Chardin, — Descamps, — Lépicié, — J. de Troy
S AL Y, profils in-4 d'après Gochin. — Coqueley de Chaussepierre, — Feray, médaillons in- 18 d'après Gochin.
2. Eugénie, ou la Noblesse, vignette allégorique iu-4, d'après
Cochiu, nSO. (Minerve, le médaillon de Marie-Thérèse, et Marie- Antoinette debout.)
3. Frontispices d'après Gochin pour les Satires de Perse, Térence. —
Vignettes pour VHisloire de France du Président Hénault. — Vignettes d'Eisen pour Lettre de Gabrielle d'Estre'es à Henri IV. — Vignette de Le Prince pour les Saisons, 1769.
4. Vignettes de Gravelot pour la Bibliothèque des artistes et des ama-
teurs, de l'abbé de Petity ; pour les Œuvres de Voltaire , in-4 ; pour Racine (les Plaideurs) ; pour Tacite, la Pharsale, la Gerusa- Icmme liber ata, la Secchia rapita, les Contes moraux de Marmontel, V Iconologie. — Vignettes de Gravelot et Monnet pour les Métamorphoses d'Ovide de l'769-'71.
C'est dans les Métamorphoses d'Ovide que Rousseau a gravé Pan cl Syrinx , illustration où Cohen a cru voir Pan dans un état « brillant ». Le mot est resté célèbre parmi les bibliophiles.
ROY (Cl.).
Cl. Roy a gravé pour le fonds d'Odieuvre les portraits iii-8 de Marie Leczinska , le Cardinal de Fleur y, Pier?^el, Anr.e Ivanovna , le Cardinal Dubois , le Roi Stanislas , Don Carlos roi de Naples , Cha?-les- Emmanuel de Savoie , Molière , Bossuei , Boileau , etc.
Un grand portrait, in-fol., de Jean-Baptiste Vinallier Candide, dessiné, grave et offert en 1743 par son très obligé serviteur, Cl. Roy, après le recouvrement de sa veûe, avec ces vers :
Toi qui de Candide contemple ici V Image Aprens que de ma Veue il est Restaurateur Que si de mon burin à présent je fais Usage Après Dieu c'est de lui que je tiens ce Bonheur.
Une jolie adresse : Cartouche d'arabesques avec un château-fort : Au Chasteau bien armé. Chasteau , arquebusier de la l"'" C^ des ^nousquetaires de la garde du Roy, rue des St-Pères. Inv. et grav. par Roy, gr. sur tous métaux.
Il y a un autre Roy, qui a gravé avec Malapeau des figures de la Folle Journée (1785), etc.
RUOTTE (Louis-Charles;
Né à Paris , Ruotte y reçut des leçons de Le Mire ; il passa ensuite quelque temps en Angleterre . apprenant le pointillé sous la direction de Bartolozzi.
Il a gravé les portraits de la Princesse de Lamballe , d'après Danloux (1791), de Louis XVI, du Dauphin , d'après Sauvage , de Caroline, Princesse de Galles . d'après Cosway, du comédien Alhouy- Dazincouri, de Palloy, Dalayrac, i¥"* Raucouri, Piis, M™* Gonthier, Derivis, Buonaparte.
Des estampes : le Retour de vendange , le Panier renversé, d'après Challe ; la Comédie, Jeune femme tenant une lettre, d'après Fragonard (1793); la Leçon inutile, d'après Vangorp ; Cecilia et Meiella. le Mariage samnite et F Amour conduit par la Folie, d'après Monsiau ; les Mariages samniies , d'après Boizot ; la Liberté, patronne des Français , d'après Boizot ; la Liberté ci V Égalité unies par la nature, la Liberté et V Egalité au sein d'une famille, la Tête de la Liberté, V Union , la Paix , frontispice de la collection Bonneville, Le Bœuf à la mode, VÉcot , la Rencontre des incroyables. Principes de dessin, d'après Le Barbier. Plusieurs pièces sur Paul et Virginie, in-8, assez jolies.
RYLAND (William-Wynne).
Type heureusement unique : le graveur pendu comme faussaire.
Ryland est ne à Londres en 1732. Après avoir eu pour premier maître Simon-François Ravenet , il vint à Paris suivre les leçons de François Bouclier et les enseignements de Le Bas. Pendant les cinq années qu'il y passa, le jeune artiste anglais exécuta beaucoup de travaux : deux Paysages à Teau-forte, d'après son maître Boucher, in-fol. en largeur ; Jupiter et Léda, et les Grâces au hain , belles estampes d'après Boucher. — La Belle Dormeuse^ Berger passant une rivih^e, à l'eau-forte. — Le Repos champêtre et Vue d'un pont. 2 p. — Vignette d'après Gravelot . pour Adèle, Comtesse de Ponthieu, tragédie de La Place.
