‹ Les graveurs liégeoisChapitre 7 sur 21 · JEAN VALDOR · texte numérisé non relu

JEAN VALDOR

'EST au burin de trois artistes différents, portant le prénom de Jean et de la même descendance, que l'on doit attribuer l'œuvre des Valdor.

Le premier signe une Vue de Spa qui a pour millésime: ANNO 1603. J.-S. Renier a décrit, de ce graveur, dans le Bulletin de VInstitut archéologique liégeois^ vingt planches dont quelques-unes portent les dates de 1604, 1605, 1608 et 1613.

Le deuxième Valdor, d'après Saumery (Délices du pays de l-iége), serait né en 1580. L'exactitude de cette date n'est cependant pas établie. L'on sait, d'une façon certaine, que, le 11 octobre 1621, le prince-évêque Ferdinand de Bavière lui octroya le privilège « de faire et de pratiquer toutes sortes d'images pieuses en notre cité et pays de Liège, à l'exclusion de tous autres, défendant bien sérieusement à tous et un chacun de ne les contrefaire ny les vendre ailleurs contrefaites en notre cité et pays de Liège, soulz peine de confiscation d'icelles images et d'une amende de dix florins d'or à encourir par ceux qui contreviendront à notre présente octroyé et permission ». La minute se trouve déposée aux archives de l'Etat à Liège (Conseil privé, registre K, 10, 1); le texte a été publié en entier dans le Bulletin de VInstitut archéologique liégeois^ t. 1, p. 463.

Renier, dans son analyse de l'œuvre du deuxième Valdor, décrit quatre-vingt-douze planches de ce graveur; la plus récente est datée de 1628. L'époque de la mort nous est restée inconnue.

Le troisième Valdor, surnommé le chalcographe de Louis XIV, est le plus illustre des graveurs de ce nom.

Nous ne connaissons, non plus, rien de sa première jeunesse ; nous savons seulement qu'il quitta Liège, vers 1637, pour se rendre en Italie, qu'il fit un assez long séjour à Rome, puis vint se fixer à Paris, en 1643, où il fut gratifié d'un logement dans les galeries du Louvre, en même temps que son illustre concitoyen Jean Varin.

Valdor, homme instruit pour son temps et très considéré de Maximilien-Henri de Bavière, évêque de Liège, nous dit Becdelièvre, fut envoyé par ce prince à la Cour de France en qualité de chargé d'affaires. Son mérite et son talent lui concilièrent bientôt la bienveillance et l'estime du cardinal Mazarin, alors premier ministre, auprès duquel il resta toujours en grande faveur (1).

Quoiqu'entouré d'honneurs et jouissant de la plus haute considération dans la capitale de la France, Jean Valdor, rapporte Saumery, « ayant eu le malheur de perdre la femme qu'il avait épousée, en fut si pénétré de douleur que, ne songeant qu'à s'éloigner d'une ville trop propre à entretenir sa tristesse, il revint à Liège dans la résolution d'embrasser l'état ecclésiastique, ce qu'il exécuta » (2).

Il mourut chanoine de l'église Saint-Denis, à Liège.

Le quartier Saint-Denis est renseigné par Théodore Gobert, dans Les Rues de Liège, pour avoir été vraisemblablement le

(1) Becdelièvre. Biographies liégeoises^ t. II, p. 10.

(2) Saumery. Délices du pays de Liège, t. V.

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