‹ Les graveurs liégeoisChapitre 8 sur 21 · SAINTE ALDEQONDE ET SON ANGE GARDIEN · texte numérisé non relu

SAINTE ALDEQONDE ET SON ANGE GARDIEN

Gravure au burin par Jean Valdor.

(Collection de la Ville de Liège.)

lieu originaire des Valdor, de Liège. Il note, en effet, qu'un Jean Valdor, l'an 1612, possédait une maison vers la rue de l'Etuve, en l'ancienne paroisse Sainte-Aldegonde (1).

L'œuvre capitale du troisième Valdor est: Les Triomphes de Louis le Juste, magnifique in-folio de 260 feuillets, publié en 1649, dont il a gravé une partie des planches sur ses propres dessins.

Voici, dit de Villenfagne, un trait sur cet ouvrage, bien honorable pour Jean Valdor:

Louis XIV, encore mineur, jugea que les gravures de ce livre méritaient des inscriptions en vers de la composition du grand Corneille: il lui écrivit la lettre suivante:

« M. de Corneille, comme je n'ai point de vie plus illustre à imiter que celle du feu Roi, mon très honoré seigneur et père, je n'ai point aussi un plus grand désir que de voir en un abrégé ses glorieuses actions dignement représentées, ni un plus grand soin que d'y faire travailler promptement: et comme j'ai cru que, pour rendre cet ouvrage parfait, je devais vous en laisser l'expression, et à Valdor les dessins, et que j'ai vu, par ce qu'il a fait, que son invention avait répondu à mon attente, je juge, par ce que vous avez accoutumé de faire, que vous réussirez en cette entreprise. »

" Et de Villenfagne d'ajouter:

« Le tragique Français ne put se refuser à cet ordre obligeant, mais Valdor a eu la gloire de surpasser dans ses estampes les inscriptions du grand Corneille (2). »

(1) Th. GoBERT. Les rues de Liège, t. IV, p. 47.

(2) DE Villenfagne. Mélanges de Littérature et d'Histoire, 1788, p. 121.

Tout cela tient dans un fort bel in-folio publié en 1649, chez Estienne, premier imprimeur du Roy. C'est plaisir, dit J.-E. Demarteau, de rencontrer à la fois le burin liégeois et les lettres françaises ou latines illustrant toute une époque d'une façon aussi intéressante (1).

Le ô mars 1863, le Conseil communal de Liège décida de donner le nom de Valdor à la voie de communication reliant le quai de Longdoz à la rue Basse- Wez, jusque-là dénommée rue à Veau,

Le Cabinet des Estampes de l'Hôtel d'Ansembourg possède de ce maître, au métier sobre et sérieux, doublé d'un penseur, 22 gravures, toutes très riches en couleur.

Les plus remarquables sont:

Le frontispice des Larmes et Regrets du très chrétien Héradite, recueillies et dédiées à Son Altesse de Liège ; il est d'une jolie couleur grise et d'une très belle fantaisie (1613);

Saint Hubert et la représentation de ses miracles (1622);

Sainte Jeanne, d'un métier étonnant dans les détails; voir le panier qu'elle porte au bras et la gourde qu'elle tient à la main gauche (1623);

Sainte Cécile (1615);

Sainte Aldegonde (1618);

Sainte Aldegonde et son Ange gardien (1618), draperies d'un fort beau dessin;

Saint Lambert;

Saint François à genoux devant une Vierge;

(1) L'Art ancien à V Exposition de Liège de 1905. La gravure.

La tête du Christ avec l'inscription: EGO SUM LUX MUNDI (1620);

Le portrait d'Otgerus Loncinus (1622);

Sainte Lydtwine, de Schiedam (1624);

Sainte Catherine;

Saint Augustin; •

Sancta Maria.

Toutes ces petites gravures sont d'un art supérieur comme sentiment, invention et exécution.

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