De retour à Londres, il grava le portrait du roi Geot^ge III, d'après Ramsay, et de la reine Charlotte^ d'après Coates. Il fut nommé graveur du roi d'Angleterre avec 2,000 livres de pension annuelle.
Ryland fut un des premiers à introduire en Angleterre le procédé du pointillé de couleur qui devait avoir un si prodigieux succès. Il a surtout gravé ainsi les compositions d'Angélica Kauffmann. —
Patience. — Persévérance. — Maria (Sterne, Sentim. Journey). — Télémaque reconnu à la cour de Sparte. — Achille pleurant la mort de Patrocle. — Pénélope embrassant Télémaque. — Le Jugement de Paris. — Le Triomphe de Vénus et de l'Amour. — L'Amour enchaîné par les Grâces. — Deux Nymphes éveillant V Amour. — Offrande au dieu Pan. — Cléopâtre portant des fleurs au tombeau de Marc- Antoine. — Junon et Vénus. — Fem,me portant une urne funéraire. — Dômes tic em,ployment. — Morning amusement. — Portrait de la Duchesse de Richmond. — Hope. — Faith, etc.
Les muses Érato , Uranie , Clio et Tfialie , d'après Gipriani, 4 p. — Narcisse, petite estampe manière du crayon, Ryland del et se. (1775). — L'Enfance, pièce ronde, id. — Collection of Prints in imitation of drawings, pub. by Ch. Rogers , 2 vol. in-fol. avec un portrait de Rogers, en mezzotinto. comme frontispice. — Diplôme de l'Académie de peinture de Londres, au pointillé, rond.
Ratification de la grande Charte, d'après Mortimer, planche commencée par Ryland et terminée en 1785 par Bartolozzi. — 11 y avait, en effet, de bonnes raisons pour que Ryland ne la terminât pas. Lancé dans de grandes affaires d'imprimerie . ayant des besoins considérables , le graveur se laissa aller à contrefaire des Banknotes. Poursuivi sous la « presuynption offorgery », il fut condamné à être pendu et exécuté en 1783. Il est regrettable que la peine n'ait pas été commuée en considération de son talent . et que la honte de son supplice n'ait pas été épargnée à la Gravure.
SAINT-AUBIN (Augustin de
Augustin de Saint-Aubin, né à Paris le 3 janvier 1736, était l'un des quatorze enfants du brodeur du roi Germain de Saint- Aubin, originaire de Berneux en Beauvoisis, et de Catherine Himbert. Dès son plus jeune âge il se sentit le goût des arts ; en pouvait^il être autrement dans une famille où trois frères, ses aînés, Charles-Germain , Gabriel et Louis de Saint- Aubin l'encourageaient de leur exemple? D'ailleurs il était de ceux qui ont reçu du ciel « l'influence secrète » : une fée, étendant sa baguette sur ce prédestiné, lui avait donné le pouvoir magique de communiquer la lumière et l'esprit à tout ce que tracerait son crayon ou sa pointe. Grâce à cette merveilleuse quaUté, Saint-Aubin allait devenir un des plus étonnants et des plus illustres artistes du Siècle de la Vignette.
Ce fut Gabriel qui lui mit le crayon à la main et le rompit à la pratique du dessin. Quant à ses premiers travaux de gravure, ce sont ceux de tous les débutants : quelques insignifiantes copies d'estampes . quelques croquis ou paysages griffonnés sur un bout de cuivre : essais dont Télève ne tii^e, pour se
rendre compte , qu'une épreuve, jetée bientôt au fond de quelque carton d'où elle ne sortira que dans cinquante ans, lorsque l'artiste devenu célèbre voudra reconstituer son œuvre.
Aujourd'hui on s'arrête avec trop de complaisance à ces barbouillages que Saint -Aubin, lui. appelait carrément des « drogues ». Pourtant il faut noter au passage la toute première gravure de Saint-Aubin âgé de seize ans : une carte d'invitation pour un Concert bourgeois rue Saint- Antoine, et une petite eau -forte, l' Indiscrétion vengée, où se voit dans un salon une réunion de femmes élégantes. Dès à présent on devine la voie que choisira Saint- Aubin : il laissera à d'autres l'interprétation des œuvres du passé, et nous aurons un nom de plus à ajouter à la liste déjà si longue des artistes qui se sont faits tout simplement les observateurs et les peintres des hommes et de la société de leur temps : ceux-là nous ont rendu un service inestimable : ils ont fait, tout simplement et sans s'en douter, de l'histoire.
En 1755, Saint-Aubin entre dans l'atelier de Fessard et bientôt remporte la première médaille au concours de dessin de l'Académie royale.
