LES POURSUITES CONTRE CARRIER
Carrier attaqué à la Convention. — Discussions orag'euses. — Merlin de Thionville, Laignelot et Lequinio. — Intervention de Carnot. — Décret darrestation contre Turreau, Grignon, Huchet. — Autorisation de poursuites contre les représentants. — La Commission des Vingt-et-Un.
L'attention publique se portait du côté du tribunal révolutionnaire où se déroulait l'interminable procès du Comité de Nantes. Le voile obstinément jusqu'ici jeté sur la mission de Carrier allait-il enfin être déchiré ?
En dehors du procès des Nantais, où tous s'étaient concertés pour le laisser dans la pénombre, son nom pourtant avait été officiellement prononcé à la Convention. Un député, dont le Moniteur ne donne pas le nom, mais qu'on croît être Lofficial, député des Deux-Sèvres (i), avait osé dès le 8 vendémiaire dire à la tribune : « On n'a conservé dans la Vendée que les g-énéraux qui ont commis le plus de scélératesses, ceux qui abusaient des femmes après qu'elles étaient mortes (2), ceux qui les envoyaient à la mort après en avoir joui, ceux qui faisaient fusiller les citoyens qui venaient demander justice. Il est temps de dire la vérité. La guerre de la Vendée n'a été rallumée que par les horreurs qu'on a commises dans ce pays.... Il est bon que vous sachiez. Citoyens, qu'un représentant du peuple, après avoir promis une amnistie aux habitants de ce pays, s'ils déposaient leurs armes, les a fait fusiller lorsqu'ils étaient désarmés (frémissements d'hor-
(i) Moniteur du H vendémiaire. — Barante, Convention, V.
(2) Ce fait, plus monstrueux encore que les autres, n'est pas prouvé ailleurs. Les tueurs de Nantes se contentaient de les envoyer à la mort, : une fois leur désir assouvi.