‹ Les graveurs liégeoisChapitre 5 sur 21 · MARIUS ASSIS SUR LES RUINES DE CARTHAGE · texte numérisé non relu

MARIUS ASSIS SUR LES RUINES DE CARTHAGE

Gravure au burin par Lambert Suavius.

(Collection de la Ville de Liège.)

Louis Abry, qui écrivait au XVII^ siècle, et était lui-même peintre et graveur, nous dit qu'il existait plusieurs peintures de Lambert Suavius, auquel il donne le qualificatif de « peintre fameux », à l'église de Saint-Barthélémy (1).

Jules Helbig nous raconte, dans son livre La Peinture au Pays de Liège et sur les bords de la Meuse, qu'il a eu La bonne fortune de retrouver deux tableaux du maître. L'un représente les Saintes Femmes visitant le tombeau du Sauveur. C'est, dit-il, une composition qui renferme de très belles parties, traitées dans le style de Lambert Lombard, dont l'authenticité est garantie par les notes du chanoine Hamal et le catalogue de sa collection dont le tableau faisait partie. Ce panneau, resté longtemps la propriété de M. Helbig, appartient aujourd'hui à M. l'abbé J. Scheen, curé de Wonck.

L'autre, de moindre importance, se trouve au Musée de Wiesbaden. Il représente la Résurrection de Lazare et a été reproduit par le burin de Suavius.

« Le petit panneau de Wiesbaden, dit Helbig, devient très intéressant au point de vue du procédé employé par Suavius: il semble au moins probable que souvent avant de graver ses compositions, il les exécutait en peinture; c'était un moyen de donner un aspect plus plastique à ses gravures: cette préoccupation d'accentuer le jeu des lumières et des ombres sur le nu et les draperies, est très sensible dans le tableau de la Résurrection de Lazare (2). »

L'œuvre de Lambert Suavius, comme graveur, est de beaucoup la plus importante, Jean Renier, dans la monographie de cet artiste qu'il a publiée dans le Bulletin de V Institut

(1) Les Hommes illustres^ par Louis Abry.

(2) La Peinture au Pays de Liège et sut les bords de la Meuse, par Jules Helbiq, édition de 1903, p. 179.

archéologique liégeois (1), énumère jusqu'à 121 planches dont il croit pouvoir lui faire honneur; ce qui est peut-être excessif, ainsi que le fait remarquer M. Helbig, car le catalogue que Passavant a dressé des estampes attribuées à Suavius s'élève seulement à 55 pièces.

Il reste néanmoins acquis que son œuvre est considérable, et, comme le dit Helbig, la plus ancienne gravure connue de Suavius portant le millésime de 1544, la plus récente, la date de 1567, c'est donc une période de 23 ans qui aurait suffi à l'artiste pour le produire. Ne l'oublions, non plus, tout ce travail a été accompli à une époque où les graveurs au burin commençaient seulement à abandonner les illustrations des textes des livres de piété pour s'adonner à la production directe des estampes d'après les tableaux des grands peintres ainsi qu'à la composition de leurs planches sur leurs propres dessins.

Le biographe liégeois de Becdelièvre, après avoir rappelé que Suavius a gravé la plupart des tableaux de Lambert Lombard, dont il savait, dit-il, faire passer toutes les pensées sur le cuivre avec une finesse et une fidélité qui rendaient l'original, constate qu'il a aussi beaucoup gravé d'après ses propres dessins. On a de lui, ajoute-t-il:

\^ La Résurrection de Lazare ; 2° Les douze Apôtres ; 3° Les statues des Sibylles; 4° Jésus-Christ mis dans le tombeau;

50 Saint Pierre et saint Paul guérissant les boiteux à la porte du Temple ;

60 Saint Paul occupé à écrire ;

(1) Bulletin de V Institut archéologique liégeois. X. XIII. pp 245-326.

7^ La faite du Sauveur et des douze Apôtres (en 13 pièces, 1545-1548);

8° La Charité entourée d"* enfants (1).

La Ville de Liège possède, à son cabinet des estampes de l'Hôtel d'Ansembourg, 39 gravures de ce maître, parmi lesquelles nous citerons particulièrement:

Les Disciples d^Emtnaûs, fort belle planche d'après un tableau de Lombard;

Saint Pierre et saint Paul guérissant les boiteux^ à la porte du Temple, grande et belle gravure, d'un métier robuste et puissant;

La Guérison du Paralytique (1553), gravure d'un très beau métier;

Femme vue de dos dans une niche, superbe de dessin, de modelé et d'élégance;

Les douze Apôtres et le Christ, treize planches gravées, de toute beauté. Certaines têtes sont d'un réalisme extraordinaire et d'une vérité saisissante;

Marins assis sur les ruines de Carthage, très belle gravure dont nous donnons la reproduction.

(1) DE BecdeliÈvre. Biographies liégeoises, t. 1, p. 211

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