‹ Les Grecs et les Sémites dans l'histoire de l'humanitéChapitre 100 sur 106 · ES · texte numérisé non relu

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cuites el autres antiquités trouvées dans la nécropole de Myrina ; Anliquilés de la Russie méridionale ; Pierres gravées des collections Malborough et d'Orléans, des recueils d'Eckhel, etc, etc.

Son frère Théodore Reinach se fit connaître par plusieurs travaux historiques, tels que Trois Royaumes de l'Asie Mineure et l'Histoire des Israélites depuis l'époque de leur dispersion Jusqu'à nos jours.

En outre, il existe un grand nombre d'historiens, d'origine israélite, très distingués, qui occupent des chaires d'histoire dans les diverses Universités de l'Europe, tels que Félix Liebremann et Siegfried Hirsch, tous les deux professeurs d'histoire à l’Université de Berlin ; Jules Schwartz, professeur d'histoire à l’Université de Budapest Emile Szanto, professeur d'histoire grecque et d'archéologie à l’Université de Vienne.

Si les Israélites ont fourni pendant le xrx° siècle un contingent considérable au progrès des sciences naturelles et exactes, il n'y a rien d'étonnant qu’ils aient produit des hommes éminents dans le domaine de la pensée pure, ou soit dans la philosophie, science qui leur était familière déjà au moyen-âge, avec la circonstance particulière qu’au commencement du xrx° siècle, les philosophes d'origine israélite étaient tous élevés à l’école de Kant dont ils étaient admirateurs. C’étaient Lazarus Bendavid et Marcus Hertz. Le premier, né en 1762 et mort en 1832, écrivit des lecons sur ja critique de la raison pure, sur la critique de la raison pratique, sur la critique du jugement et sur l’origine de nos counaisances. Le second, bien que médecin, se consacra tout entier à l’étude de la philosophie. Il se fit connaître d'abord par ses leçons sur la philosophie de Kant, qui ont été très goûtées par la haute société berlinoise. Il fut le fondateur du salon de Berlin qui était le point de rendez-vous de tous les hommes qui ont brillé par leur intelligence et leur savoir. |

Christtieb Jules Braniss, né à Breslau en 1792 et mort en 1873, professeur de philosophie à Breslau. Ses travaux ont un cachet tout à fait original. Il fut un des premiers qui tâcha de donner à la philosophie une base scientifique. H publia d’abord la Logique en rapport avec la science et un Système de mélaphysique et la conceplion de la nature au point de vue atomistique et dynamique.

Un autre philosophe, continuateur de la philosophie de Kant et un des plus distingués de notre époque, c’est Hermann Con,

né en 1842, professeur de philosophie à l'Université de Marbourg.

Les plus intéressants de ses travaux sont: la Théorie de Kant

sur l'expérience ; les Fondements de l'esthétique d'après Kant; la Théorie des idées de Platon et les mathématiques; le Principe de la méthode infinitésimale et son histoire. En résumé, ïl est le défenseur enthousiaste du système philosophique de Kant, bien que celui-ci ait perdu beaucoup de terrain dans notre époque où les doctrines évolutionnistes prédominent et où s’accentue tous les jours davantage la tendance d'expliquer les phénomènes de la vie par les forces physico-chimiques dans le sens évolutif. Maurice Lazarus, fut professeur de la psychologie des nations, à l’Université de Berlin et est un des psychologistes les plus ingénieux de notre temps. il chercha dans la psychologie des nations le fondement de tout progrès: il représenta en même - temps l'idéal moderne de l'éthique du judaïsme. Né en 1824, en Silésie, il fit ses études philosophiques à l'Université de Berlin sous Herbart dont il fut un grand admirateur. Il acquit bientôt une grande célébrité dans le monde des penseurs par ses travaux originaux. Son premier travail (1850) dans lequel ïl réclamail pour la Prusse le droit moral de la suprématie sur les autres Etats allemands a appelé grandement l'attention. Ensuite, il publia successivement La Vie de l'âme dans les monographies, en trois volumes ; la Psychologie des peuples considérée comme science; Les Origines des mœurs; Les idées dans l’histoire ; Education et Histoire: Les attraits du jeu. En 1860 il fut nommé professeur de psychologie à Berne et en 1864 recteur de la même Université. En 1865 il représenta l'Université de Berne aux fêtes du Jubilé de 500 ans de l’Université de Vienne. En 1867 il retourna à Berlin comme professeur à l'Académie militaire royale. En 1874 il fut nommé professeur de philosophie à l'Université de la même ville. A l’occasion de son 70° anniversaire, il fut honoré par l'empereur d'Allemagne du titre de conseiller intime du gouvernement. Ce qui frappe surtout dans la haute personnalité de Lazarus, c’est que sa qualité de juif ne l'ait pas empêché d'occuper des postes élevés, tant dans l’enseignement que dans la société et qu'il se soit occupé en plusieurs circonstances des intérêts juifs en Allemagne. Il était président de l'Alliance israélite universelle de 1867 à 1874 et en 1879 il fut

élu président du Synode israélite de Leipzig. Dans les dernières

années de sa vie sa santé commença à souffrir et il se retira à Meran où il mourut en 1908.

Un autre philosophe moderne très ROSES ne d'origine

juive, c’est Louis Slein, né en 1859, en Hongrie, membre de l’Académie des Sciences de Budapest et professeur de philosophie à l'Université de Berne. Ses travaux ont tous été accueillis avec enthousiasme par ses élèves. Il a publié des études critiques sur Leibnitz, Spinoza et Niezstche; la Question sociale considérée à la

lumière de la philosophie. Il est le fondateur des Archives pour

l'histoire de la philosophie et des Etudes bernoises sur la philosophie et son histoire. Son ouvrage L'idéal de la paix éternelle appela l'attention du gouvernement russe qui lui adressa une lettre très flatteuse, le remerciant au nom de l'empereur pour les concepts élevés, exprimés dans son travail sur le rôle de la Russie.

