‹ Les graveurs liégeoisChapitre 13 sur 21 · JEAN DUVIVIER · texte numérisé non relu

JEAN DUVIVIER

JEAN DUVIVIER, né à Liège le 7 février 1687, mort à Paris le 30 avril 1761, fut un célèbre graveur de médailles, après avoir manqué de devenir un excellent peintre. Son père, Gangulphe Duvivier, était graveur des cachets et de la vaisselle du prince-évêque de Liège; aussi son fils commença-t-il à graver et ciseler dans l'atelier paternel; déjà même il avait acquis une réelle habileté dans ce métier d'art, lorsqu'il pensa à abandonner le burin pour le pinceau, ayant assez bien réussi dans ses premiers essais de peinture réalisés en ses moments de loisir.

Plein d'espoir, rempli de confiance et trop énergique pour hésiter sur les moyens d'arriver au but, Jean Duvivier, rapporte Félix Stappaerts en la notice qu'il lui consacre dans la Biographie Nationale, sortit bientôt de Liège et prit, à pied, le chemin de Rome, en assignant Paris pour point d'une première étape. Admis à l'Académie des Beaux-Arts dès son arrivée dans la grande ville, il y fut promptement classé parmi les bons élèves, et déjà il se préparait au concours pour le prix de Rome, quand il s'en vit exclu à cause de sa nationalité (1).

(1) Félix Stappaerts. Biographie Nationale, t. \'I, pp. 383 et suivantes.

C'est alors que, ne disposant point de ressources suffisantes, non seulement pour continuer son voyage vers l'Italie, mais encore pour vivre à Paris, il reprit son métier de graveur dans lequel il s'illustra, particulièrement sous le rapport du dessin, de l'invention et de la grâce.

Duvivier fut surtout graveur en médailles. Selon un de ses biographes, l'abbé Gougenot, il a gravé dix-sept têtes de roi à différents âges, trois têtes de reine, deux dessus de médailles avec des couples royaux, dix têtes de personnages illustres, quatre grands dessus et quarante-deux revers, enfin près de deux cents coins de jetons (1).

On était à l'époque de la Régence, dit M. Stappaerts; la réputation de Duvivier avait atteint son apogée; de toutes parts on s'adressait à lui pour lui faire des commandes; les principales villes de France, les grandes administrations de l'Etat, le haut clergé, les corps savants, les corporations d'artistes lui demandaient avec insistance, soit des jetons ornés d'attributs, soit des médailles historiques, allégoriques ou commémoratives. Il eut de plus à exécuter une série de portraits, comprenant les membres de la famille royale de France, quelques souverains étrangers, bon nombre de grands personnages et de ministres.

On connaît aussi quelques belles planches de Duvivier, notamment le portrait de Bertholet Flémalle, d'après ce peintre, et le portrait de Petrus des Gouges, doyen des avocats du Conseil, d'après Tournière.

Ces deux portraits, d'un travail de burin serré et élégant, font partie des collections du Cabinet des Estampes de l'Hôtel d'Ansembourg.

(1) Eloge de Duvivier, par l'abbé Gougenot, notice manuscrite de la Bibliothèque Royale de Bruxelles, résumée par Ed. Fetis dans son ouvrage : Les Artistes belges à V étranger, t. II.

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