Ses travaux d'élève offrent encore peu d'intérêt; que nous importe que ce soit lui le véritable auteur des portraits de Malherbe , du médecin Peyssonnel , de Mirabeau Vami des hommes , de il/"* de Veny, signés de Fessard? Ce n'est point cela qui ajoutera rien à sa gloire.
Piètre école pour un Saint-Aubin que celle d'un Fessard ! Le jeune homme piétine sur place, il est plutôt le collaborateur que l'élève de son maître : il
SAINT-AUBIN (Augustin de). 42<
grave pour lui l'eau-forte de la Feste flamande de Rubeiis, probablement aussi celle à\iBal de St-Cloud, le portrait du Duc de Chevreuse, d'après Carmontelle, et peut-être également celui du Coiiite de Dunois ; Fessard lui fait dessiner une Vue de la chapelle des Enfants-Trouvés pour accompagner ses quinze estampes des peintures de Natoire , et l'admet au triste honneur de terminer le portrait d'Inès, la petite chienne de M™^ de Pompadour.
Entre temps , Saint-Aubin fait connaissance avec Gravelot , et débute dans rillustration par la gravure de quelques fleurons du Décamé) -on et de V Histoire des Juifs, sur lesquels Fessard ne met plus « qu'un impertinent direxit ».
Bientôt il commence à pubUer ses propres compositions : des cahiers de types comme la Pt^ovençale , VAbbé Blondin, la Fruitière, Biaise, Colin, Colette', il s'amuse à jeter sur le cuivre des études de petits personnages, le riche financier appuyé sur sa canne, le sémillant officier, la jeune danseuse; il fournit au magasin de la veuve Ghéreau rue Saint- Jacques, aux deux piliers d'or, une suite de six Habillements à la mode de Paris en Vannée 1761.
La même année voit paraître , chez le même éditeur, deux estampes qui assurent la vogue du dessinateui' : le Tableau des po7^traits à la 7node , curieuse revue du public qui se rend aux boulevards, et la Promenade des Rempa7is de Paris, panorama vivant et remuant des boulevards avec la longue file des voitures , la foule des promeneurs, les consommateurs assis devant un café au Ironton décoré de lanternes chinoises. Les deux estampes ont été
gravées par Courtois, qui les commente par des vers de sa façon :
Que f aime à contempler sur ces Remparts charmants
Le Caprice du jour et les Hommes du tems.
J'y vois au fond d'un char la stupide Opulence
A peine d'un regard honorer l'Indigence.
fy vois le Financier trancher du Monseigneur,
La Coquette aux yeux faux, la Prude au ris mocqueur...
Un peu plus tard Saint-Aubin ira prendre des modèles dans les crocheteurs et décrotteurs, et fera graver par Tilliard, son camarade de l'atelier Fessard, une suite de sept pièces : Mes Gens, ou les Commissionnaires ultramontains, au service de qui veut les payer ; il fixera aussi, dans six planches amusantes, les Jeux des petits polissons de Paris.
Et comme les plus grands artistes ne dédaignent point alors d'employer leur talent à des babioles , ex-libris, adresses , bordures de lettres, à ces mille riens dont ils savent si bien faire quelque chose. Saint- Aubin, lui aussi, enjolive les adresses du libraire Quillau, et du luthier Cousineau, les étiquettes du pharmacien Duparc, foui*nit à Slodtz un motif d'encadrement pour le Répertoire du spectacle de Fontainebleau , que Martinet gâtera en le gravant, prépare des petits Sujets à coller sur les tiroi^'S d'histoire naturelle du Duc de Chevreuse, jette en tête du Catalogue des Coquilles du Marquis de Bouniac, et du Catalogue de la Collection Heinecken des petits frontispices si jolis et dont le succès est tel que depuis on les utilise en tête de plus de dix autres catalogues, dessine des encadrements de billets de mariage, grave les ex-libris de F. de La Rochefoucauld, de Louis de
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Meslin elle sien propre : un petit amour qui porte une banderole sur laquelle on lit Ex-libris Augustin de Saint- Aubin. Tout est prétexte à gravure, ne voilà-t-il pas un Billet pour la comédie italienne signé Saint- Aubin ? Mais ces pièces sont , après tout , peu nombreuses dans l'œuvre de notre artiste qui n'y insista pas autrement , et ce n'est point lui que nous donnerons comme le grand maître du genre. Rendons à Ghoffard ce qui appartient à Ghoffard.