Un autre philosophe de renom en même temps que philologiste, c'est Hermann Steinthal, beau-frère de Lazarus. Né en 1823 et mort en 1899, il se consacra de bonne heure à l'étude des lan-

gues ;ensuite il étudia la philosophie à l’Université de Berlin. Il fut

l'élève de Humboldt dont il édita les ouvrages relatifs à la science linguistique. Il resta à Paris de 1852 à 1855, où il se consacra à l'étude de la langue chinoise. A son retour il fut nommé professeur agrégé à l’Université de Berlin. Il publia successivement les Types principaux de la structure des langues ; Traité sur la science des langues ; l'Origine de la langue en rapport avec la science : la Grammaire, la Logique, la Psychologie ; leurs principes et leurs rapports réciproques ; la Philologie, l'Histoire et la Psychologie et

leurs rapports entre elles ; l'Histoire de la science des langues chez

les Grecs et les Romains.

Henri Bergson, né en 1859, ancien élève de l'Ecole Normale, professeur de philosophie au Collège de France et membre de l'Institut, se fit connaître par ses travaux remarquables sur des sujets de psychologie ; d’abord en 1888, son Etude sur les données immédiates de la conscience a fixé beaucoup l'attention tant des psychologistes que des moralistes. Par sa dialectique magistrale il a éclairé les concepts relatifs à la durée et à l'étendue de même que les notions sur la durée et l'intensité et a fourni des données précises à la solution du problème de la liberté morale.

Quelques années plus tard, il publia un travail non moins remarquable intitulé Matière et Mémoire où il établit sur des

concepts tout originaux les relations entre le corps et l'esprit, et donne une explication psycho- -physiologique de la mémoire en la réduisant à une fonction sensori-motrice du cerveau. Dans son dernier ouvrage, L'évolution créatrice, paru en 1908, il a exposé sinon un nouveau système, du moins une nouvelle méthode de la philosophie néo-biologiste, en formulant selon une

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méthode ingénieuse, la théorie biologique de la conscience et de la continuité des états de conscience. Basé sur la théorie de l’évolution, il prouve que l’activité psychologique est une condition nécessaire de l’adaptation, du fonctionnement et de l’évolution de la vie organique chez les êtres supérieurs pour assurer

l'existence de l'individu et de l'espèce. M. Bergson figure au pre-

mier rang parmi les philosophes de notre époque.

Emile Durkheim, né à Epinal, en 1858, fit ses études à l'Ecole Normale supérieure. Après avoir occupé des chaires de philosophie dans plusieurs lycées de France, depuis 1882 à 1887, il fut nommé professeur de sociologie à la Faculté des Lettres del’Université de Bordeaux. Dépuis 1902, il occupe la même chaire : à la Sorbonne. ,

C’est à lui qu’on doit l'introduction de l'étude de la sociologie dans les Universités françaises. En 1897, il fonda une Revue

annuelleintitulée l'Année sociologique où ilrend compte detous les

travaux sociologiques publiés pendant l’année en France et à l'étranger. [la publié destravaux desociologietrès remarquables, tels que la Division du travail social, les Règles de la méthode soctologique et le suicide au point de vue sociologique. à René Worms, fils du jurisconsulte Emile Worms, né à Rennes en 1869, a fait ses études au lycée Charlemagne et à l'Ecole Normale supérieure de Paris. Il commença sa carrière comme avocat à la cour d'appel de Paris en 1891. Trois ans après, il fut nommé auditeur au Conseil d'Etat. En 1895 il obtint la chaire d'économie

politique à la Faculté de droit de l’Université de Paris: En 1893,

il fonda la Revue internationale de sociologie, ensuite la bibliothèque sociologique internationale. On doit également à son ini- -tiative l’Institut international de sociologie et la Sociétéde sociolo-

gie de Paris. Il s’est fait connaître également par un grand nombre

de publications très remarquables, qui sont : De la volonté unilätérale considérée comme source d'obligations (1891) ; a de philosophie scientifique et de philosophie morale (1891) ;

Morale de Spinoza, couronnée par l’Académie des sciences mo-

rales et politiques (1892) ; Organisme et Société (1896); les Sciences et l'Art en économie politique (1896) ; Philosophie des sciences sociales, en trois volumes (1903-5).

Lévy-Bruhl, né en 1857, a passé par l'Ecole Normale. Après

avoir été reçu au concours d’agrégation de philosophie, il a professé dans plusieurs lycées de province et finalement au lycée Louis-le-Grand à Paris; ensuite il fut nommé professeur de philosophie à la Sorbonne; il fait également des cours à l'Ecole Nor-

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male et à l'Ecole libre des Sciences politiques. Il a publié plusieurs travaux très remarquables, d’abord sur la philosophie de Jacobi, ensuite sur la philosophie d’Auguste Comte et dernièrement sur la morale et la science des mœurs.

Jacob Freudenthal, né en 1839 en Hanovre, fit ses études à l'Université de Breslau et de Goëttingen. En 1875, il fut nommé € privat dozent » de philosophie à l’Université de Breslau et en 1898, professeur ordinaire: ensuite il fut nommé doyen de la Faculté de philosophie à la même Université. En 1888 il fut envoyé par l’Académie des Sciences de Berlin en Angleterre pour y étudier la philosophie anglaise, et en 1898, aux Pays-Bas, pour y faire des études sur la vie de Spinoza. Les rapports de ces deux voyages furent publiés dans les Archives pour l'Histoire de la philosophie. I a publié de plus un ouvrage Sur la vie et l’œuvre de Spinoza en deux volumes ainsi que plusieurs travaux sur la philosophie grecque, |

Il ÿ a encore d’autres philosophes, d’origine juive, qui ont cultivé avec fruit et honneur cette branche de la science, tels que : Bernard Alexandre, professeur de philosophie et d’esthétique à l'Université de Budapest; Maurice Eisler; Jérusalem, professeur de philosophie à Vienne. Nous nous sommes limité à citer ceux qui figurent au premier rang.

