P. Mérimée, H. B
STEXmiM.
« L'esprit indépendant ou, si ion veut, vagabond de Beyle se refusait, dit Mérimée, à toute contrainte. Tout ce qui gênait sa liberté lui était odieux, et je ne sais pas trop s'il faisait une distinction bien nette entre un ennuyeux et un méchant homme... Ses jugements sur les hommes et les choses lui étaient dictés, le plus souvent, par le souvenir de l'ennui ou du plaisir qu'il en avait éprouvé. Il ne pouvait endurer l'ennui... Il n'est sorte d'exagération que sa mauvaise humeur ne lui suggérât contre les livres ou les gens qui avaient eu le malheur de le faire bâiller. »
Dans « les réunions intimes et peu nombreuses,... entouré d'amis,... il s'abandonnait à toute la gaité de son caractère. Toujours en verve, parfois un peu fou, voire môme inconvenant, il faisait rire... » Mais « la présence d'un ennuyeux ou d'un esprit malveillant le glaçait et le mettait promptement en fuite. Jamais il n'eut l'art de savoir s'ennuyer. Il disait que la vie est courte et que le temps passé à bâiller ne se retrouve plus '. »
Il comprenait, parmi les ennuyeux, tous ceux qui n'étaient pas à son ton et troublaient le cours de ses pensées ou de ses rêveries.
« Une rêverie tendre en 1821 et 'plus tard philosophique et mélancolique... est devenue pour moi un si grand plaisir que, quand un ami m'aborde, je donnerais un boulet pour qu'il ne m'adressât pas la parole. La vue seule de quelqu'un que je'connais me contrarie. Quand je vois un tel être de loin et qu'il faut que je pense à le Sc^iuer, cela me contrarie cinquante pas à l'avance. »