‹ Les grands terroristes, Carrier à NantesChapitre 74 sur 124 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

LUTTE A NANTES ENTRE PHELIPPES ET LE COMITÉ RÉVOLUTIONNAIRE. — ARRESTATION DES DEUX PARTIS

Le procès de Lamberty avait fait apprécier au Comité l'avantag-e d'avoir sous la main un tribunal dévoué ou pour le moins accessible aux influences. Il comptait bien se servir de cette même commission du Mans dans sa lutte contre Phelippes puisque le départ de Prieur (de la Marne) — quittant Nantes sans rien conclure entre les deux partis et laissant la décision à prendre à son successeur Garnier (de Saintes) — rendait au Comité sa hardiesse. Il devait rencontrer des difficultés imprévues : Garnier avait refusé à son arrivée (26 floréal) de prendre une décision précipitée et d'autre part un décret de la Convention du 19 venait de supprimer tous les tribunaux révolutionnaires et commissions militaires établis par les représentants, réservant, sauf de rares exceptions (i), au seul tribunal révolutionnaire de Paris la connaissance des délits politiques. Ce décret ne pouvait g-uère agréer au Comité, aussi commença-t-il par écrire au Comité de Salut public pour demander le maintien provisoire des tribunaux révolutionnaires de la Commune.

Entre temps, amener l'arrestation de Phelippes par n'importe quel moyen était leur but; pour cela il suffisait d'une bonne dénonciation émanant d'un patriote honorable. Ils s'adressèrent à Thomas, officier de santé, qui avait, aux mauvais jours, montré de l'humanité, de l'in-

(1) Celui (l'Arras, où régnait Joseph Lebon, était maintenu.

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