Rêveries, 8« promenade
DUGAS. — Grands Timides. 4
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Il renonce à vouloir, et par là il s'affranchit de
toute peine, ce qui est une façon d'être heureux.
Son abdication de la volonté est complète ; il quille
Tune après l'autre toutes les formes de l'action.
Il se libère d'abord des devoirs de la vie sociale ;
■ c'étaient ceux qui lui coûtaient le plus ; il nie qu'ils
/ soient des devoirs ; il affecte de les mépriser pour
\ avoir le droit de ne pas les remplir.
V « Jeté malgré moi dans le monde sans en avoir le ton, sans être en état de le prendre et de m'y pouvoir assujettir, je m'avisai d'en prendre un à moi qui m'en dispensât. Ma sotte et maussade timidité, que je ne pouvais vaincre, ayant pour principe la crainte de manquer aux bienséances, je pris, pour m'enhardir, le parti de les fouler aux pieds. Je me fis cynique et caustique par honte; j'affectai de mépriser la politesse que je ne savais pas pratiquer.]ll est vrai que cette àprelé, conforme à mes nouveaux principes, s'ennoblissait dans mon âme, y prenait l'intrépidité de la vertu ; et c'est, j'ose le dire, sur cette aug"uste base qu'elle s'est soutenue mieux et plus longtemps qu'on n'aurait dû l'attendre d'un effort si contraire à mon naturel ^ »
Orgueil et faiblesse, l'un dég-uisant l'autre, c'est, là tout Rousseau. Quand plus tard il se fait une loi] de ne suivre d'autre volonté que la sienne, de ne] relever que de lui-même, sous couleur de s'attacher à des principes, il ne fait qu'obéir encore aux sug-g-estions de sa timidité, relevée alors à ses yeux,i décorée du beau nom d'indépendance.
Pour se ramasser en soi, pour se dégager dej