‹ Les graveurs du dix-huitième siècleChapitre 224 sur 275 · CROISEY · texte numérisé non relu

CROISEY

Croisey , graveur et éditeur, qui tenait boutique quai des Augustins à la Minerve, est l'auteur d’un portrait de Marie-Antoinette, Dauphine de France auquel on doit accorder quelque attention, car c’est un des meilleurs et des plus gracieux qui aient été exécutés de la jeune princesse. Elle est représentée de troisquarts à gauche, la coiffure demi-haute, bouclée et ornée de perles, un nœud de rubans autour du cou, l'ovale du portrait est entouré d'un cadre richement orné avec roses , fleurs de lys, carquois , flambeaux . etc. Cette pièce rare à rencontrer en belle épreuve , paraît former le pendant du portrait du Dauphin infol. gravé par Gaucher.

Croisey a signé l'adresse de Leduc, Maître Sellier el Bourrelier de Monseigneur Le Duc de Chartres , Fail el Vend toute Sorte d' Equipages Anglaise des plus à la Mode, Rue Sainte-Anne, Bute Saint- Roch, à Paris.

On remarque aussi le nom de Croisey sur un trèsgrand nombre de cartes géographiques.

CROISIER (MaRiIE-ANNE).

Cette élève d'Augustin de Saint-Aubin a gravé une très-jolie pièce qui représente, dans trois petits médaillons enguirlandés le duc d'Orléans, le duc de Chartres (depuis Égalité ) et la duchesse de Chartres On lit dans la marge imprimée : Un bon Prince est aimé jusque dans ses Enfants. L'eau-forte, exécutée tout-à-fait dans la manière de Saint-Aubin, a été vendue en 4876 comme portraits de Louis XV, Louis XVI et Marie-Antoinette. Mais c'est là une erreur incontestable.

Marie-Anne Croisier avait débuté par des estampes d’après les maîtres : Vénus corrigeant l'Amour, d'après Rubens, et le Jeune Faune Amoureu® , d’après Coypel, in-fol. en rond. A la Révolution, elle tombe dans les pièces politiques, sur l’administration de Necker, la Fête en l'honneur de l'Étre Suprême , etc.

Citons encore un portrait de l'Abbé Fauchet, dont Saint-Aubin a évidemment gravé l’eau-forte.

En parlant du graveur Louvion, Reñouvier, qui n’est pas toujours galant, dit que sa poinle sale rappelle celle de Mel Croisier.

CROUTELLE (Louis).

Croutelle appartient à la catégorie des artistes dont le bagage se compose de quelques vignettes. On peut dire d'eux qu’ils n’ont pas d'histoire, mais le bibliophile n'en doit pas moins pieusement recueillir leurs noms. Formé par De Launay qui naturellement l’a associé à la gravure des figures de Marillier pour /e Cabinet des Fées et les Voyages Imaginaires, la pièce la plus intéressante pour les bibliophiles qui soit signée du nom de Croutelleestun portrait allégorique de Voltaire, (dans une composition qui a pour légende : Z4 ôte aux nations le bandeau de l'erreur) dessiné par Moreau le jeune, et qui se joint à la suite des figures de l'édition de Kehl. Cette élégante composition est d’une insigne rareté avant la lettre ; l’eau-forte pure porte la signature du graveur Pauquet, Croutelle s’est donc borné à terminer la pièce.

Très fin petit portrait de C. F. Tripier-Lefranc, né à Versailles le 24 août 1760.

Moraliste agréable et Fabuliste sage, Ainsi que La Fontaine il doit étre cité :

Et la reconnaissance en traçgant son image À pressenti le vœu de la postérité.

MouTox.

Croutelle est un des graveurs des figures de Borel pour les Comédies de Regnard, édition de Maradan, 1790 , (le Bal, les Ménechmes, Démocrile, le Légalaire).

Portraits du Cardinal de Bernis, in-4, d’après Callet, du Marquis Scipion Majfei, de Frédéric IL, d'après Cuningham , in-fol. de Potocki, in-4 , etc.

Nous avons relevé le nom de Croutelle sur une pièce du Voyage Piloresque de la Syrie, de la Palestine et de la Basse-Egypte (an VII), celle qui représente la Vision du Dessinateur Cassas sur la Pyramide , encore notre graveur n'a-t-il fait que terminer une eau-forte de Desmaisons.

Il a encore gravé dans /a Pucelle de Voltaire, édition de Kehl, la figure du chant X , dans la suite du Molière, de Renouard, une pièce, le Mariage Forcé, et une pièce pour le Voltaire, du même éditeur, le Baron d'Olrante. C'est une des jolies figures de cette suite et l’eau-forte est un spécimen de gravure ausei peu avancée que possible. C’est à peine si l’on y distingue quelques lignes et points.

