‹ Les grands timidesChapitre 12 sur 88 · Jièverigs, i' promenade · texte numérisé non relu

Jièverigs, i' promenade

des paroles sans idées, trop heureux quand elles ne signifient rien du tout. En voulant vaincre ou cacher mon ineptie, je manque rarement de la montrer ^>k

Soit l'exemple, « pris entre mille », d'une injure impardonnable qui lui échappe à l'adresse de M"'' de Luxembourg.

Ces « décharges explosives » de la timidité, comme les appelle Hartenberg-, ces impulsions, de quelque nature qu'elles soient, bouffonnes ou tragiques, ont toutes ce caractère commun d'être un « délire », une aberration, un coup de folie, un mouvement involontaire et fatal ; elles sont étrangères à la personne normale, elles paraissent venir d'un démon que le timide porte en lui, mais qui, à l'inverse de celui de Socrate, n'a que des inspirations malheureuses, n'est qu'un principe d'égarement.

Selon l'opinion courante, qui est aussi celle de Rousseau, ces impulsions seraient consécutives à l'elTort que le sujet fait pour vaincre sa timidité ; elles seraient la façon maladroite dont se traduit cet effort ; autrement dit, elles rentreraient dans les réactions ou effets de la timidité, au lieu d'en être le stimulus ou le principe. Le timide voudrait parler et agii', mais, ne sachant que dire ou que faire, il dirait ou ferait n'importe quoi, en vertu d'un liberum arbitrium indifferentiie. Explication simpliste et mal présentée, sinon fausse. En réalité, le timide ne veut pas dire n'importe quoi, mais il dit, sans le vouloir^ et sans pouvoir s'en empêcher, la prernière chose qui lui vient à l'esprit naturellement, involontairement. C'est d'ailleurs ce qui res-

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