IV AVERTISSEMENT
l'existence simple desquels on peut dire « qu’elle n’a pas d'histoire ». Cependant nous l'avons tenté; nous avons puisé nos renseignements aux sources les plus sûres, dans les ouvrages spéciaux, dans les mémoires du temps, correspondances , monographies peu connues, articles nécrologiques, actes de l’état-civil , notices cachées dans les catalogues de ventes après décès, et dans les travaux sur la gravure de Gaucher, de Ponce, de Choffard , enfin dans les ouvrages récemment publiés.
Nous avons aussi parcouru les Procès -Verbaux de l’ancienne Académie encore inédits pour le xvin‘siècle, glanant tout ce qui pouvail se rapporter à nos graveurs ; la Correspondance du Directeur des Râtiments du Roi, jnsqu'ici peu fouillée. En prévision de ce travail, nous réunissions également depuis plusieurs années tout ce que nous avions pu rencontrer de contrats passés par les graveurs, de reçus du prix de leurs planches, d’autographes pouvant éclairer d’un jour nouveau leur caractère ou leurs ouvrages. Ces lettres intimes, ces feuilles volantes échappées avec leur orthographe fantaisiste, sans arrière-pensée de publicité future, à leur main plus habituée à manier le
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burin que la plume, nous ont paru comme une bonne fortune pour notre publication, estimant que rien n’est plus propre à faire connaître et apprécier les artistes. La bienveillante complaisance de quelques amateurs nous est venue en aide dans cette recherche, et leurs collections se sont ouvertes toutes grandes pour nous. Remercions ici MM. le baron Pichon, E. Cottenet, J. Guiffrey, pour les pièces intéressantes qu’ils ont bien voulu nous communiquer. Acquittons également notre dette de reconnaissance envers les amateurs dont les bibliothèques et les collections de gravures ont été si libéralement mises à notre disposition : MM. le baron J. de Rothschild, Eugène Paillet, Louis Rœderer, Mühlbacher, Foulc, ete. Nous devons tout particulièrement remercier M. Duplessis et ses collaborateurs du Cabinet des Estampes, de la complaisance inépuisable avec laquelle ils ont aidé nos recherches dans les collections de la Bibliothèque Nationale.
Une fois le graveur et son existence étudiés d’une façon générale, il s’agit de faire connaître son œuvre: pour cela. nous indiquons dans les notices mêmes les pièces qu’il a gravées, et si
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l’artiste a de l'importance, nous joignons à la notice un catalogue raisonné, établi dans une forme très concise et qui doit permettre de se rendre facilement compte, au premier coupd'œil, de l’ensemble de ses travaux. De la sorte, nous avons l’espoir que notre livre pourra demeurer pour les amateurs un instrument de travail.
D’ordinaire les ouvrages spéciaux énumèrent les œuvres d’un artiste sans les apprécier. Il nous à semblé qu’il y avait avantage à faire connaître non pas tant ce qu'un graveur à produit que ce qu’il a produit de bon. Pour cela, nous nous arrêtons toujours plus parliculièrement sur les belles pièces dans chaque genre, &t dans les Catalogues nous appelons l'attention sur elles au moyen d’une disposition typographique qui consiste à en imprimer les titres en lettres capitales. Cette innovation nous parait avantageuse : elle met les estampes célèbres bien en vue, et l’on ne paraît pas ainsi accorder la même importance à une production de premier mérite et à une pièce sans valeur.
Quand on sait ce qu’un artiste a gravé, et ce qu’il a gravé de plus estimable, la troisième chose à connaître, c’est l’état dans lequel il est