A44 LES GRECS ET LES SÉMITES
excellé dans l’art dramatique, de même que dans la poésie et dans les romans, fait légion, mais le cadre étroit de notre travail nous oblige à ne mentionner qu’un certain nombre de ceux qui, par leur mérite, ont acquis une grande popularité. Pour compléter la liste, nous ajouterons encore le nombre des acteurs qui ont acquis une grande célébrité dans l’exécution sur la scène des pièces d'auteurs classiques et dans l’art d'interpréter les pensées et les sentiments des personnages qu'ils représentent.
Bogumil Dawison, Adolphe Sonnenthal, Ludovic Barray, Ludovic Chronecks, Ferdinand Dessoir, Emile Drach, Jules Jafjé, ont surtout brillé dans la tragédie où ils ont su donner aux passions et aux émotions une expression tellement vraie qu'ils ont fasciné leur auditoire. En France, ce furent surtout les femmes qui ont su personnifier au plus haut degré l’art dramatique et donner à l’action l'expression des sentiments des personnages qu'elles représentaient. Il suffit de rappeler le nom de Rachel, dont le génie a su incarner les créations sublimes des poêtes du xvir° siècle, en même temps qu’elle a su exalter l'enthousiasme populaire pendant la Révoluiion de 1848 par l’accent viril qu’elle a mis en chantant la Marseillaise dans une représentation solennelle à la Comédie-Française. L’exaltation du sentiment populaire fut tellement grand qu’elle fut obligée de répéter cet hymne national pendant une trentaine de nuits devant une salle bondée de spectateurs,.et chaque fois, la classe ouvrière se pressait pour lui offrir des bouquets. PT
Une autre actrice contemporaine, d’origine juive, qui a brillé
pendant longtemps et brille encore dans l’art dramatique, surtout
dans la tragédie, c’est Sarah Bernhard, née en 1844, à Paris. Son père la fit élever de bonne heure dans la religion catholique, en la plaçant, jusqu'à l’âge de quatorze ans au couvent de Grandchamp, à Versailles. Ensuite, elle fut reçue au Conservatoire et étudia l’art dramatique sous Prévot et Samson; elle gagna le prix de tragédie. En 1862, elle fit son début à la Comédie-Française, avec Iphigénie. Ensuite. elle a joué dans plusieurs théâtres de Paris. En 1872, elle retourna à la Comédie- Française à laquelle elle resta attachée pendant sept ans; elle s’en sépara à la suite de son tempérament excentrique et fut
condamnée à payer cent mille francs de dommages-intérêts.
Mais après avoir fait une tournée en Amérique et dans plusieurs capitales de l’Europe, elle rentra à Paris où elle joua d'abord pendant quelques années aux théâtres de la Porte Saint-Martin et de la Renaissance; ensuite, elle acquit l’ancien théâtre muni-
EEE
cipal des Nations qu’elle a transformé en théâtre « Sarah Bernhardt ». Son talent d’artiste ne se limite pas à l’art dramatique; elle est également sculpteur, écrivain et peintre. Elle est l'auteur de plusieurs livres parmi lesquels Sarah Barnum a “appelé l'attention générale. Elle est sans doute l'actrice la plus remarquable de l’époque. Jusqu’à présent, aucune autre actrice n’a réussi à la détrôner, parce qu’elle réunit, en outre de son génie dramatique, une grande flexibilité dans la faculté d'exprimer ses émotions, faculté qui réside chez elle plutôt dans l’intelligence que dans le sentiment.
Les écrivains israélites du xix° siècle ont également appelé l’attention comme journalistes et comme polémistes en matière politique.