La vraie manière de Saint-Aubin ne s'est pas encore dégagée. Depuis longtemps il a tiré de Fessard tout ce que celui-ci pouvait lui apprendre. Il change alors d'atelier et entre chez Laurent Gars. A la même époque il fait un mariage d'amour. Jeune, bien tourné de sa personne, d'un caractère honnête et doux, d'un esprit agréable et cultivé, artiste de talent, bon musicien, recherché dans le monde, il n'est pas étonnant qu'il ait plu à Louise-Nicole Godeau, une jolie femme à la beauté un peu matérielle, mais au minois charmant et provoquant , si c'est bien elle que son mari a voulu représenter dans les estampes Au 7noins soyez discret et l' Hommage réciproque. Le mariage eut lieu en 1764 ; quatre enfants en naquirent, qui n'ont point vécu.
L'influence de Gars sur Saint-Aubin fut décisive. Il prit immédiatement cette touche éclatante d'eau-forte, qui désormais sera la caractéristique de son talent et qui apparaît nettement dans l'estampe de Vertumne et Pomone, d'après Boucher, gravée en 1765 et dédiée à Laurent Gars par son élève Saint-Aubin.
En môme temps , il aborde un genre qui devait être son triomphe, le portrait : prompt à saisir la ressem-
i24 LES GRAVEURS DU XVIIP SIÈCLE
blance, il se fait une manière à lui de rendre le grain de la chair ; bientôt il est un maître, son I)ide?'oi en lait foi. « Diderot » raconte Grimm dans sa correspondance du 15 janvier 1767, « étant il y a quelque temps » chez Greuze, celui-ci le fit asseoir et tira son profil. Le » philosophe s'attendait toujours à recevoir du peintre » ce profil en présent; cependant ce profil avait disparu » de l'ateher de l'artiste sans aiTiver dans le cabinet » du philosophe. Enfin , un beau matin celui-ci reçoit » le dessin , et la planche gravée d'après ce dessin, et » les cent premières épreuves tirées. Greuze a mis au » bas de l'estampe tout simplement Diderot. EUe a » été gravée par Saint-Aubin, et c'est un chef-d'œuvre » do gravure. C'est dommage que la ressemblance et » la physionomie n'y soient point du tout. Un certain » barbouilleur de la place Dauphine, nommé Garand, » a fait pour moi un profil cent fois plus ressemblant. » On demanda un jour la raison pourquoi les peintres » d'histou^e réussissaient si peu dans le portrait? » Pierre répondit : c'est parce que c'est trop difficile. »
Le voilà lancé et en plein succès : le Duc de Courlande, dont il fait le portrait en 1770, est si satisfait qu'il veut s'attacher Saint- Aubin et l'emmener avec lui en Saxe , mais l'artiste refuse diplôme et pension. Gars engage son élève à briguer l'Académie : présenté par Cochin, il est agréé tout d'une voix. On rapporte qu'en sortant de la séance, Caffiery dit au nouvel agréé : // ne sera pas dit que vous serez exempt de fève noire , voici celle que je vous réservais.
Saint-Aubin resta toujours agréé ; il avait préparé pour morceau de réception deux grands portraits ,
SAINT-AUBIN : Augustin de ). 425
LeMoyne, d'après Tocqué, et L. de Siloestre, d'après Greuze, qui ne furent point achevés.
C'est l'époque où l'art de la vignette est à son apogée. En quelques années , de 1767 à 1773, que de merveilleux livres mis aujour ! Saint-Aubin, nous l'avons vu, s'était exercé dans ce genre : quand vint la publication des Métamorphoses d'Ovide il reçut en partage des dessins de Bouchera graver: l^ Enlèvement d'Europe. Diane et Aciéon, l'Aurore et Cèphale, il réduisit aussi à l'eau-forte, pour être terminés par Le Veau, VEducation de Bacchus et Vertumne et Pomone. 11 n'y a point à marchander : ces illustrations sont de purs chefs-d'œuvre, la touche en est étonnante de brillant , d'esprit , de lumière. L'art de la vignette, ainsi compris, s'élève si haut qu'il force l'admiration : il n'est plus permis de n'en pas tenir compte : ne point le connaître ou le dédaigner, c'est supprimer de propos délibéré le côté le plus original peut-être et le plus joli de l'art français au XVllP siècle !
Saint-Aubin, en vignettes , est à peu près exclusivement le graveur de Cochin ; et jamais Gochin n'a été ainsi traduit , pas même par Prévost son graveur de prédilection : voyez ce frontispice de l'Origine des Grâces , et cet autre frontispice pour les Quatre Poétiques de l'abbé Batteux {Rien nest beau que le vrai), et Pandore, cette petite vignette qui se trouve en tête de Y Essai sur les femmes, de Thomas.
C'est l'heureuse époque du talent de Saint- Aubin ; c'est en cette fameuse année 1773 ( l'année des Fables de Dorât , du Molière de Bret et des Cfiansons de La Borde) qu'il pubhe son chef-d'œuvre, le Concert et le Bal paré, célèbres estampes où il eut « l'heureuse