Ïl y a un nombre extrêmement grand de savants israélites qui se sont distingués comme orientalistes par leurs connaissances étendues et profondes des langues orientales, de même que comme philologues dans les langues vivantes. Nous nous limitons, à en faire connaître un petit nombre qui ont laissé des ‘traces très marquées dans l’histoire. ;

Michel-J.-A. Bréal, né en 1832, fut élève de l'Ecole Normale, ensuite il s’'adonna à l'étude des langues orientales. Après avoir été professeur au lycée Louis-le-Grand, il fut attaché à la Bibliothèque Nationale dans le département des manuscrits orientaux où il venait de remplacer Renan. En 1866/il fut nommé professeur. de grammaire comparative au Collège de France; en 1875 il fut élu membre de l'Institut ; en 1879 il fut nommé inspecteur général des Hautes-Etudes. Il étudia les langues plutôt au point de vue de leur aspect psychologique qu’au point de vue de leur caractère mécanique, telles que : Les lois intellectuelles du langage, — Comment les mots sont ctassés dans notre esprit, — Essai de Sémantique, ou soit l'étude des éléments du langage considérés dans leurs significations. Il

s'est occupé surtout des langues indo-germaniques, de plus il a contribué à l'étude des religions comparatives ainsi qu’au perfectionnement de la pédagogie et à la solution du problème relatif à la place que doivent tenir les langues anciennes dans l'enseignement secondaire.

James Darmesteter, né en 1849, à Château-Salins, d’une famille

pauvre, obtint grâce à son amour du travail, la bourse sco- ‘laire Bischoffsheim, à l’âge de onze ans, ce qui lui permit de poursuivre ses études aù collège Charlemagne, où il se distingua de plus en plus, au point d'obtenir le prix d'honneur au concours général de 1867. Après être sorti du lycée il sentit une grande

vocation pour les langues orientales, et sur les conseils de Bréal

il entra à l'Ecole des Hautes-Etudes, où il se consacra particument à l'étude de la langue et de la littérature perses. Après avoir traduit l’Avesta en anglais, sur la demande de Max Müller,

rofesseur éminent de sanserit à l’Université d'Oxford, il se P

rendit en Angleterre où il étudia la langue et la littérature anglaises. Quelque temps après, il fut chargé par le gouvernement français d’une mission dans l'Inde pour y étudier sur place, chez les prêtres brahmanes la source et l'origine de la religion de Zoroastre. De là, il se rendit en Afghanistan pour collectionner les chants populaires des tribus afghanes, dont il publia après une traduction française. Ses travaux linguistiques lui ont valu le prix bi-annuel de vingt mille francs accordé par l’Académie des Inscriptions et des Belles-Lettres. Dans les dernières années de sa vie il se consacra à l'étude de la Bible et écrit les Prophèles d'Israël où il se montre enthousiaste de leurs sentiments altruistes, base de la religion future de l'humanité : amour de

justice et de charité et relèvement du sentiment de la solidarité.

humaine. Dans ce but, il publia un petit livre sous le pseudonyme J.-D. Le Français, intitulé : Lectures par sur destinées à la Jeunesse.

Arsène Darmesteter, frère du précédent, né en 1846, fit ses études d’abord au Séminaire israélite de Paris, ensuite au collège Sainte-Barbe et finit par se consacrer exclusivement à l'étude de la langue française ancienne, à l’école de Chartres. En 1869, le gouvernement français le chargea d'une mission en Angleterre pour y étudier les gloses françaises dans les manuscrits Rashi (savant israélite qui à écrit le français en caractères hébreux au moyen âge), qui se trouvaient dans les bibliothèques d'Oxford et de Cambridge et dans les musées britanniques. Après quelques

mois d’études, il a réussi à élucider la phonétique et la structure

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de l’ancien français, à créer des mots nouveaux et à développer le sens d'anciens mots. En 1876 il découvrit la loi phonétique connue sous le nom de loi de Darmesteter ; en 1877 il fut nommé maitre de conférences du français médiéval à la Faculté des Lettres de Paris ; en 1878 il publia un livre sur la langue et la littérature du xvie siècle en France: en 1881 il professa un cours de grammaire française à l'Ecole Normale supérieure de filles à Sèvres, publié plus tard en quatre volumes: en 1883 il fut

nommé professeur d’histoire de la langue française et de la litté-

rature médiévale à la Sorbonne; en 1886 il publia une série de leçons recueillies dans un livre intitulé: Za Vie des Mots, sur le changement subi dans le sens des mots. Après sa mort, plusieurs de ses écrits furent publiés par son frère en deux volumes, Sous le titre : Reliques scientifiques. Presque tous ses travaux ont atteint plusieurs éditions et ont été traduits en anglais.

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Il nous reste encore à parler des hommes d'élite, d’origine juive, qui ont fourni un contingent de haute valeur à la culture des beaux-arts et des lettres pendant le xIX° siècle. Commençons par la musique.