Max Friedlænder, né en 1829, dans la Silésie prussienne, et mort à Nice en 1872. Après avoir fini ses études de droitaux Université de Berlin et de Breslau, il publia un livre sur la nécessité d'établir une loi internationale pour la défense de la propriété intellectuelle. Il se rendit ensuite à Vienne où il s’est consacré à la carrière du journalisme en faisant ses débuts dans le journal La Presse, où ses articles sur l’économie politique etsur les financesontappelé l'attention des financiers etdes hommes d'Etat. Après la guerre d'Italie, en 1859, il a mené une campagne très vigoureuse contre la politique du ministère Schmerling, réclamant avec instance une Constitution libérale, campagne qui fut couronnée de succès. En 1864, il a fondé, la Neue Freie Presse, dont il conserva la direction jusqu’à sa mort. Ce journal qui est le mieux connu et le plus répandu en Europe est l'organe du parti allemand libéral en Autriche. Il a toujours eu pour collaborateurs les écrivains les plus distingués de l'Autriche. Après la mort de Friedländer, c'est Edouard Bacher qui est devenu le propriétaire du journal et un de ses rédacteurs en chef. Un autre rédacteur de renom du même journal, c'est Maurice Benedickt qui s’est rendu célèbre par la publication de l’entrevue qu'il eut avec le prince de Bismark, venu à Vienne à l’occasion du mariage de son fils Herbert. | ; | |
Un autre journaliste très remarquable de Vienne, c’est Joseph Samuel Bloch, fondateur et propriétaire du journal scientifique Oesterreichische Wockhenschrift, ayant pour but de défendre les intérêts des israélites de l'Autriche. Ce journal, en même temps qu'il se distingue par des articles très intéressants sur la politique
; F { MERE ds ir RAT 11e Sem Ed At MT AE QI EL TOP
intérieure et extérieure de l'Autriche, en renferme d’autres ea. intérêt littéraire et scientifique.
Un autre journaliste, d’origine juive, qui a exercé une grande influence dans la politique allemande, c’est Léopold Sonnemann, fondateur et propriétaire de la Gazette de Francfort. Nous donnerons quelques notices sur sa vie, empruntées au correspondant particulier du Temps, qui, en déplorant sa mort, s'exprime dans les termes suivants : :
« Sonnemann siégea au Reischstag de 1871 à 1876, et de 1878 à 1884 ; il y était le chef du « parti populaire allemand » (Deutsche Volkspartei), parti démocratique, créé par lui, et dont son journal continue à défendre les idées. Par son caractère et son talent, M. Sonnemann s'était mis au premier rang du journalisme
allemand et avait su donner à la Gazette de Francfort une impor-
tance et une réputation universelles. Francfort perd en cet éminent citoyen, non seulement le défenseur de ses anciennes libertés, mais un administrateur remarquable. M. Sonnemann présida longtemps le conseil municipal, et nombre d'améliorations, qui font de Francfort une ville modèle, sont dues à son initiative.
Comme directeur de la Gazette de Francfort, il avait eu, il ya quelques années, la satisfaction de fêter le cinquantième anniversaire du journal qu’il avait fondé dans des circonstances assez
difficiles et qu'il avait, par ces efforts incessants, élevé au plus.
haut point d'autorité et de prospérité. I reçut, à l’occasion de ce cinquantenaire, les félicitations de toute l'Allemagne politique, même de ses anciens adversaires, ainsi que de ses collègues de la grande presse étrangère.
Un journaliste qui s'est rendu célèbre non seulement par son “esprit politique, mais aussi comme reporter, c’est Henri J. Blowitz, né en Bohème en 1825 et mort à Paris en 1903. Il arriva en France à l’âge de seize ans et bientôt il fut nommé professeur d'allemand et de littérature allemande au lycée de Tours; ensuite il occupa un poste analogue aux lycées de Poitiers et de Marseille. Pendant ce temps, il se mit à collaborer à divers journaux de province, tels que la Gazetle du Midi et la Décentralisation de Lyon. En sa qualité de journaliste, il a contribué à la déroute de Lesseps dans les élections de 1869 à la suite d’une révélation qu'il fit sur la vie extravagante et les dépenses folles
de la cour d’ Ismaël Pacha, ayant puisé une grande partie de ses
pese dans les caisses de la Compagnie de l’isthme de Suez. Ce n'est que grâce à l'influence de Thiers qu'il ne fut pas poursuivi par le gouvernement français. Ensuite il se distingua par
LES GRECS ET LES SÉMITES 447 les services rendus en 1870 au général Espirent de la Villeboisnet, gouverneur militaire de Marseille, pendant les jours de terreur de la Commune, qui manquait de moyens de communications avec le gouvernement de Versailles, tous les fils télégraphiques ayant été coupés par les insurgés. Ce n’est que lui qui disposait d’un fil télégraphique privé au moyen duquel il fit connaître à Thiers la situation embarrassée du général et la nécessité urgente de lui envoyer des troupes. Ce coup habile lui valut d'être nommé Correspondant, du Times de Londres, et par les services qu'il rendit postérieurement à son journal, il lui fut accordé en 1874, le titre de Correspondant spécial, en vertu duquel il eut le privilège de communiquer journellement avec le bureau du Times, par un fil spécial, depuis neuf heures du matin jusqu’à trois heures de l'après-midi. Sa grande activité de reporter ne lui laissait pas un moment de repos. En 1875, il donna encore une autre preuve de son habileté de journaliste en se procurant des documents qui lui dévoilaient le projet machiavélique de Bismarck d’une nouvelle invasion de la France. La communication qu'il en fit à son journatexcita beaucoup l’attention publique, et en 1878 il réussit également à se procurer une Copie du texte du traité de Berlin, qui parut dans le Times avant que les plénipotentiaires n'aient apposé leur signature sur le document. D'ailleurs, il n’a pas cessé de se rendre utile par son activité inlassable au grand journal de Londres auquel il a fourni plus de quatre mille colonnes. Sa position exceptionnelle comme Correspondant spécial du Times lui a facilité des inter- Views avec Bismarck, avec plusieurs souverains et avec les premiers hommes d'Etat de l'Europe. En plus de sa correspondance journalière avec le Times, il a aussi écrit des articles très intéressants dans diverses Revues françaises et anglaises.
