‹ Les graveurs du dix-huitième siècleChapitre 223 sur 275 · COYPEL (CHARLES · texte numérisé non relu

COYPEL (CHARLES

Les quatre peintres Coypel ont tous essayé de la gravure.

Noël Coypel, né en 1628, mort en 1707, appartient au XVII: siècle. Il a gravé une Sainte Famille et la Vierge et l'Enfant Jésus.

D'Antoine Coypel, fils de Noël, né en 1661, mort en 1722, on a une Judith, in-4, estampe à l’eau-forte inventée peinte et gravée par A. Coypel et terminée au burin par Simonneau l’ainè, un Democrite, un Ecce Homo et un Satyre lutiné par des Amours, le Triomphe de Galathée, Bacchus et Ariane, planches également gravées à l’eau-forte par le peintre et terminées par divers graveurs.

Noël-Nicolas Coypel, fils de Noël, mais d’un second lit, né en 1692, mort en 1734, a signé une Sainte Thérèse en extlase, une Femme caressant une Colombe, et quelques autres pièces.

Enfin l'illustrateur du livre de Moncrif sur les les Chats, l'auteur des compositions de Don Quichotte, Charles Coypel, fils d'Antoine, qui est plus particulièrement de l’époque qui nous occupe, nous a laissé quelques gravures : une suite des Muses, in-4, de

neuf pièces naturellement ; / Amour Précepteur et l'Amour Ramoneur; l’épigraphe de cette dernière estampe doit être de lui, car il avait la prétention de trousser galamment de petits vers :

Vous qui faites cas de l’hoñeur, Fillettes dont l’âme est bien née, De ce dangereux ramoneur Gardez bien votre cheminee !

Quelques petites pièces dans le goût de Watteau parmi lesquelles on remarque celle-ci : Petit Maitre faisant semblant de penser. et des caricatures de vieilles femmes; l'Histoire d'une Dévotle est une amusante suite due à sa verve satyrique ; elle comprend : 1. La Dévote va à la messe, 2. Elle s'offre en holocauste , 3. Elle querelle sa servante, 4. Elle calomnie son prochain.

L'Abbé de Maroulle , ce sicilien antiquaire qui était venu s'installer à Paris, dessiné el gravé par son amy Ch. Counpel 1726, ovale in-4 est un intéressant portrait d’amateur.

Huber malmène assez vivement Charles Coypel : « Il fut élève et imitateur de son père, mais avec une » très-grande infériorité. La faveur l'éleva à la place » de premier peintre du roi et de directeur de l'Aca- » démie. Son grand défaut que rien ne peut réparer >» était de manquer absolument de caractère. Il quitta » l'histoire pour la bambochade et se trouva encore > inférieur à ce genre. À l'exemple de son père, il a » aussi cultivé les belles-lettres, et il a beaucoup écrit > en vers et en prose, et il n’y a pas mieux réussi que > dans les beaux-arts. »

Les CRÉPY.

JEAN CRÉPY , le père, était marchand d’estampes à Paris , au commencement du siècle dernier ; ila gravé, nous apprend Heinecken, « quantité d’estampes en > forme de tabatières qui étoient dans ce temps en » vogue. » Ces petites pièces sont assez finement pointillées et représentent pour la plupart des sujets galants.

Les portraits de Crépy père, d’une exécution bien ordinaire , sont quelquefois intéressants par les personnages représentés. Citons le chancelier d'Aguesseau, Louis XIV, Bernard de Fontenelle, Claude de Sainte Marthe, le financier Law, le diacre Péris, Godet- Des-Marais , évêque de Chartres (l’un des examinateurs du livre de Fénelon, les Maximes des Saints) , l'Abbé de Rancè, Houdart de la Motte, le cardinal de Noailles , etc... de formats divers.

Enfin il faut remarquer pour leur gentillesse et leur extrême finesse , une série de très petits portraits de princes de la famille royale de France , de forme ovale, entourés d'un petit orrement, parmi lesquels on distingue /e Duc de Berry, le Prince et la Princesse de Conty, le Duc et la Duchesse du Maine, le Duc

et La Duchesse de Bourgogne, le Duc et la Duchesse de Chartres, etc.

Crépy père eut plusieurs adresses et demeura successivement , Rue Saint-Jacques, vis-à-vis le Miroir : Devant la rue du Plätre, à Saint-Pierre, et Cloître Saint-Benoîl, au Lion d'Argent.

Louis CRÉPY, son fils, né à Paris, graveur et éditeur, a gravé d'après Watteau la Perspective, qui représente une vue du jardin de Crozat à Montmorency , l'Escarpolelte , le Triomphe de Céres, les Délassements de la Guerre, le Qu'en Dira l'on, et un curieux portrait de Walteau, lui-même , qui le représente à l'âge de vingt ans environ; au bas se trouvent ces vers :

Avec un air aisé si vif et si nouveau

Walteau dans ce qu’il peint montre tant de génie Que les moindres sujets de son heureux pinceau Des grâces, des amours semblent tenir la vie.

Crépy fils à aussi retouché des Dessus de Clavecins d'après Gillot, gravés à l'eau-forte par le comte de Caylus.

Il a gravé quelques portraits , {a Duchesse de Lesdiguières, Louis XV, d'après Van Loo, im-fol. l'archevêque de Paris de Vintimille.

Enfin un grand nombre de pièces, surtout de portraits, portant l'adresse des Crépy, n’ont pas été gravées , mais seulement éditées par eux.

Il y avait encore pendant la Révolution un éditeur d'estampes du nom de Crespy, et il a publié un certain nombre des pièces de circonstance qui parurent à cette époque.

Page 1