Félix Mendelssohn Bertholdi, né en 1809 et mort en 1847, un des plus grands talents musicaux du siècle, fut le fondateur du Conservatoire de Leipzig en 1843. Ses compositions embrassent. toutes les branches de la musique, depuis celle de l’'oratoire, des ouvertures de concert, des symphonies jusqu’à la musique de salon. Mais il s’est surtout distingué dans la musique ecclésiastique, champ de sa prédilection. A l’âge de neuf ans il s'était déjà présenté en public dans un concert à Berlin, et à l’âge de seize ans, il fit entendre ses propres compositions devant un public très compétent. |

Giacomo Meyerbeer, né en 1791 et mort en 1864, avait déjà appelé l'attention à l’âge de sept ans comme virtuose au piano. À l’âge de douze ans, il composa plusieurs pièces pour le chant et le piano, et à l’âge de vingt ans, il présenta à l’Académie de

chant et déclamation de Berlin la Cantate : Dieu et la Nature. À

l’âge de vingt trois ans, il fit représenter au théâtre de Stuttgard le premier de ses opéras, Alimelek, qui fit après le tour dans plusieurs capitales de l’Europe. Il se rendit ensuite en Italie pour étudier la musique italienne. Là, il composa plusieurs Opé-

6 ras, mais celui qui eut le plus de succès fut Zes Croisésen Egypte,

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434 LES GRECS ET LES SÉMITES qui fut représenté, non seulement dans tous les théâtres italiens, mais aussi dans les principaux théâtres de l'Europe, au point que

Charles X invita son auteur à se rendre à Paris pour la représenter au théâtre Favart, oùrecueillait alors ses iauriers la fameuse

primadonna italienne Giulitta Pasta, également d'origine juive. . Pendant son séjour à Paris, il menait une vie tout à fait retirée et.

se consacrait exclusivement à l'étude d’un genre de musique distinct de la musique italienne qu’il avait prise en antipathie. Ses premières compositions furent : le Stabat Malter, le Miserere et les Douzes Psaumes, avec chœur double. Il eut la chance de trouver à Paris, Eugène Scribe, poète extrêmement habile à écrire des librettos à grand-effet pour ses opéras, choisissant toujours des sujets romanesques, historiques ou diaboliques qui suggéstionnaient l'auditoire. Son premier opéra fut Robert le Diable, qui fut représenté à Paris en 1851 et qui fit ensuite le tour dans tous les théâtres de l'Europe. Quelque temps après, il produisit les Huguenots, opéra qui fut accueilli avec enthousiasme, non seulement en France, mais aussi en Allemagne, au point que l'Académie des Beaux-arts de Berlin lui accorda le titre de membre honoraire et que le roi Frédéric-Guillaume IV le nomma directeur musical général de la Prusse, avéc un traitement annuel de: trois mille thalers, auquel il renonça en faveur de lorchestre. En 1849, il fit mettre en scène à Paris, son troisième opéra, le Prophète, qui provoqua également un grand enthousiasme, malgré la Révolution et le choléra qui régnaient alors à Paris.

Cette nouvelle création lui valut une série de récompenses hono-

rifiques; d’abord, il fut nommé commandeur de la Légion d'honneur, et l'Université de Vienne lui accorda letitre de docteur. Jacques Offenbach, le compositeur favori sous le second Empire, est né à Cologne, en 1819 et mort en 1880. Il vint de bonne heure à Paris, où il suivit la carrière médicale. Il se distingua déjà alors comme violoncelliste, et en 1847 il fut nommé chef d'orchestre au Théâtre Français. Après avoir mené une vie aventureuse, parcourant à la tête d'une troupe les différentes villes de la France, de l'Allemagne, de l'Angleterre, et enfin de l'Amérique, il revint en France, se consacrant exclusivement à la composition et écrivit cent deux pièces de théâtre. Mais il n’y à qu’un certain nombre de ces opérettes qui ont acquis une grande célébrité et l'ont rendu populaire, telles que Orphée aux Enfers, la Belle Hélène, la Vie parisienne, la Grande Duchesse de Gérolstein, la Princesse de Trapezunt, Madame Favart, les Belles femmes de Géorgie, les Deux Aveugles, les Dames de la Halle, Barbe-

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LES GRECS ET LES SÉMITES 435 Bleue. Son grand mérite est d'avoir créé le genre opérelte qui a trouvé un bon accueil dans tous les théâtres de l'Europe. Il est incontestable qu’il fut un des compositeurs les plus ingénieux de l'époque. | Un des musiciens les plus célèbres de son époque fut Antoine Rubinstein, qui était aussi bon virtuose au piano que grand compositeur. Il choisit, avec prédilection, pour la composition de ses opéras, des pièces bibliques, telles que les Maccabés, Moise, Sulamilk, Caïn et Abel, etc: |

Georges Bizet, compositeur de l'opéra Carmen et Djamileh. Né à Paris en 1838, fit ses études au Conservatoire de Paris sous la direction de Marmontel et d'Halévy ; il gagna en 1855 le prix de Rome. Il se fit d'abord connaître par Son opérette, le Docteur Miracle; il gagna ensuite le prix dans le concours Offenbach comme directeur des Bouffes-Parisiens, où il ÿ avait soixante concurrents. Il gagna également le prix de l’Académie Française pour la: composition de la cantate lyrique Clovis et Clotilde. Il écrivit ensuite plusieurs opéras qui n’ont pas été bien accueillis, ce n’est qu’en 1845 qu'il obtint avec Carmen un grand succès, tant

en France qu’à l'étranger.