si k
Parmi les artistes du xrxe siècle, il y En à un certain nombre d'origine juive, qui ont figuré au premier rang parmi les maîtres de l’art plastique, tant dans la peinture que dans la Sculpture. Un des chefs principaux de l’école de Düsseldorf, c’est Edouard Bendemann qui s’est distingué comme peintre d'histoire. Né en 1811 à Berlin, il se consacra de bonne heure à la peinture sous la direction du fameux maître Schadow, avec lequel il entreprit un voyage en Italie pour y étudier les œuvres des anciens maîtres de l’art. A son retour, ses premiers tableaux exposés à
448 LES GRECS ET LES SÉMITES l'Académie de peinture de Düsseldorf représentaient des scènes de la Bible : l’un était le Deuil des Juifs à Babylone qui se trouve aujourd’hui au Musée de Cologne, et l’autre, Jérémias sur les ruines de Jérusalem qui fut acquis par l’empereur d'Allemagne. En 1838, il fut appelé par l’Académie de Dresde le chargeant de peindre des fresques sur. les murailles des salons du Trône et des salles de bal du château royal. En 1859 il fut nommé directeur de l'Académie de Düsseldorf. Il est mort-en 1889. Eugène-Benjamin Fichel, né à Paris en 1826 et mort en 1895, commença par la peinture d'histoire qu'il délaissa pour se con-
sacrer à la miniature. Il y en à quelques-unes qui sont exposées’
dans le Musée du Luxembourg. Da Max Liebermann, reconnu aujourd'hui en Allemagne comme un des peintres de plus grand talent des temps modernes, est
réaliste au sens le plus strict du mot. Il nese limite pas à copier la
nature, il rend en même temps l'expression du sentiment que les tableaux de la nature inspirent. Il a excité parmi les artistes contemporains une grande animosité pour avoir abandonné la
routine et adopté un autre genre basé sur une conception différente :
de la nature. Il s’est rendu dans différents pays pour y étudier les grands maîtres de l’art, en France, en Italie, en Hollande, et à
son retour à Berlin, il s’est consacré tout à fait aux tableaux de
genre. Ses tableaux Îles plus remarquables sont : des Plumeuses d'oies, l'Ecole des petits enfants d'Amierdam, la Prière avant et
après le repas, les Fileuses, le Tisserand. Un grand nombre de ses tableaux se trouvent dans le Musée National de Berlin, dans le Kunsthalle de Hambourg et dans les musées de Strasbourg, de Munich et de Leipzig. - à
Philippe Laszlo, né en 1869 à Budapest s’est distingué surtout comme peintre de genre et ensuite de portraits où il a acquis une grande renommée, au point d’avoir fait les portraits de l'empereur d'Autriche, de sa fille l’'archiduchesse Isabelle et du pape Léon XIIT.
Félix Possart, s’est distingué dans tous les genres de peinture. Ii s’est d’abord familiarisé avec les œuvres de tous les grands peintres de l'Europe. Ensuite il a passé plusieurs années en Italie et en Espagne où il a fait revivre par son pinceau la merveilleuse architecture de l’Alhambra, par deux magnifiques tableaux, dont l'un représente la Cour des myrtes, qui fut acquis par l'empereur d'Allemagne, et l’autre la Cour des lions. Il a également exposé aux Salons de Paris en 1900, un tableau qui fut acquis par la Société française des amis de l'art.
Î n , û ” PT PS VOST Ve VPN Le à At.