Figure d’après Lafitte pour les œuvres de Jean- Baptiste Rousseau (1795). — Le Jugement de Salomon, d'après P. Veronèse (Galerie du Palais-Royal).

Manuel des boudoirs ou essais érotiques sur les demoiselles d'Athènes, ouvrage plus moral qu'on. ne pense... par Mercier de Compiègne. Cylhère, avec licence des amours l'an du plaisir et de la liberté 1240, À figures, par Bornet, gravées par Croutelle , in-8 (Cohen).

Les CU VILLIÉS.

Le graveur d'ornements FRANÇOIS DE CUVILLIES est né à Soissons en 1698 et vint à Paris en 1714 étudier l'architecture. Robert de Cotte, son maître, était alors l'architecte accrédité et les souverains non seulement le consultaient sur leurs projets de monuments et de décorations, mais encore lui demandaient de Jeunes élèves pour les exécuter ; c’est ainsi que vers 1720, Cuvilliès fut envoyé à l'Élécteur de Cologne, et en 1724 nommé sous-architecte de l'Électeur de Bavière. Son mérite et ses nombreux travaux le firent nommer ensuite, en 1738, gentilhomme de bouche et 1° architecte de ce prince et lorsqu'en 1745, il devint empereur d’Allemagne, Cuvilliès prit le titre de conseiller et architecte de sa Majesté impériale.

Son œuvre se compose de suites de Décorahons d'Appartements, dans le style Louis XV le plus rocaille, Panneaux, Cheminées, Portes, Glaces, Trumeaux , Lambris, Livres de Consoles, de Serrurerie !, le tout remarquablement gravé par

1 Voir, pour un catalogue détaillé de son œuvre, Notice sur quelques artistes français, par Destailleur, architecte. 1863.

C. A. de Lespilliez, son élève et son ami. Ce graveur mourut en 1754 et Cuvilliès fut tellement frappé de cette perte qu'il demanda alors un congé pour faire diversion à son chagrin et faire connaître en même temps Paris à son fils.

I mourut subitement en 1767, et c'est à ce fils qu'il faut rapporter la plupart des planches gravées qui portent le nom de Cuvilliès.

FRANÇOIS DE CUVILLIES FILS est né à Munich en 1734. Il était ingénieur, capitaine au corps du génie et fut nommé, à la mort de son père,architecte de la cour. I publia à Munich en 1769-72, les œuvres de son père, in-folio, déjà parues par suites séparées dans un recueil intituié Æcole de l'Archiecture Bavaroïse , petit infolio , où se trouvent au milieu d'un grand nombre de pièces dessinées seulement par lui et gravées surtout par Kaltner, un certain nombre de pièces gravées par François de Cuvilliès fils. Ce sont des Monuments Funéraires (1767), des Fontaines richement ornées (1769), des Cariatides, pièces gravées à l’eau-forte assez mesquinement.

On suppose que Cuvilliès fils mourut en 4805, à cause d'une demande de pension adressée à cette époque par sa veuve Catherine Forstner.

Les exemplaires bien complets et de premier tirage des Œuvres de Décorations des Cuvilliès sont assez rares. Le premier voiume seul a été vendu 615 fr. en

Les DAGOTY.

Les Dagoty père et fils tentèrent des premiers l'essai de la gravure en couleurs, et s'ils ne surent Jamais tirer grand parti de cette invention, qui devait donner de si merveilleux résultats dans les mains des Janinet et des Debucourt, on doit néanmoins leur savoir gré d'avoir préparé la voie , en se lançant courageusement sur les traces de celui qu’on dit le créateur du procédé, Leblond de Francfort.

Ce Leblond, au dire de Choffard , avait commencé a Londres, en 1730, une suite de planches d'anatomie, coloriées par sa méthode, suite qui fut interrompue par le décès de l'anatomiste ; il passa en France , fut bien accueilli et obtint un établissement et une pension. Il essaya quelques portraits, mais sans obtenir de succès, ses planches manquant de franchise et d'éclat ; il mourut en 1741.

JACQUES GAUTHIER DAGory, né à Marseille vers FTET. fut un de ces esprits à la fois intelligents , superficiels et inquiets, qui embrassant toutes choses à la fois. n'étreignent rien. Demi-savant et demi-artiste, il s'occupa de physique, d'anatomie, de botanique . de peinture et de gravure avec un égal insuccès.

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