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inutile ; il faut lui donner ce sens précis : « Vaincre sa timidité. » C'est ce que Stendhal dit nettement : me défaire « de ma timidité, chose absolument nécessaire pour que je paraisse moi-même ; jusque-là on verra un être gouverné et factice qui est presque entièrement l'opposé de celui qu'il cache* ».
Mais que faut-il pour être naturel? Se persuader qu'on n'a pas à redouter de l'être. Autrement dit, il suffit, pour vaincre sa timidité, de faire appel à la réflexion et au raisonnement pour se démontrer qu'on est fort, par cela seul qu'on croit l'être, ou plutôt qu'on se rend fort par la croyance en sa force. Ne pas s'effrayer, par avance, du parti à prendre, se fier à l'inspiration du moment, c'est ce qui s'appelle être naturel ou n'être pas timide.
« Je sens que, dans les choses de ma vie où je sens ma force, je suis disposé à ne point prendre de parti d'avance. Je suis sûr que, dans la circonstance, je ferai ce qu'il y aura de mieux.
« Je suis d'avis que c'est là le caractère de la force, parce que, dans les choses où je suis faible, je n'ai jamais fait assez de résolutions d'avance.
« Je suis donc d'avis que le caractère de la force est de se f... de tout et d'aller de l'avant ^ »
Est-ce à dire qu'il suffit de se croire fort pour l'être ? Non ; la théorie de l'idée-force ou de l'illusion bienfaisante est étrang-ère à Stendhal, mais il s'ag-it, selon lui, d'opposer à l'illusion désastreuse du timide, qui se défie de lui-même et doute de ses forces, avant de les avoir essayées, un acte de foi en soi-même légitime, fondé, qui est, en même temps,