NPJOUNCRE D TE: PACS, MER ESS AR
LES PARC PTE TP ANR 4 PEUR ANA RAR ES PT OS à Mr ot. APN TN ATEN ET A A TE A € AE PPT Ci Le A ae GE La ir SANT PAT Tê A NN AU RU SU LME CT PR SE TE | ER PAM D ET LP EE Ets cs ch D É
AP à FE N Ee 4 RATER
Na
I y à encore un grand nombre de peintres très célèbres d’origine juive, qui ont contribué au progrès de l’art, tels que Lesser Ury, Nathanael Sichel, Philippe Veit, Isidore Kaufmann.
Parmi les artistes israélites qui ont cultivé l’art plastique, il y en a quelques-uns qui ont brillé dans la sculpture, parmi lesquels figure en première ligne Markus Antokolski, russe d’origine, mais
quia habité Paris pendant vingt ans, où il était très connu dans les cercles aristocratiques. Ce qu’il y a de plus curieux dans la vie d'Antokolski, c’est que l'Empereur Alexandre III de Russie, bien Connu par son antisémitisme, a daigné lui accorder sa protection en lui faisant faire ses études aux frais de la Couronne et
en lui payant ses voyages en Italie. Lorsqu'il se rendit à Paris Pour marquer son alliance avec la France, il n’a pas manqué de visiter son atelier où il rémarqua la statue de Pierre-le-Grand qu'il acquit pour la placer ensuite dans le jardin impérial de Péterhof, Antokolski a SCulpté pour son souverain les Statues Neslor, Jermac, Socrate an lit de mort, Jaroslaw-le-Sage. EL ‘a également fait le buste de Nicolas IL. Déjà comme élève à l’Académie de Saint-Pétersboursg, il s'était distingué par ses travaux de sculpture sur bois et ivoire. Depuis 1880 il est membre de l’Académie des Beaux-Arts de Paris. En 1896 à l'Exposition internationale des Beaux-Arts de Berlin il lui fut accordé la médaille d'or pour la statue de Spinoza.
Joseph Engel, de Budapest, sculpteur très distingué, a reçu le grand prix dans un concours publié par l’Académie nationale des Beaux-Arts pour le monument du comte Széchényi, qui est une création modèle de plastique dont les traits représentent
. Une expression merveilleuse du Courage et de l’amour de ce grand patriote.
Max Klein, né en Hongrie, en 1847, excellait dans l’art plasti-
ue. Il est l’auteur de la statue qui représente un Sroupe intitulé
les Germains dans le cirque romain, qui à figuré dans le salon de Paris et a gagné la médaille d’or à l'Exposition internationale de Munich. On y admire la hardiesse d’une conception originale et l'énergie de l'exécution réaliste d'un groupe où figurent des hommes à côté d'animaux Sauvages, [1 à aussi obtenu le premier prix dans un CONCOUTS, pour une statue qui représente un groupe de philosophes de l'antiquité. Il a ésalement fait, pour le Ruhmeshalle de Berlin, des bustes colossaux du feld-maréchal baron de Manteufel et du général Werder. 24
Charles Samuel, sculpteur belge, né en 1862, à fait ses premières études sous la direction du fameux peintre Jean-Fran-
AVES AE RE NA ES SEA AA RS CE RE A D PONT OT D PURES 450 LES GRECS ET LES SÉMITES
cois Portaels; ensuite il travailla sous les ordres des sculpteurs Eugène Simonis et Charles Nanderstappen. Il se rendit en Italie pour se perfectionner dans l'art plastique. À son retour, il exposa à l'Exposition universelle de Paris en 1889, une statue intitulée Le Soir, qui obtint la médaille d'argent. Il s’est consacré ensuite à exécuter le projet d’un monument appelé à perpétuer le souvenir d’un célèbre écrivain belge, Charles de Cortès,: dont le dernier ouvrage s'intitule La Légende de Till Eulenspiegel, où est représentée la figure de ce grand patriote qui n’a rêvé que de relever le peuple de Flandres opprimé au xvie siècle par le gouvernement despotique de Philippe I. Le gouvernement belge, d'accord avec la municipalité de Bruxelles, a fait l'acquisition de ce chef-d'œuvre qu'il a fait placer aux bords d'un lac, promenade favorite de Cortès. Ce monument figura à l’exposition d'Anvers en 1894 et obtint la médaille d'or; il reçut également la médaille d’or à l'Exposition universelle de Paris, en 1900. On lui doit aussi le monument du grand homme d'Etat belge, Frère-Orban, qui symbolise la liberté politique et économique de la Belgique.