Jacques-François Fromental Halévy, né en 1799 et mort en 1862, entra à l’âge de dix ans au Conservatoire de Paris. Deux ans après, il gagna le prix de solfège et d'harmonie. À l'âge de vingt ans, il gagnait le Grand-Prix de Rome poursa cantate Herminie. Après son retour de Rome, il a écrit un grand nombre d'opéras, mais celui qui eut le plus de succés, qui le rendit très populaire en France et lui donna une réputation européenne, ce fut la Juive. En 1851, il fut nommé professeur au Conservatoire

aÿant eu pour élèves d'abord Gounod et plus tard Bizet qui | épousa sa fille. En 1854i] fut nommé secrétaire perpétuel de l’Académie des Beaux-Arts. Ses Lecons de lecture musicale publiées en 1857, servent encore aujourd'hui de livre de texte pour le solfège dans les écoles élémentaires de Paris. ;

Max Bruch, né à Cologne, en 1838, fut déjà nommé en 1865, - directeur de l'Institut musical de Leipzig, et en 1892, directeur du Conservatoire à Berlin. Il a écrit plusieurs opéras qui ont obtenu un grand succès, tels que Æermione et Loreley.

Ignace Brüll, né en 1848, fut un des musiciens les plus féconds de son époque comme compositeur, et un des plus habiles Comme exécuteur au piano. Il à écrit plusieurs opéras, mais ce sont Les Mendiants de Samarcande et 1à Croix d'or qui lui ont donné une grande popularité en Allemagne. Ce dernier surtout

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obtint un tel succès que l'Empereur l'en féïicita personnellement,

Un musicien très populaire et de grand mérite, c’est Charles Goldmark, né en Hongrie, en 1830. Doué d’un esprit romantique, il a cherché avec prédilection pour sa musique des sujets emprun-

tés au milieu oriental. Ses opéras la Reine de Saba, Merlin, de

même que Les Prisonniers de guerre, lui ont donné une réputation européenne.

L'Allemagne compte encore un grand nombre de compositeurs et musiciens très distingués d’origine israélite qui ont contribué au progrès des différentes branches de la musique, tels que Ferdinand David, Frédéric Gernsheim, Ferdinand Hiller, Salomon Jadassohn, Jules Schulhofj}, etc.

En plus des compositeurs, elle eut de grands virtuoses en ViOlon et en piano, tels que Léopold Auer, Henri Guillaume Ernest, Jacob Grun, Charles Gregorowisch, Bronislaw Hubermann, Joseph Joachim, Henri Hertz, Georges Lieblin, Maurice Rosenthal.

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De même que dans la musique, on rencontre également des artistes d’origine juive qui se sont distingués dans l’art dramatique et dans la poésie. Leur nombre fait légion; nous citerons seulement ceux qui ont figuré en première ligne. +

Un écrivain de premier ordre qui a surtout brillé par son esprit critique et qui a contribué à enrichir la littérature francaise, c'est Jules Janin, né en 1804 et mort en/1874. Ses romans, de même que ses feuiiletons, se distinguent par leur originalité

et parleur verve pleine d'ironie. Une de ses œuvres les plus

importantes, c'est l'Histoire de la littérature dramatique et une série de travaux critiques littéraires publiés dans différentes Revues. Il a aussi écrit des préfaces, des introductions et des

essais pour des livres d'écrivains contemporains; il a également

publié en collaboration de Théophile Gautier et de Philippe Chassel les Beautés de l'Opéra, et avec A. Houssaye et Sainte-Beuve, l'Histoire du chevalier des Grieux et de Manon Lescaut. I futaussi collaborateur dans plusieurs journaux politiques, d'abord au Figaro et plus tard au Journal des Débats où il a été chargé pendant 40 ans du compte-rendu critique du théâtre.

Léon Halévy, frère du compositeur, né en 1892 et mort en 1883, fut élève et collaborateur de Saint-Simon ; il a même écrit l’introduction à son ouvrage « Opinions littéraires philosophiques et industrielles ». En 1831, il fut nommé professeur de littérature

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française à l’école Polytechnique ; en 1837, il fut attaché au Ministère de l’Instruction publique comme chef de bureau des sociétés scientifiques, emploi qu'il remplit jusqu'en 1853, lorsqu'il se retira pour se consacrer aux travaux littéraires. Il a écrit un grand nombre de poèmes et de pièces dramatiques qu'il représenta au Théâtre-Français et à l'Odéon, tel que Le Duel. Le czar Démétrius, 1 ‘Espion, le Mari aux épingles, Electre.

Ludovic Halévy, fils de Léon, se Consacra de bonne heure à la littérature et au drame lyrique. Ses premiers travaux qui apparurent sous le pseudonyme de Jules Servière, sont des librettos et des opéra-comiques, tels que Bataclan, l’Impresario, Le docteur * Miracle, Orphée aux Enfers, La chanson de Fortunio, Le Pont des Soupirs, la Baronne de San Francisco dont la musique a été écrite par Offenbach. Plus tard, il travailla en collaboration avec Meilhac. Leurs productions ayant servi également de livres de texte à la musique d'Offenbach ont eu un grand succès : la Belle- Hélène, la Grande-Duchesse de Gérolstein, Frou-Frou. Cette dernière fut jouée pendant 250 nuits au Gymnase et pendant 100 nuits à la Porte-Saint-Martin. En plus, il a écrit un grand nombre de romans qui ont eu un grand succès et dont les plus connus sont : l'Abbé Constantin, les Trois coups de foudre, un Grand Mariage. Il fut membre de l'Académie française.

