DAVID
médiocres ouvrages et de dévoiler une spéculation trop ordinaire.
«Je me suis procuré, ajoute-t-il, deux épreuves » de ces planches, que j'ai portées à M. Vernet lui- » même pour les désavouer ou les reconnaître. Il y est » si défiguré qu'il est impossible de les croire gravées » d'après lui et qu'il s’y est longtemps méconnu. Enfin » il s'est rappelé que dans les loisirs de quelques » soirées , il avait fait deux croquis de fantaisie à peu- » près pareils à ces estampes. Il m'a ajouté qu'il > n'auroit Jamais cru qu'on s’avisat de les graver et » que s'il l'avoit su, il s’y seroit opposé et surtout > l’auroit défendu à MM. Auder et David. En effet ces > images n'ont pas la valeur de celles que l’on crie à > deux sols sur les quais. »
Renou ajoute que David aurait dû consulter M. Vernet; il lui rappelle la loi sur la propriété artistique et traite sa marchandise de véritable contrefaçon.
Vernet avait ajouté en manière de postscriptum à cette lettre : « Excepté le bien que M. Renou dit de > moi dans sa lettre, j'approuve tout ce qu’elle con- > tient: je pense comme lui sur les estampes dont il » s’agit. Je déclare donc formellement que je les > désavoue comme ne méritant point de faire partie de » mon œuvre et d'y figurer avec les belles gravures de > MM. Cochin, Lebas, Aliamet et autres. Vernet. »
C'était une rage dans la dernière partie du dixhuitième siècle d'entreprendre, au risque d'y consumer tout son avoir, de grandes publications illustrées et de ls offrir par souscription. David en fut saisi plus que tout autre. En 1780, il commença à faire paraître les Antiquilés d'Herculanum, avec explications de Syl-
vain Maréchal, et, de 1785 à 1788, il donne une nouvelle édition des Antiquilés Étrusques, Grecques et Romaines, avec texte de Hugues d'Hancarville et planches en couleur de son exécution. Brunet dit qu'elle est assez bien faite quoiqu'elle ne soit pas comparable à l'édition originale de Naples , imprimée aux frais du chevalier Hamilton. En 1787, commencent à paraître son Muséum de Florence et son Histoire de France, dont les dessins, pillés un peu partout, étaient dus à un artiste du nom de Lejeune. Mais laissons David annoncer lui-même ses nombreuses publications.
« La collection des ouvrages d’antiquité et d'histoire » dessinés et gravés par l'artiste est actuellement » composée de 33 volumes in-4 contenant plus de deux + mille planches gravées avec discours, savoir : Anti- » quilés d'Herculanum, 11 vol. — Antiquités Étrus- > ques, » vol. — Muséum de Florence, T vol. — » Histoire de France , 3 vol. — Histoire d'Angle- » terre, 3 vol. — Histoire de Russie, 2 vol. — On ne > peut se procurer les ouvrages ensemble ou séparés > que chez le citoyen David , rue Pierre Sarazin , 14, > qui répond de la beauté des épreuves, autrement > l'homme de goût risquerait de n'avoir que des » ouvrages composés d'épreuves de rebut et de contre- > façons que le charlatanisme annonce comme coni- » plets dans des catalogues dits au rabais. »
Cette dernière remarque laisse apercevoir que les publications du graveur David ne se soutenaient pas dans le commerce au prix de souscription. Cela n'a rien qui doive étonner : Renouvier, a dit que les compositions dont ces recueils sont remplis sont d'un