Léopold Bernstamm, sculpteur russe très renommé et protégé par l’empereur actuel, est établi à Paris depuis 1885. Il a exposé
‘tous les ans dans le salon des Champs-Elysées des bustes sculptés des célébrités de Paris, telles que Sardou, Renan, Coppée, Déroulède, Zola, etc. En 1896 il fut appelé à Saint-Pétersbourg pour faire les bustes de Nicolas IL et de l'impératrice. ©
De même que la Russie a produit des sculpteurs de premier ordre, d’origine israélite, l'Autriche de son côté, a le mérite d'avoir fourni des artistes également d’origine juive qui occupent le premier rang dans l'architecture moderne.
Max Fleischer, né en 1841, a fait ses études à Vienne dans l'Académie des arts plastiques. Il a collaboré de 1868 à 1887, avec son maître baron de Schmidt, à l'Hôtel de Ville de Vienne, et en récompense de son mérite, il a obtenu de l'empereur François- Joseph la Croix du Mérite en or avec couronne d’or; de plus la municipalité lui a accordé le droit de citoyen de la ville de Vienne. L'architecte en chef, le baron Schmidt, en récompense de sa collaboration, a fait sculpter sa tête sur le mur, à l’entrée de l'Hôtel de Ville. Fleischer a brillé dans plusieurs genres d'architecture, tels que des mausolées et des monuments de tombeaux. |
Oscar Marmorek, né en Galicie, en 1863, a fait ses études à Vienne, à l'Ecole d'architecture. Ensuite, il se rendit à Paris où il se perfectionna dans son art, À son retour à Vienne, il continua
à cultiver l’art plastique avec ardeur. Il se fit connaître en 1892 Comme architecte en chef de l'Exposition de Théâtre et de Musique, dans laquelle il fit reconstruire un quartier de l’ancienne Vienne. Cette imitation artistique réussit tellement qu’elle le rendit très populaire, ayant servi également d’émulation à l’auteur
pour l’engager à continuer dans ce genre de travaux. En effet, il
a Construit un bâtiment servant aux divertissements publics, appelé Venise à Vienne, qui n’est qu’une imitation d’un quartier de la ville des lagunes. | | Wilhem Sliassny, né en 1842, à Pressbourg, ‘a fait ses études à l'Ecole polytechnique de Vienne. Comme enthousiaste de son métier et doué d’un esprit scientifique, il s’est associé avec plusieurs de ses collègues pour présenter un mémoire à la Direction de l'Ecole ayant pour but de faire comprendre la nécessité de : la transformation complète de l'enseignement en y introduisant plusieurs sciences auxiliaires ainsi que de la fondation des écoles Spéciales pour chaque branche. Ensuite, il entra à l'Académie des arts plastiques où il suivit les cours des professeurs les plus renommés de l'Autriche. Quelque temps après, il a fondé une Société intitulée Wiener-Bauhütte de laquelle firent partie la plupart des architectes viennois, en même temps qu'un journal d'architecture dans lequel ont été publiés des travaux techniques scientifiques ainsi qu'une description détaillée de tous les monuments et d’œuvres d'architecture de l'Autriche. Ensuite, il s’est consacré complètement à l'étude de tout ce qui a rapport avec la question des logements en général et ceux de la classe ouvrière en parti- Culier. Après avoir acquis une grande autorité en matière d’architecture moderne, tant au point de vue de l'hygiène que du confort, al fut chargé de la construction des palais, de fabriques et d'écoles, qui ont tous l'empreinte de goût artistique, d'élégance et de confort. Grâce à sa compétence reconnue, il a figuré comme membre du jury dans toutes les Expositions internationales d'architecture. ot Georges H. F. Hitzig, un des architectes les plus renommés dé l'Allemagne, a construit la Bourse de Berlin en style renaissance, la Banque de l'Empire allemand et l'Ecole polytechnique de Charlottenbourg; il a transformé l'arsenal de Berlin en un musée d'armes. Il fut également appelé à exécuter des travaux d’architecture monumentale hors de l'Allemagne, à Trieste et à Varsovie. | | | L'Allemagne compte encore beaucoup d’autres architectes, d’origine israélite, qui ont acquis une grande célébrité par leurs
travaux remarquables et qui ont contribué au progrès de l'art architectonique, tels que Richard Wolffenstein, Frantz Jafjé, Alfred Lesser, etc.
