‹ Les graveurs sur bois et les imprimeurs à LyonChapitre 10 sur 30 · LES ACTES D AFFERMAGE DES GRAVEURS · texte numérisé non relu

LES ACTES D AFFERMAGE DES GRAVEURS

On a vu comme nous s.ivcas peu de chose des tailleurs de bois lyonnais au xv siècle et comme, malgré la faveur accordée aux éditions ornées de qravures sur bois, ce métier est resté, pendant un demisiècle au moins, obscur et, sauf de rares exreptions, peu avancé. Au xvi" siècle, les tailleurs sur bois sont devenus assez promptement nombreux, mais ceux-là sont rares, qui, au moins jusque vers 1535, ont montré de l'habileté.

On a apporté, en ce temps-là des changements dans l'art d'illustrer les livres, en mettant plus de bois gravés, en rapprochant davantage ces bois du texte, en donnant plus d'importance à cette ornementation. Les imprimeurs de l'école de Paris et ceux de l'école de Lyon sont les auteurs de ces changements.

Les noms de nos graveurs sont ignorés. C'est de loin en loin, par hasard, que nous en avons découvert. Pour que l'impôt n'en ait atteint qu'un nombre très petit (i), il faut que les graveurs sur bois ou

(i) Nous n'avons trouvé, dans les chartrcaux, dans la première moitié du xvi« siècle, qu'une trentaine de graveurs sur bois.

aient été de simples ouvriers attachés aux ateliers des imprimeurs ou aux boutiques des libraires ou n'aient été que des travailleurs isolés, indépendants, et disons-le aussi, très pauvres. Nous inclinons à admettre h seconde hypothèse.

La situation indépendante des graveurs parait étabUe en effet par ces actes d'affernwge, faits par devant notaire et par lesquels tel tailleur d'histoires « s'affermait », louait ses services, à tel imprimeur ou à tel libraire pour « tailler les hystoires et figures » de tel livre.

Nous avons recueilli pour le xV siècle des indications qui signalent l'existence de ces actes, et nous en avons même trouvé quelques-uns pour le xvi= siècle. Ces actes ne sont pas connus et offrent assez d'intérêt pour que nous en citions un pour exemple.

M* Claude Cussonnel, notaire à Lyon, reçut, le 27 février 1547 (1548), « l'acte d'affermage « de Clément Boussy.

Il fut stipulé dans cet acte que « Clément Boussy tailleur d'histoires natif de Paris demourant à présent à Lyon, pour son profict faire... s'est affermé à honorable homme Balthazar Arnolet marchant libraire et imprimeur dudict Lyon... pour son serviteur... à dater des présentes jusqu'à ce que ledict Boussy aura taillé les hystoires et figures du livre nommé Fuxius herbier lesquelles figures sont jà ordinancées de tailler... le temps de neuf mois... pendant lequel temps ledict Arnolet sera tenu fournir et livrer audict Boussy ses boyre manger habits logis lumière et aultres choses nécessaires qu'il appartient... pour raison duquel affer-

mnge Icdict Arnolet sera tenu b.iiller auJicc Boussy deux escus d'or soleil pour chacun mois... à l.i fin dudict œuvre une paire de chausses à h valleur de deux (escus d'or?)... en déduction duquel affermage ledict Boussy a receu dès cejourd'huy dudict Arnolet la somme de six livres dix luiict sols tournois ( i ). »

L'engagement pris par Clément Boussy a été rempli, car, en 1549, a paru le volume intitulé : De Hisloria stirpivm commeniarii insii^nes de Léonard Fuchs (2), avec de nombreuses figures de plantes et le portrait de l'auteur (de 64 mill. de haut sur 48 mill. de large) au verso du titre. Une autre édition tout à fait semblable Lit donnée par Bakiiazar Arnoullet en

Clément Boussy ne paraît pas avoir été un graveur ordinaire. Ses figures de plantes ont été très appréciées, car on les trouve insérées dans plusieurs ouvrages du temps. Le portrait de Fuchs, qui a plus de valeur, a été probablement gravé aussi par lui ; le travail est un peu rude.

(i) Archives de la Chambre des not.iires de Lyon. L'acte est long, nous n'en avons cité que les clauses essentielles.

(2) De hiitoria slirpivm co:nnienlarii iiifig::es. AiVuxlis canniuUm viuis, et ad nalunie iuntationtm arlijiciosc expressis iiiiagitiihiis, Leonharlo Fiischio medico, hic tioslia aelale clarissiino, aiilore. M. D. XL IX.

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