Alexandre Weill, né en Alsace en 1811, se consacra de bonne heure au journalisme. Il collabora à la Revue du Progrés, à la Gazette de France, au Figaro, au Temps ; ensuite il se livra exclusivement à des travaux littéraires en commençant par des romans. Ses histoires de Village ont appelé l'attention des écrivains les plus distingués de l’époque, tels que Victor Hugo et Meyerbeer, parce qu'il fut un des premiers qui conçurent l’idée de décrire des scènes de village et des idylles ruraux. Plus tard, il écrivit un grand nombre de brochures sur les questions d'actualité les plus ardues, telles que République et Monarchie, le Génie de la Monarchie (1848), Lettres de vengeance d’un Alsacien (1871). I1se fit également remarquer en 1848, par une lettre ouverte, adressée à Hippolyte Carnot, ministre de l’Instruction publique, père du défunt président de la République française, où il réclamait d'urgence l’enseignement des langues étrangères dans les lycées et collèges. Il a également publié un grand nombre d'ouvrages historiques et critiques, tels que la Guerre des Paysans et des. Anabaplistes (1874), Mes Contemporains (1890), Histoire véridique el vécue de la Révolution de*1848, Lamartine et Victor Hugo.

Calulle Mendès, un des écrivains les plus remarquables du

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xixe siècle, est né à Bordeaux en 1841. Il passa son enfance en Ita-

lie et ensuite en Allemagne, et en 1851, il venait avec ses parents habiter Toulouse d’où il prit son vol pour Paris. Poussé par la passion de la littérature, à l’âge de dix-huit ans, il fonda la Revue fanlaisiste : ses collaborateurs étaient Baudelaire, Houssaye, Daudet, Hérédia. Cette revue prit plus tard le nom de Parnasse. À 21 ans,

il publia son premier volume de vers, Philomèle. Quelques-unes

de ses œuvres le menèrent devant les tribunaux et il subit plu-

sieurs condamnations. À la suite de ces désagréments il partitpour

l'Allemagne où il suivit les cours à l'Université de Heidelberg. A son retour, il se maria avec la seconde fille de Théophile Gautier, Il fut un moment le chroniqueur littéraire du Figaro où il publia Belles-Lettres, puis il devint critique dramatique du journal. Il joignit à une imagination prestigieuse une solide et rare érudition. Son œuvre est d'une variété prodigieuse, Il brilla dans la poésie de même que dans le roman; il traduisit des poèmes russes, écrivit Richard Wagner et l'œuvre wagnérienne en France et essaya finalement d'écrire l'Evangile de l’enfance de Jésus-Christ. Il a également cultivé le domaine du drame lyrique, ayant écrit plusieurs opéras et comédies musicales, tels que Gwendoline, la Carmélite, la Reine Fiamette, la Femme de Tabarin, la Vierge d'Avila, Ariane, Kimpératrice. Adolphe Brisson dit de Jui, que son génie est multiple, l'étendue et la profondeur de ses connaissances, sa

fécondité, et l'ensemble d’une œuvre qui paraît diversifiée à Pin-

fini, mais dont la poésie fait l'unité, faisaient de Catulle Mendes un

. des premiers hommes de lettres de notre temps, un de ceux que.

les jeunes, dans un amour de la hiérarchie, nomment Qun prince de la littérature. » La mort l’a surpris d’une manière traîtresse en descendant d’un train en marche sous un tunnel, se croyant être arrivé à la gare.

Henry Bernstein, un des auteurs dramatiques modernes auquel

tous les hommes de métier reconnaissent dans ses œuvres l’ori-

ginalité, l’'acuité d'esprit et la hauteur des points de vue, a surtout le mérite d'écrire d'une manière concise, éloquente et solide, Doué d’un tempérament fougueux, il verse les formidables vigueurs de son tempérament dans l'exposition, dans les sentiments et dans les idées du personnage appelé à représenter son œuvre d'artiste et d'auteur dramatique. Il se caractérise surtout par son peu de respect des préjugés, par son manque de souci des conventions. Il aborde les sujets les plus ardus avec une hardiesse d'esprit qui étonne, en demeurant en même temps maitre de soi-même dans le développement des thèses émotionnantes.

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Tous les drames, Samson, Le Voleur, La rafale, Israël, représentés aux théâtres du Gymnase, la Renaissance et Réjane, ont remporté un succès éclatant. Les critiques contemporains les plus éminents reconnaissent en lui le don de peindre les sentiments avec une puissance d'expression la plus énergique et aussi la plus violente. Emile Faguet dit de lui qu'il est presque l’inventeur d’un genre nouveau, le genre frénétique, qui entraîne, qui passionne et qui donne souvent le frisson.

Adolphe Philippe d'Ennery,néen1811,à Paris, et mort en 1899, fut un auteur dramatique très populaire, qui a su adapter ses œuvres augoût du public. Il a réussi à oblenir toujours de grands succès l'ayant facilité à ramasser une grande fortune. Il est l’auteur de

280 ouvrages dont il a écrit plusieurs en collaboration avec

d’autres auteurs, tels qu'Alexandre Dumas, Charles Edmond,

Anicet Bourgeois, etc. Ses dernières productions, le Centenaire,

les Deux Orphelins, ont eu un succès énorme. Il a aussi écrit des librettos pour l’opéra-comique d’Aubert, et de Massenet. Il a dramatisé plusieurs ouvrages de Jules Verne. Son dernier roman intitulé Seule a paru en 1897, D il avait atteint l’âge de 66 ans. ae

Paul Avenel, également auteur dramatique, né en 1828. Après avoir étudié la médecine, à Paris, il se consacra exclusivement à l'étude de la littérature. Ayant débuté comme journaliste, il devint sucçessivement poète, romancier et auteur dr amatique. Il a écrit plus de 50 pièces de théâtre dont les plus connues sont Les Chasseurs de pigeons, la Paysanne des Abruzzes, Soyez donc Concierge, Un homme sur le gril, le Saint-Pierre, etc. Les unes ont été représentées au théâtre des Folies-Dramatiques et les autres aux théâtres Beaumarchais et Variétés. Il a écrit également plusieurs romans et des épisodes de la guerre franco-prussienne, tels que le Coin du feu, les Voi yages entre Deux-Mondes, les Prussiens à Bougival, le Docteur Hatt, roman de tendance philosophique. Il a aussi publié un grand nombre de poésies connues sous le nom de Chansons noltiqhes En résumé, c’est un auteur d'un talent universel, qui a brillé tant par l'esprit d’observateur, par l'éclat de son imagination pleine de vie et de vigueur que par l'élégance qu’il a su donner à ses œuvres.