Nous croyons superflu d’insister sur le rôle que les hommes d'élite, d’origine juive, ont joué pendant le xIx° siècle, comme financiers, industriels et commerçants, de même que comme constructeurs de grandes lignes de chemins de fer. I suffit de citer les noms de Rothschild, Péreire, baron Hirsch, Bleichroeder, etc., qui sont bien connus par leur activité et intelligence dans les affaires, pour démontrer la part qu'ils ont prise à la multiplication des voies de communication et à la prospérité générale de toutes les nations de l'Europe. ;
Mais nous tenons à constater qu'il y en a eu parmi eux un certain nombre qui se sont distingués au plus haut degré par leur philanthropie et leurs sentiments altruistes. Nous en citerons quelques-uns qui ont bien mérité de la gratitude de leurs concitoyens en particulier et de l'humanité en général.
Salomon Heine, oncle du célèbre poëte allemand, qui, en 1842, à l'occasion d’un incendie horrible qui avait détruit les plus beaux quartiers de la ville de Hambourg, mit à la disposition de la ville huit millions de thalers, soit environ trente millions de
francs. Il fut également le fondateur d’un grand hôpital de Ham- :
bourg et d’une école publique. | '
Madame Furtado-Heine, s’est distinguée par ses nombreuses œuvres de charité publique. Elle a équipé et maintenu à ses frais un service d'ambulance à Paris pendant ‘la guerre francoprussienne. Elle a également fondé à Paris à ses frais un dispensaire pour les enfants malades, monté d’après les exigences de la médecine moderne et pourvu de toute espèce de. confort et d'hygiène, où des soins sont prodigués aux enfants pour toute espèce de maladie. Elle a aussi contribué par sa munificence à la fondation et au soutien de l’Institut Pasteur. En 18%, elle a
fondé également un hôpital d'enfants pourvu de cent lits. Elle a
également fait cadeau au gouvernement français d'un de ses.
châteaux, près de Nice, pour y établir un sanatorium pour les officiers convalescents de retour de l'Afrique. à
Alphonse de Rothschild (baron) s’est distingué par ses sentiments altruistes et par son amour de la patrie et de l'humanité. Ia dirigé d’abord une œuvre patriotique au moment du payement de l'indemnité de guerre de cinq milliards par la France à l'Allemagne, empêchant à son pays une crise financière à la suite d’un drainage d’une somme aussi importante dans un temps
relativement court. Il eut aussi la générosité de donner plus de six cents tableaux aux Musées de Paris. Il n’y a pas eu une institution de bienfaisance à Paris, à laquelle il n'ait contribué par des sommes considérables. Chaque année, à l'approche de l'hiver, la maison Rothschild faisait une donation à la Municipalité d’une somme de cent mille francs pour être distribués aux pauvres de Paris. Dans son testament, il fit une donation de dix millions de francs pour être employés à la construction d’habitations à bon marché pour la classe ouvrière.
Maurice Hirsch (baron) est un des philanthropes les plus remarquables de notre époque. En 1873, il fit une donation de un million de francs à l’alliance israélite pour la création d’écoles en Orient et dans les provinces du Balkan. Pendant la guerre entre la Turquie et la Russie, en 1878, il établit des hôpitaux dans les camps des deux armées ennemies et envoya à l’impératrice de Russie la somme de un million de francs en faveur des blessés. En 1885, il nomma une commission pour étudier la meilleure manière d'améliorer les conditions matérielles et morales des
Juifs de la Russie et, dans ce but, il offrit au gouvernement russe cinquante millions de francs pour construire des établissements d'instruction théorique et pratique. Mais le gouvernement russe ne Consentit à accepter cette offre qu’à la condition de pouvoir en disposer selon sa convenance. Hirsch, comprenant l’impossibilité d'accéder aux exigences du gouvernement russe, employa toute son énergie auprès de ce dernier pour obtenir son consentement à leur émigration. Dans ce but, il nomma uneCommission internationale pour étudier un plan de colonisation, tant en Amérique du Nord que dans la République Argentine, à la disposition de laquelle il mit une somme de soixante-deux millions de francs. Il se mit en même temps d’accord avec les gouvernements respectifs pour obtenir leur collaboration à l'exécution de ce plan de colonisation par la concession des terrains. On calcule en cent millions de francs les sommes successives qu'il a ajoutées à la fondation première. Le plan de cette colonisation consistait dans l’achat de terrains, d’ustensiles et instruments nécessaires à l’exploitation, dans l'établissement d'écoles primaires, d'arts et métiers et d'agriculture. Il paraît que le résultat de cette entreprise fut excellent. Ensuite, il a également formé des colonies agricoles en Palestine et en Galicie ayant pour but de former dans différents pays des collectivités d’agriculteurs.
