujours, à l'opposé dePhelippes TronjoUj, fini par céder devant les ordres supérieurs « moitié par écrit », « moitié verbaux » qui émanaient de Carrier, il avait au début tenté de résister aux invraisemblables pouvoirs des adjudants (i). Son scrupule ne venait donc pas d'une commisération relative

(1) S'il n'osait agir contre eux, il avait écrit ses impressions. Dans une lettre du 25 ventôse remise à la Commission des Vingt-et-Un, Bignon parle du procès qui va s'instruire. 11 n'est nullement gène d'appeler Fouquet et Lamberty, des » patriotes en apparence », c'est-à-dire de « ces vils patriotes pour argent qui avaient mission de Carrier pour faire des expéditions tant de jour que de nuit; et noyaient impitoyablement des individus sans qu'aucun jugement eût prononcé sur leur sort. » — Bignon raconte les luttes de la Commission contre eux et la force qu'ils puisaient dans l'appui do Carrier, leur audace à faire noyer des individus mis en réserve par la Commission, faute de preuves : tout cela ne suffirait pas à Bignon s'il n'avait la preuve que « ces deux noyeurs sauvaient des contre-révolutionnaires comme la femme Giroult

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