Max Nordau, né en 1849 à Budapest, a montré dès sa première jeunesse beaucoup de goût pour la littérature. Dès l’âge de 20 ans, il fut collaborateur au journal politique Pester Lloyd. Après avoir terminé ses études médicales à Vienne, il entreprit pendant plusieurs années un voyage d'étude dans la plupart des capitales

de l'Europe, pendant lequel il a publié plusieurs livres de caractère politique et social sur la France, intitulés Du vrai pays des milliards, des Etudes et impressions sur Paris en deux volumes, Paris sous la troisième République, Lettres choisies de Parts. En 1882 il a fini par s'établir définitivement à Paris, après avoir passé le doctorat de Médecine à la Faculté. L'année suivante il publia son livre Les Mensonges conventionnels de notre civilisation, qui a été traduit en plusieurs langues et qui a atteint un grand nombre d'éditions. Ensuite il publia une série d'ouvrages représentant une étude médico-sociale sur la pathologie mentale et morale de la civilisation moderne, tels que les Paradoxes, la Maladie du siècle ; de plus, un grand nombre de romans et de - pièces dramatiques. Son livre intitulé La Dégénérescence, publié en 1893, a produit une polémique internationale très âpre. Ses dernières productions furent des pièces dramatiques, telles que La Balle et le Docteur Cohn, qui furent représentées au théâtre Lessing, à Berlin. Son activité prodigieuse ne se limite pas aux productions littéraires philosophiques, il est également correspondant politique de plusieurs journaux de Vienne et de Budapest. | \

Le nombre d'écrivains allemands, d’origine israélite, qui ont figuré au premier rang, tant Comme poètes que comme drama- - turges, pendant le xix° siècle, fait légion.

Le nom de Henri Heine est assez connu de même que le rôle qu’il a joué parmi les écrivains allemands. Déjà, dans les pages précédentes, nous avons constaté qu'il fut le plus grand poète lyrique de l'Allemagne, qui a eu le mérite de tuer le romantisme par son esprit sceptique et la flèche envenimée de son ironie, et qui s’est servi du charme suggestif de sa parole et de la verve piquante de sa raison pour diriger ses attaques aux gouvernements despotiques de l'Allemagne et pour propager les idées de liberté parmi ses compatriotes.

Maurice Hartmann, poète autrichien, qui employa son talent de poète lyrique pour chanter la liberté et propager les idées libérales dans son pays, prit une part active à la Révolution de 1848 et fut élu membre du Parlement à Francfort-sur-le-Mein. Après le retour du régime réactionnaire, il fut obligé d'émigrer en Suisse et en France, finissant par s'établir à Genève où il fut professeur de langue et de littérature allemandes.

Berthold Auerbach (1812-1882) s'est consacré de bonne pois à ‘ l'étude de la philosophie. Connu pour ses idées libérales, il fut forcé d'abandonner l’Université et de se consacrer aux études

littéraires. Il commença par écrire un roman historique en deux volumes sur Spinoza et finit par faire une traduction de toutes les œuvres de Spinoza en Allemand. Ensuite, il publia un livre intitulé Histoires de villages de la forêt noire, qui fut traduit dans toutes les langues européennes. Dans ce travail, il décrit dans toute son extension, la vie religieuse d’un paysan chrétien au milieu d’une vie idyllique. Ensuite il publia un Traité descriptif de sa méthode littéraire, intitulé Eléments d'une littérature populaire. En 1849, il fixa sa résidence à Dresde où il publia des drames et des contes populaires de la vie moderne. Ses romans Sur les Hauteurs et La Maison de campagne sur le Rhin sont des lectures très amusantes et très populaires en Allemagne. Il se fit connaitre aussi par un grand nombre d’autres publications qui ont pour but d'élever l'idéal de l unité nationale allemande.

Un autre poète lyrique et romancier de renom, c’est Hieronymus Lorme, né en 1821, à Nikolsburg, en Moravie. Ilse fit connaître d’abord comme poète lyrique et épique ensuite comme feuilletoniste, comme critique et philosophe. Ses poésies de même que ses romans ont eu un grand nombre d'éditions. Son ouvrage intitulé Wiens poetische Schwingen und Federn, qui constitue une étude critique

des poètes Viennoiïs est une œuvre littéraire de premier ordre.

Max Ring, né en 1817 et mort en 1901, montra dès sa première jeunesse beaucoup de goût pour la littérature et surtout pour la poésie. Il fit ses études aux Universités de Breslau et de Berlin: ensuite il choisit la carrière médicale. Après l'avoir terminée, il exerça la médecine avec succès pendant quelque temps en Silésie, mais en 1848, il s'établit définitivement à Breslau et se consacra entièrement à la littérature. Son premier roman intitulé Breslau el Berlin eut un grand succès. Il a également réussi comme dramaturge mais il brillait surtout dans la comédie. Il collabora également dans la revue littéraire intitulée Gartenlaube. Ses romans ont les uns, une tendance philosophique, tels que John Milton et : son époque ; les autres, un caractère historico-social, tels que la Vie à Berlin et Berlin résidence impériale; les Enfants de Berlin, le roi de Rome. Dans les derniers temps, ses romans représentèrent surtout une critique de la vie moderne, tels que l’Adoration

du Veau d'Or, le Culte du Succés, la Lutte pour la gloire aux dépens

du bonheur individuel et du bien-être général.

