‹ Les grands timidesChapitre 4 sur 88 · AVANT-PROPOS V · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS V

lement montré. Or, quoi de plus instructif et de plus probant, pour l'étude de la timidité, que de l'observer aux prises avec des personnalités d'élite, les moins faites en apparence pour y succomber, les mieux armées contre elle, les plus résolues à la vaincre, s'y employant avec toutes les ressources de l'esprit et de la méthode? Une maladie g-agne à être étudiée dans ces cas privilégiés où elle rencontre un org-anisme résistant. C'est là qu'elle déploie, si elle n'est pas enrayée, toute sa force dissolvante, ayant à l'exercer sur des organes et des fonctions intacts. On n'aurait jamais su, on n'aurait jamais pu entrevoir, même par conjecture, jusqu'où peut aller la timidité, si on ne 1 avait pas vue annihiler ou tenir en échec les dons les plus brillants chez des natures exceptionnellesi^joutons' que, par une rare bonne fortune.'^a timidité est une des maladies mentales qui se piêtent le mieux à l'analyse ; ceux qui en sont atteints étant ou pouvant être des sujets extraordinairement lucides et de plus, étant tous naturellement enclins à l'observation attentive et minutieuse de leur cas. Si donc nous choisissons des timides, — commeils'en rencontre, — parmi les esprits supérieurs ayant le don de l'observation et du style, il suffira de recueillir, de contrôler et de g-rouper leurs témoignages pour avoir une psychologie de la timidité.

Mais que sera cette psychologie ? Il ne manquera pas d'esprits rigoureux pour lui refuser toute valeur scientifique, comme fondée sur Vintrospectio7i. Mais on devrait savoir que l'introspection ou témoignage direct de la conscience est le point de départ de toute observation psychologique, même de celle

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