‹ Les graveurs du dix-huitième siècleChapitre 75 sur 275 · NA Ÿ · texte numérisé non relu

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necessaire, et que le plus foible graveur un peu intelligent peut faire dans une demie heure sans nuire à l'esprit du travail, au bout de mille la planche ne sera presque point altérée ; pour les parties legeres [elles| se soutiennent très longtemps. Il faut aussi un bon imprimeur qui menage bien la planche , qui ait soin d'empioyer du beau noir et de finir d'essuyer ia planche avec la pomme de la main, elle peut ensuite tirer au moins le même nombre d'eppreuves jolies très passables et puis comme tout s'eppuise au bout d'un temps , ilest encore des moyens de la faire revivre longtemps , en la faisant retravailler par un artiste intelligent et connoissant assés la nature pour en conserver l'esprit. Je crois bien que vous pouvés mettre le prix de 8 à 10 fr. chaque morceau pour les amateurs ce qui feroit 16 ou 20 fr. les 2 et je suis convaincu que la grandeur de ces deux morceaux trouvera plus aisément des acheteurs, que dans une forme plus grande, parce que beaucoup d'amateurs qui aiment à les faire encadrer sont souvent arrêté parles frais d'encadremens , mais en supposant qu'elles fut payée au prix de 6 fr. chaqu'une vous pouvés calculer ce que cela peut rendre même après les frais levés.

» Vous ne devés pas douter combien Je me croirois heureux de pouvoir faire quelques choses qui put vous ètre agréable et avantageux et mériter votre bienveillance, votre amitié, c'est avec ces sentiments que j'ay l'honneur d'être avec une parfaite considération, Monsieur, votre très humble et très dévoué serviteur , J.-J. de Boissieu. »

En fait de portraits, nous relevons d’abord celui de Boissieu lui-même, qu'il faut posséder en premier état pour avoir en même temps le profil de sa femme, reproduit sur la planche que le graveur tient à la main, puis ceux de son frère , le Docteur de Boissieu, et de sa servante ; enfin un profil de P2e VII.

J.-J. de Boissieu est mort à Lyon le 1* mars 1810. Son éloge a été écrit par Dugas-Monbel.

1 L'œuvre de J.-J. de Boissieu, composé de 1205 épreuves, a été adjugé 15,600 francs à la vente Guichardot en 1875, et se trouve actuellement dans la magnifique collection de M. le baron Edmond de Rothschild.

À la même vente, un autre œuvre ne comprenant que 457 épreuves en différents états, a été payé 6,700 francs.

Le Catalogue raisonné de l’œuvre de J.-J. de Boissieu comprend 140 numéros.

BOIZOT (Marte-LouisE-ADÉLAÏDE).

La Biographie Universelle fait de Marie-Louise- Adélaïde Boizot, née le 15 août 1744, la femme du sculpteur Louis-Simon Boizot, qui fut membre de l’Académie en 1778, président de la Société populaire des Arts et mourut en 1809. Mais Renouvier et Didot nous disent qu’elle était sa sœur. Elle aurait alors appris le dessin sous la direction de son père Antoine Boizot, peintre, membre de l’Académie et dessinateur à la manufacture des Gobelins ; Flipart lui donna des leçons de gravure.

Elle est connue par deux estampes exécutées d'après Drouais , le Château de Cartes et les Bulles de Savon, et par la Petite Liseuse d’après Greuze. Elle nous a laissé aussi une série de portraits des membres de la famille royale de France, médaillons ronds dans des encadrements carrés ornés de guirlandes et de nœuds de rubans, qui accusent une main assez inexpérimentée. Les figures manquent de modelé, les vêtements pourraient être rendus avec plus de soin, et cependant on ne peut méconnaître que ces profils ne sont pas sans charme. Marie-Antoinette, jeune, la tête tournée à droite et coiffée d’une aigrette, est même une

merveille de gràce et de douceur. Le second portrait de la Reine, exécuté six ans plus tard, est loin de valoir celui-là.

PORTRAITS

. Louis XVI, Roy de France, jeune, profil à gauche. — Dessiné

par L.-S. Boizot, gravé .en 1775.

Ce portrait, et les huit qui suivent, sont du même format ,; in-4 orné, et forment série. De ces neuf pièces, nous ne connoissons aucune épreuve avant la lettre.

Mais il existe deux états bien distincts : 1° avec la seule adresse de Flipart sur la marge inférieure ; 2° avec l'adresse de Basset au-dessous de celle de Flipart.

Il existe plusieurs autres séries de portraits de la famille royale ; les plus connues sont celles publiées chez Niquet et chez Esnauts et Rapilly, et celles qui ont été gravées au burin par Massard et par Cathelin , et à la manière noire par l'anglais Brookshaw.

MARIE-ANTOINETTE d'Autriche, Reine de France, de profil à droite, décolletée, avec une haute coiffure à boucles étagées, avec aigrette et un voile retombant sur l'épaule ; 1775. —- Se vend à Paris chez J.-J. Flipart, graveur du Roy, rue d'Enfer, près la place St-Michel, chez le Limonadier.

Ce portrait assure à celle qui l’a exécuté l'une des premières places parmi les nombreux artistes qui se sont essayés à l’envi à reproduire l'image de la Reine.

. Louis XVI, plus âgé, de profil à droite. — Dessiné par L-$.

Boizot, sculpteur du Roy.

- MARIE-ANTOINETTE, de profil à gauche: 1781.

LE COMTE DE PROVENCE. — Louis-Stanislas-Xer, Cte de Provence, Monsieur, frère du Roy; 1776.

Épreuve d'essai non terminée au Cabinet des Estampes.

- LA COMTESSE DE PROVENCE. — Marie-Josèphe- Louise ,

Ctese de Provence, Madame. — Gravé en 1778.

C'est le plus beau portrait de la série après celui de Marie-Antoinette. Il est d'un modelé plus accusé et l'arrangement de la coiffure est curieux.

- LE COMTE D'ARTOIS. — Charles-Philippe, Comte d'Artois,

frère du Roy, gravé en 1776.

LA COMTESSE D'ARTOIS.— Marie-Thérèse Ctesse d'Artois; 1778

MADAME ÉLISABETH, sœur du Roi 1780.

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