Jules Rodenberg, né en 1831, connu comme poëte lyrique, romancier et feuilletoniste, a fait ses études de droità l'Université de Berlin, de Heidelberg et de Gættingen, mais il cultiva surtout

la littérature. À la fin de ses études, il voyagea dans tous les

pays de l’Europe et publia ses impressions de voyage sous des titres différents, Londres, Paris, Rome, Belgique, qui apparu-

rent d’abord sous forme de feuilletons et ensuite en forme de

livres, tels que Souvenirs de la vie de Berlin. Mais depuis 1863, il s'établit définitivement à Berlin, où il fonda d’abord une Revue intitulée : Salon pour littérature, art et société, ensuite la Revue allemande. Un de ses romans ayant eu pee de succès est le Grand Didier, en trois volumes.

Wilhelm Wolfsohn (1820-1865), fut un des auteurs dramatiques des plus célèbres de l'Allemagne au xIx° siècle. Il fut aussi très connu Comme poète lyrique et romancier. Il eut surtout le mérite de profiter de sa connaissance de la langue russe pour faire connaître les productions littéraires russes en Allemagne.

Son fils connu dans le monde littéraire sous le pseudonyme Karl! Volters, a suivi les traces de son père et se fit connaître de

même comme poète dramatique que comme romancier. Il

s’est distingué surtout par le don d’une imagination inépuisable, par sa puissance créatrice et par l’art d’un incomparable narrateur. |

Israël Zangwill, né à ordi en 1864, fit ses études à Bristol. Il s’est consacré dans les premiers temps à l’enseignement, tout en continuant à cultiver les lettres. IL n’a pas tardé d'acquérir

une célébrité par ses nombreux romans de Ghetto, où il décrit,

avec des couleurs très vives, la vie des Juifs de Ghetto, sous toutes les formes, romans qui furent traduits dans presque toutes les langues européennes. Il intéresse, tant par la fertilité étonnante de sa vive imagination que par la description de la vie réelle qu’il revêt d’une forme très attrayante. Dans tous ses romans il fait voir comment la grande machine de notre civi-

lisation transforme les parias de la Russie et de la Roumanie

plongés dans l'ignorance et la superstition, en dès êtres humains

avec de nouvelles aspirations vers unidéal supérieur. Sestravaux

les plus connus sont : le Ministre, le président et le Peintre ; le Club des Célibataires ; le vieux Club des vieilles filles ; le Roi des mendiants ; les Tragédies de Ghetto, sans Préjugé et les Révertes de Ghetto. |

Adolphe Gerstmann, né en 1855, se distingua de bonne heure par son talent dramatique. A l’âge de vingt-huit ans, il fut collaborateur et ensuite rédacteur de la Gazette nationale de Berlin. En 1888, il eut la charge de dramaturge au théâtre dramatique de Berlin. Depuis 1894, il est à la tête du théâtre royal de

Lé

Stuttgard, ayant beaucoup contribué à sa prospérité en même

temps qu'à l'avancement de la culture dramatique en Allemagne,

Un des romanciers les plus distingués de l'Allemagne, ce fut Alfred Friemann, né en 1845, à Francfort. Il brilla également comme poête lyrique et cultiva en même temps avec succès l’art dramatique.

Salomon Kohn, né en 1825, étudia les mathématiques et la philosophie à l’Université de Prague et après avoir fini ses études, il suivit la carrière de négociant continuant ainsi les affaires de son père, mais ayant eu une prédilection pour la littérature, il se mit à écrire des romans et des histoires populaires puisés surtout dans la vie de ses coreligionnaires du Ghetto. Son premier travail intitulé Gabriel parut signé seulement parsesinitiales S. K. en 1852. Malgré l'anonymat de son auteur, ce livre fut traduit en anglais et fit beaucoup de sensation en Amérique et en Angleterre. Ayant vu le succès de son premier travail, il prit courage de publier un second roman intitulé le Miroir du présent, dans la préface duquel il léva le voile de l’anonymat et se fit connaître comme l’auteur de Gabriel, ce qui donna lieu à ce que ses livres eurent la chance d’être traduits dans la plupart des langues européennes. Chose assez singulière, que le mérite d’un auteur soit reconnu par l'étranger avant d'être constaté dans son propre pays. Son activité littéraire ne faisait que grandir au point de publier cinquante-cinq romans et des nombreux contes populaires, parmi lesquels se trouvent beaucoup de pièces de poésie lyrique et des tableaux de Ghetto de Prague. Même à un âge très avancé, il a encore publié de petits contes de tendance morale, Salomon Kohn a eu un imitateur dans son genre hittéraire en Léopold Kompert (1802-1886) dont la plupart des travaux représentent des tableaux de la vie de famille de Ghetto, qui ont eu un grand succès en Allemagne à cause de leur tendance extrêmement morale, faisant voir les avantages de l'amour de famille et son influence sur la stabilité et la continuité de la collectivité. |

Conime poète dramatique, nous Hlérons également Adolphe l'Arronge, qui s’est efforcé à présenter dans ses travaux des tableaux de la vie de la classe ouvrière. Il cultiva avec le même succès le drame lyrique l'opéra-comique et la. comédie. Ses pièces, très goûtées par le public ont été représentées au théâtre Friederichwilhem, à Berlin, dont il est devenu propriétaire en 1881, et directeur en 1894.-En 1896, il publia un travail critique intitulé Ze Théâtre allemand et l'art dramatique allemand.

Le nombre d'écrivains allemands, d’origine israélite, qui ont

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