VI AVANT-PROPOS
qui se donne pour objective. Qui donc, en effe.t, jiou^__aj^rendj;ci jçe guj£st^^ au cas où
nous ne l'aurions pas nous-mêmes observée en nous, si ce n'est le timide, d'après son expérience intime ? — Mais on accepte le malade comme témoin de sa maladie ; on en fait juge le médecin. Donc on acceptera le timide comme témoin, mais on le tiendra pour un témoin incompétent sur son cas et d'ailleurs partial en sa cause. — Peut-être faudrait-il distinguer ici entre les maladies. II en est qui altèrent la conscience et troublent le jugement, comme la folie; mais la timidité peut suspendre la raison, la rendre impuissante, sans action sur la conduite ; elle ne l'atteint pas autrement, elle lui laisse sa lucidité et sa droiture entières. Veut-on, cependant, qu'elle soit une sorte de folie ? bille est en tout cas momentanée, intermittente. Dans l'intervalle de ses accès, le timide a toute sa raison et, comme c'est alors qu'il s'observe et se juge, on ne voit pas de motif sérieux pour récuser son témoignage. Vjjntrospection n'est jamais que i^'trospection ou re/îexion : le sujet observe sa timidité, non pas au moment où il l'éprouve, mais après coup, quand elle est passée et il est alors calme, de sang-frojdj en état de la bien observer — Dira-t-on, enfin, que l'introspection a un caractère purement individuel, que chaque timide ne saurait analyser que son propre cas, et qu'il faut le croire sur parole, renoncer à vérifier ses observations, à contrôler son témoignage aussi bien qu'à en tirer des conclusions générales? — Je sais de bons esprits que cette thèse n'effraie point et qui sont prêts à soutenir que des monographies