‹ Les grands timidesChapitre 3 sur 88 · IV AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

IV AVANT-PROPOS

d'esprits, — les timides, —caractérisée par des individus de choix, qui se sont livrés, chacun pour leur compte, à une analyse méthodique, approfondie et précise de leur cas, et dont les observations comparées s'accordent dans le détail aussi hien que dans les grandes lig-nes. L'observation sur laquelle repose cette « i)hysiologie morale » est l'observation psychologique proprement dite, ï introspection, laquelle acquiert une valeur objective par la comparaisoîi des résultats quelle donne chez des sujets différents. Observations, collections, méthode comparative, tous les procédés de l'histoire naturelle sont donc ici rassemblés. Il n'y manque que la classification, qui n'avait point place en raison du petit nombre des individus étudiés ; encore faut-il dire qu'elleestirapliquéeetsous-entendue,sironaréussi, non pas seulement à g-rouper tous les traits de la timidité, mais encore à en déterminer l'importance relative et à les subordonner les uns aux autres, suivant le principe de Jussieu. N'eût-on fait qu'observer des rapports constants, sans en saisir le lien causal ou la dépendance logique, entre des traits comme l'émotivité, l'aboulie, la tendance à l'analyse introspective, la maladie de l'absolu, on aurait, par là même, établi une loi psycholog-ique analogue à la loi physiplog'ique du « balancement des org-anes », et rendu possible le diag-nostic de la timidité par le g-roupement de ses symptômes.

Mais on ne prétend pas s'astreindre à suivre la méthode des naturalistes. On a eu plutôt en vue d'instituer une « expérience ». C'en est une, en effet, au sens large du mot, que toute observation instructive, comme Claude Bernard l'a mag-islra-

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