Daniel Osiris a légué la moitié de sa fortune ou soit vingt-cinq
millions de francs à l'Institut Pasteur ; son château de la Tour- Blanche, au Ministère de l'Agriculture ; ses chalets d'Arcachon à la municipalité de cette ville; quatre maisons qu'il possédait
dans la rue La Bruyère, à la ville de Paris ; l'hôtel qu'il habitait,
à la Société d'escrime et toutes ses collections artistiques à l'Etat.
M. Emile Loubet, ancien président de la République, fut un de L
ses exécuteurs testamentaires.
De ce qui précède, il résulte : |
1o Qu’après que la grande Révolution française eut démoli les barrières qui séparaient les hommes de race sémite de ceux de race aryenne et proclamé les droits de l'homme sans distinction de race, de classe et ‘de croyance, les Juifs sont de nouveau
rentrés au sein de la famille humaine et ont contribué pour leur part au progrès des sciences et des arts ainsi que de toutes les branches du savoir humain; k ”
2 Qu'avec le retour de la réaction, à la suite de la restauration. de la monarchie en France; les principes de la Révolution francaise : l'égalité, la fraternité parmi les hommes et la liberté de conscience, qui ne sont au fond que ceux de la morale sublime enseignée par Jésus-Christ, ont été regardés avec dédain par les classes dirigeantes jusqu'au moment où un réveil nouveau de la
conscience humaine et un nouveau triomphe de la science sur l'intolérance de la théologie, ont donné lieu à l'émancipation de
la raison humaine, d’abord en France ensuite en Angleterre, et successivement dans la plupart des Etats européens où les progrès réalisés dans les champs de la science, de l'industrie et du commerce, ont contribué à dissiper de nombreux préjugés populaires et à niveler graduellement les classes sociales ;
30 Que jamais une race ou un peuple quelconque n’a fourni ‘des preuves d'une vitalité pareille à celle du peuple juif qui, con-
finé pendant des siècles dans le Ghetto, poursuivi et maltraité
par les peuples au milieu desquels il vivait, chassé des collèges, des écoles et detous les centres d'instruction, a fini quelque temps après avoir secoué :a poussière du Ghetto, par monter graduellement l'échelle du progrès humain, par montrer des aptitudes aussi variées, une force d’assimilation aussi intense et aussi rapide, une facilité prodigieuse de s'adapter aux nouveaux milieux, au point de produire, en moins de cinquante ans de
labeur constant, des hommes d'élite et de génie qui ont contribué par leurs créations à féconder le champ des sciences et des arts etaenrichir par denouvelles connaissances et de nouvelles méthodes, toutes les branches du savoir humain. Les uns ont brillé dans les sciences exactes, les autres, dans les sciences naturelles; les uns, dans les sciences morales et politiques, les autres, dans les sciences d'histoire et d'économie sociale; les uns, dans les beaux arts, tels que la musique, la poésie et le drame, les autres dans les arts plastiques, tels que la peinture, la sculpture et l’architecture. Ce fait si curieux n’est pasmiraculeux ni une conséquence d’atavisme ni encore moins de privilège de race, il est plutôt une conséquence forcée de la loi d'évolution, car jamais un peuple n’a subi une série aussi longue de persécutions et n’a traversé des Juttes aussi cruelles que le peuple juif dont un très grand nombre a succombé et d’autres ont transigé avec le milieu en se convertissant au christianisme. Ce ne sont que les forts, les énergiques, les opiniâtres qui ont résisté au milieu, et grâce à la sélection naturelle ils ont conservé les qualités morales et intellectuelles acquises ; et leur volonté, comme dit A. Leroy-Beaulieu, a été trempée au feu et à l’eau par vingt siècles de souffrance:
: 4 Que leur aptitude d’assimilation ne se limite pas aux manifestations extérieures de la vie populaire, telles que les mœurs, les coutumes et les habitudes des classes auxquelles ils se sont mêlés, elle s'étend également à à la littérature, à la science et aux arts. Leurs auteurs dramatiques, tant français et allemands qu'anglais et italiens, ont su s’assimiler l'esprit et le sentiment national de leurs pays respectifs. Les contes populaires d’Auerbach, les poésies de Heïne, Gutzkow, Hartmann et Beck, sont pénétrés de l'esprit et du sentiment allemands purs; les poésies de Catulle Mendès, les opérettes d’Offenbach, telles que Orphée aux Enfers et la Belle Hélène personnifient bien lPesprit et la verve francaises ; les œuvres de Disraeli sont tout ce qu'il y a de plus anglais dans l'esprit et dans la forme, De même, ils ont su s’'assimiler au plus haut degré le sentiment patriotique des nations auxquelles ils appartenaient : Diraeli, Gambetta, Lassalle et Jules Manin, en sont les exemples les plus éloquents ;
