BEAU BLÉ
Beaublé était un simple graveur en lettres, qui inscrivait au bas des estampes les légendes, et sous les portraits les quatrains flatteurs et la plupart du temps ridicules. Si nous mentionnons ici le graveur du Régulateur des Ecritures française et anglaise, c'est que ce calligraphe est l'auteur d'une curiosité recherchée des collectionneurs qui réunissent les portraits de Marie-Antoinette : nous voulons parler du portrait de la reine, dédié et présenté au roi par J.-P. Prunet, de Y Académie royale d'écriture, 1777, gr. in-fol. Elle est en grande coiffure, de profil à gauche, gravée d'un seul trait de plume.
Le nom de Beaublé se trouve seul , à titre de graveur de lettre, dans un opuscule très-curieux intitulé : Fille et garçon Hermaphrodites, où cette bizarre libéralité de la création est décrite comme vue et dessinée d'après nature par un des plus célèbres artistes. Les amateurs n'hésitent pas à reconnaître le crayon de Moreau le jeune, et le burin de Le Mire, dans les deux étranges figures qui ornent cette brochure.
BEAUMONT (Pierre-François;
Cet artiste , élève de Gaspard Duchange , était graveur ordinaire de la ville de Paris et demeurait au milieu du Pont-Notre-Dame , au Griffon aVor couronné. Beaumont a surtout gravé d'après Philippe Wouvermans , qui paraît avoir été son maître préféré {Apparition de l'Ange aux bergers , Halte de Cavalerie , Halle flamande , Dêftlè de Cavalerie , Course de bague flamande, le Maréchal en exercice, les Nageurs , la Pêche , le Repos , le Retour de Chasse , Restes d'Année décampée , le Voyageur altéré) , et d'après Jean Breughel. Les tableaux appartenaient au comte de Bruhl, à M. de Julienne, au comte de Vence, à Winckler, à la comtesse de Verrue. Toutes ces estampes, ainsi que des Sujets de chasse d'après Noël- Nicolas Coypel , se retrouvent dans les Recueils du fonds Basan , qui lui en avait acheté les cuivres En fait de portraits, signalons celui de Madame Favarl, en pèlerine, d'après Allais.
Beaumont est mort en 1769.
Il y a aussi un graveur amateur du nom de Beaumont , officier aux gardes-françaises.
Les BEAUVAIS.
Il faut distinguer, dans les artistes graveurs du xviii0 siècle portant le nom de Beauvais, trois personnalités différentes :
Nicolas-Dauphin de Beauvais, graveur au burin, né à Paris en 1687, élève de Jean Audran, mort dans la même ville en 1753. C'est lui qui a signé le beau portrait de Juste Aurèle Meissonnier, d'après luimôme , in-fol.
C'est à lui qu'on doit attribuer la gravure de six pièces des Fables de La Fontaine , illustrées par Oudry, Paris , 1755 , in-fol. ( le Pâtre et le Lion , la Jeune Veuve, r Éléphant et le Singe de Jupiter, etc..) — Une pièce de la suite de Bon Quichotte, in-4. — h' Enlèvement de Ganimède, jolie pièce d'après Le Sueur et le dessin de B. Picart, planche qui fait partie de la Galerie du Président Lambert, in-4. — La Vierge, St-Georges et d'autres sujets d'après le Corrège , pour la Galerie de Dresde.
Enfin N.-D. de Beauvais est l'un des graveurs de la grande Galerie de Versailles , où ont été reproduites sous la direction de J.-B. Massé et d'après ses dessins, les peintures décoratives de Charles Le Brun. Beau-