‹ Les grands timidesChapitre 23 sur 88 · Confessions, part. I, liv. i · texte numérisé non relu

Confessions, part. I, liv. i

. « Il est déconcerté, en public; il ne l'est pas moins dans le tête-à-tête » à cause de « la nécessité de parlei' toujours ■: quand on vous parle, il faut répondre et, si on ne dit mot, il faut relever la conversation. Cette insupportable contrainte m'eût seule dégoûté de la société. Je ne trouve point de gène plus terrible que l'obligation de parler surle-champ et toujours. Je ne sais si ceci (encore) tient à ma mortelle aversion pour tout assujettissement; mais c'est assez qu'il faille absolument que je parle pour que je dise une sottise infailliblement*. ))

Ce n'est donc pas seulement que la contrainte pèse à Rousseau; mafs encore elle lui réussit mal, elle lui ôte ses moyens ; elle le rend stupide et g-affeur.

Il faut noter comme une particularité de son humeur, l'impossibilité de s'astreindre aune obligation quelconque, non pour ce qu'elle a de pénible, mais parce qu'elle est une obligation.. Il peut se livrer, en effet, à un travail, même rebutant, ingrat, mais il faut qu'il lui plaise de s'y livrer et qu'il s'y livre quand il lui plaît.

« Le travail ne lui coûte rien, pourvu qu'il le fasse à son heure, non à celle d'autrui. Il n'a jamais su assujettir (ses idées) ni rien produire qu'à son heure, à son aise et à sa volonté^. »

En revanche, il pourra faire et fera volontiers, de

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