‹ Les grands timidesChapitre 40 sur 88 · Adolphe, suh fine · texte numérisé non relu

Adolphe, suh fine

personne qui ne fût pas parfaitement son égale iMjur la fortune, la naissance et les avantages extérieurs ; mais, dureste, toutes les femmes, aussi longtemps qu'il ne s'agissait pas de les épouser, lui paraissaient sans inconvénient pouvoir être prises, puis être quittées ; et je l'avais vu sourire, avec une sorte d'approbation, à cette parodie d'un mot connu : Cela leur fait si peu de mal et à nous tant de plaisir !

« L'on ne sait pas combien, dans la première jeunesse, les mots de cette espèce font une impression profonde et combien, à un âge où toutes les opinions sont encore douteuses et vacillantes, les enfants. s'étonnent de voir contredire, par des plaisanteries que tout le monde applaudit, les règles directes qu'on leur a données. Ces règles ne sont [lus, à leurs yeux, que des formules banales que leurs parents sont convenus de leur répéter pour l'acquit de leur conscience, et les plaisanteries leur semblent renfermer le véritable secret de la vie'. »

On ne saurait analyser avec plus de profondeur 1 t démoralisation causée par des « propos légers ». Cette démoralisation ne vient pas tant des maximes adoptées, si choquantes qu'elles soient, que de l'ébranlement, sinon de l'écroulement, de toutes les bases morales de la conduite opéré, à celte occasion, dans une consciencejeune, enthousiaste et ardente.

C'est une forme de latimidité, si ce n'en est pas le principe ou l'essence même, d'abord de douter de ?oi, ensuite d'étendre et généraliser ce doute, de ne pas croire non plus aux autres, de se défier de la

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