WESTERMANN
formaliu'; était minime. Après l'avoir destitué défmilivement, le Comité de Salut public se préoccupa de ses anciennes troupes, s'inspirant de la théorie de l'amalgame déjà employé après le départ de Ganclaux et de Dubayet.Par arrêté sig-né de Carnot, tout ce ({ui avait fait partie de la division de Westermann devait être versé dans les corps d'infanterie et de troupes à cheval ; des ordres pressants étaient donnés au ministre de la guerre de remplacer au plus vite dans l'armée de l'Ouest « cette force très suspecte de dévouement absolu à son gêné-
Sur le rapport de Couthon (2), Westermann est décrété ccusation le i3 germinal, non pour sa conduite en Ven-
e (3), mais comme complice de la prétendue conspiralion de modérantisme de Danton, de Philippeaux, de Camille Desmoulins (4). Pour se défendre à la barre de la Convention, il fit appel à son ancienne vantardise et passa en revue tous les faits d'armes auxquels il avait assisté. Il rappela non sans raison les avertissements donnés sur la conduite de l'automate Rossignol (5), son désir sincère
(1) M. Ghassin, la Vendée Pat note, i. III, p. 45i.
(2) Couthon pour perdi'e plus sûrement Westermann avait dit dans ion rapport : « Trente mille fusils ont été enlevés aux brigands dans ' lurs dernières défaites. Que sont-ils devenus? Un général (Wostor-
n) les a remis entre les mains des communes. » Même affirmation s le dise-ours de Robespierre sur la faction Fabre d'Eglantino. Pars de Robespierre, p. 2U6. « Ce fait, dit Savary, est absolument con- ^rouvô. Jamais Westermann ne s'était occupé de cet objet ; on l'en avait pourtant accusé près du Comité. » Savary, t. III, p. 180.
(3) Dans sa haine contre la faction philippotine, Robespierre semble ilénier à Westermann « jusqu'à des succès partiels en Vendée parce qu'il les exagère lui-môme avec impudence ». Discours de Robespierre, Papiers de Courtois, p. 206. Turreau qui l'a appelé « charlatan » ne discute pas sa bravoure, Grignon l'a comparé à Annibal {Mémoire Justificatif); et ce qui a plus de poids les témoignages de Kléber et de Savary célèbrent sa valeur et son initiative. Il sombra par l'excès de la politique de bascule. Après avoir critique les généraux sans-culottes, il se servit des mêmes moyens qu'eux au lieu de suivre la voie tracée par les autres Mayençais. De plus il emboitail le pas derrière Philippeaux!
(\) Arrêtés dans la nuit du 41 au 12 germinal.
(5) Entre autres sa lettre de la Châtaigneraie, du 23 septembre. Papiers de Robespierre, p. 241. Rossignol était son dénonciateur. « 11 i\st honteux qu'un tel homme, malgré les suspensions prononcées contre
li, fasse encore partie du militaire. » Lettre de Rossignol, Rennes 2 dé-
■lubre 93. Collection Dugast-Matifeux et Benjamin Fillon. Bibl. de
de terminer la guerre, les moyens de répression employés pour exterminer 90.000 rebelles et, s'entendanl flétrir du nom de conspirateur ! il se leva avec fierté en s'écriant : «Moi conspirateur ! Je demande à me dépouiller tout nu devant le peuple ! J'ai reçu sept blessures par devant, je n'en reçus qu'une derrière , c'est mon acte d'accusation ( i ) . » Le seul Carrier, qui avait vu Westermann à l'œuvre, aurait pu prendre la défense du g-énéral abandonné de tous, mais autre chose était de se porter g-arant de Westermann en ventôse (2) avant l'équipée hébertiste et d'avoir le même courage en germinal! A peine sorti du péril où avaient failli l'entraîner les exaltés. Carrier ne songeait guère à couvrir de son égide l'ami de Philippeaux, l'homme depuis longtemps marqué à l'encre rouge par Robespierre comme « un nouveau Dumouriez », comme le « complice de la conspiration de modérantisme (3). » La tactique dernière de Carrier consistait à ménager Robespierre et à se tenir sur la réserve — politique opportune qui réussit au point de le faire nommer secrétaire de la Convention(4). C'est en cette qualité qu'il donna la lecture à l'Assemblée présidée alors par Robespierre, de l'odieuse loi de prairial (5). « Le grand homme de bien » semblait avoir oublié son indignation (6) et celui qui se disait « la victime » de Jullien attendait son heure.
Nantes. A propos de Westermann, citons ce billet assez curieux qu'il écrivait à la Convention :
« A Saint-Maixent, le 1" novembre 1793 (an II de la République une et indivisible), « Citoyen Président, « J'envoie à Ja Convention les sceaux et timbres de l'Etat du prétendu pays conquis par le soy disant Louis 17 pris par moy lors de mon entrée à Beaupréau.
« Le général de brigade, Westermann. »
(Autographe exposé au Musée des Archives Nationales.) (1)G. Babeuf, iJu système de dépopulation, etc. (^) Carrier l'avait défendu aux Jacobins en même temps que RonsiQ et Rossignol.
(3) Discours sur la faction Fabrc d'Eglantinc. Papiers de Robespierre publiés par Courtois, p. 206.
(4) l""' prairial, avec Francastel sous la présidence de Prieur (de la Côle-dOr). 11 le fut une seconde fois le 20 prairial.
(5) Moniteur du 26 prairial, réimpr., XX, p. 693.
(6) Berriat Saint-Prix, Justice révolutionnaire, p. LU. Pourtant le 11 prairial Carrier avait dénoncé les vues du triumvirat. Ce jour-là SUP
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L'heure sonna après Thermidor. Carrier se crutinatta- (|uahle parce qu'il avait crié: « Mort au tyran » et liué les vaincus, parce que « plus d'un mois avant le supplice de Robespierre il avait résolu d'abattre le dictateur (i) » ; dès le II (2) il levait le masque contre Jullien, appuyant Tallien qui reprochait à un jeune homme de dix-neuf ans d'être à la tête de l'instruction publique. « Sur ce jeune homme, dit Carrier, je ne saurais me taire en raison des crimes qu'il a manqué de faire commettre à monég-ard. Il avait écrit contre moi à Robespierre et j'étais sur la liste de proscription. » L'incident n'eut pas de suite(3), la Convention ayant passé à l'ordre du jour, mais dès lors Carrier avait repris son audace. — Nous le verrons à l'œuvre dans les clubs.
soa rapport la Convention avait suspondu l'exôcution de 4 jugement ilu tribunal criminel du Cantal et renvoyait l'examen de ces décisions lu Comité de Sûreté générale; trois parce que des aristocrates avaient lé acquittés ou faiblement condamnés, le quatrième parce qu'un pas triote avait été condamné aux l'ers pour faux. Moniteur, réimpres.,XX, p. GOii.
(1) Il s'en vante du moins dans son Rapport du 4 vcndém., p. 32.
(i) Monilcur. Réimpression, XXI, p. 3.')5.
(3) Jullien fut pourtant mis en prison, puis transféré dans une maison de santé sur la prière de son père Jullien (de la Drômo). 11 y était encore lorsqu'il vint témoigner au procès de Carrier.