MICHEL NATALIS
NATALIS, s'il faut en croire ces quatre vers — plus que médiocres — trouvés dans un petit livre intitulé: Les tableaux parlants du peintre namurols, imprimé à Namur en 1658, avait un excellent caractère:
Natalis est un homme sage; Son burin le fait estimer; Si son dessin nous sait charmer, Son humeur fait davantage.
La famille Noël ou Natalis (latinisation de Noël) nous a donné plusieurs artistes graveurs de renom que l'on rencontre dans la première moitié du XVIIe siècle; mais le plus célèbre d'entre eux est certainement Michel Natalis qui naquit à Liège le 10 octobre 1610 et y est décédé le 3 septembre 1668, sur Avroy, en la modeste demeure contiguë à la maison de son protecteur, le chancelier de Liverlo, plus tard l'Hôtel d'Argenteau (1).
« Dès l'âge le plus tendre, dit de Villenfagne, les artistes annoncent quelquefois ce qu'ils seront un jour; souvent, ils développent, en jouant, les germes de l'art où ils excelleront. C'est ce qu'on remarqua dans Michel Natalis, l'un des plus habiles graveurs de son temps. Avant d'avoir atteint sa onzième année, il maniait déjà le burin (2). »
(1) Registre paroissial de Ste-Véronique.
(2) DE ViLLENFAONE. Mélanges de littérature et d'histoire, p. 125.
Les biographies, même les plus anciennes, de Michel Natalis s'accordent du reste à reconnaître que, dès l'enfance, il s'essaya dans la gravure sous les yeux de son père, imprimeur et graveur en taille-douce, graveur aussi des monnaies de l'évêque de Liège Ferdinand de Bavière (1). Le père de Michel, heureux de lui voir embrasser la carrière qu'il pratiquait, dit notamment Saumery, apporta tous ses soins à cultiver les talents qu'il découvrait dans son fils et lui donna les premières leçons de gravure (2). Il débuta par des images de dévotion, puis s'exerça, concurremment avec les sujets religieux, dans le genre frontispice oiJ il ne tarda pas à exceller. Son premier frontispice connu porte le millésime 1626, et les premiers portraits qu'il exécuta en taille-douce sont datés de 1632. Ayant aussi entrepris de visiter la classique Italie, il se trouve, en 1633, à Rome, où le peintre biographe Joachim Sandrart se l'attache pour l'exécution de son grand travail: la reproduction, en un recueil in-folio, des meilleures statues antiques de la célèbre galerie Justinienne.
La Galleria Giustiniana, divisée en deux volumes, contient en réalité; dit de Chestret en la notice qu'il consacre à Michel Natalis dans la Biographie Nationale, trois cent vingthuit planches, dont quarante-deux appartiennent au graveur liégeois (3).
J.-S. Renier a décrit deux cent deux estampes de cet artiste — et il y en a davantage (4). — Natalis a gravé, d'après le Titien, Rubens, le Poussin, Sébastien Bourdon, Bertholet Flémalle et aussi sur ses propres dessins.
(1) Abry. Les Hommes illustres de la nation liégeoise, p. 278.
(2) Saumery. Les Délices du pays de Liège, t. V, p. 316. — Becde- LIÈVRE. Biographies liégeoises, t. II, p. 235.
(3) DE Chestret. Biographies Nationale de Belgique, t. XV, p. 482.
(4) Renier. Bulletin de l'Institut archéologique liégeois, t. VIII, p. 359; t. IX, pp. 89 et 407 ; t. X, pp. 195 et 507.
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