5° Que le fait par lui-même, d’une collectivité qui a déployé une activité vitale dans toutes les manifestations de la vie sociale, produisant des hommes d’élite qui ont donné une impulsion considérable au mouvement matériel, intellectuel, moral et social de l’humanité pendant le xix° siècle, prouve d’une manière incontestable qu’une telle collectivité constitue une
LL ECS
force vivante avec laquelle toute nation doit compter, Car une force qui a gagné en intensité et en vigueur par la sélection naturelle à travers vingt siècles d'existence, et qui a résisté dans des luttes acharnées contre les rois égyptiens, contre les souverains chaldéens et assyriens, et contre les empereurs romains, et qui a de plus survécu à la persécution séculaire des Eglises catholique et protestante, est indestructible et est appelée à jouer encore un rôle actif dans l’histoire de l'évolution humaine; cri
6° Que l’antisémitisme, legs du moyen âge et fruit de l'ingratitude envers un peuple qui a eu le mérite, d’abord, de collaborer avec les Arabes à la renaissance de la culture grecque, ensuite de créer la philosophie religieuse, et de la transmettre aux Etats chrétiens de l'Espagne, est condamné à disparaître progressivement pendant le xx° siècle, à mesure que les principes de la - morale chrétienne, à savoir l'égalité civile, politique et religieuse, la fraternité parmi les hommes et la liberté morale prendront racine parmi lés nouvelles générations, grâce au progrès de la science et des idées socialistes égalitaires, deux forces nivelantes inhérentes à l’évolution de la raison humaine;
7° Qu’avec l'extinction de l'antisémitisme, antithèse de la morale chrétienne, et la pénétration du sentiment de la solidarité Humaine dans le cœur et dans la mentalité des nations les plus arriérées de l'Europe, s'ouvrira l'ère messianique annoncée par le prophète Isaïe, révélée au monde par la haute personnalité de Jésus-Christ et réalisée en principe par les hommes de la Révolution française, à savoir l'établissement définitif des Droits de l'Homme et la pratique de l’amour de la justice, sans privilèges de caste, de race et de croyances. Ce n'est qu’alors que se réalisera l'idéal du royaume de Dieu sur la terre et que le christianisme aura accompli sa mission éducatrice de l’humanité; ù 8 Que, bien que la situation actuelle de l'Europe ressemble plutôt à un camp militaire où les armées rangées en bataille attendent ou craignent le choc terrible du lendemain, le progrès . incessant de la raison et du sentiment de la solidarité humaine pendant les derniers vingt ans permet d'espérer que le jour n'est pas loin où cet excès de force brutale rendra la guerre fratricide impossible, et que la peur de l'épuisement matériel d’un côté et le sentiment de la solidarité humaine de l’autre, obligeront les nations à employer leurs épargnes plutôt en instruments de travail et de production de bien-être national qu’en armes de
destruction de vies humaines et à inaugurer de commun accord le règne de la paix par le règne du droit et la fraternité des peuples par la liberté morale et matérielle des nations. C’est ainsi que se réalisera la prophétie d’Isaïe : « De leurs glaives, les peuples forgeront des hoyaux, et de leurs lances ils feront des serpes ; une nation ne tirera plus l'épée contre une autre, et l’on n'apprendra plus la guerre ». C’est le xx° siècle qui est appelé à résoudre ce grand problème : la paix sociale, basée sur les principes des Droits de l'Homme, sur l'amour du prochain et sur la justice humaine.
TABLE DES MATIÈRES
HPIACE PVR ST EEE Se Te SNL SÉRIE
L'homme, comme être animal, en même temps que social, a été régi au cours de son évolution par les lois bio-sociolo-
giques. \ F
Exposé succinct de la lutte engagée entre la raison et la religion depuis l'entrée dans la scène de l’ histoire, du mono- théisme du peuple juif et de la haute culture de la raison et des sens du peuple grec; lutte qui continua pendant tout le moyen-âge entre la philosophie grecque et la théologie, et n’a pas cessé de se poursuivre entre la théologie et la science depuis la Renaissance jusqu’à nos jours. — Ce n’est que le progrès des sciences, le perfectionnement de l'intelligence et du sentiment de la solidarité humaine, qui amèneront la paix entre les deux forces qui gouvernent l'humanité.
Débuts préhistoriques de l'humanité en Asie et en Afrique.
Le haut plateau de l'Asie considéré comme le berceau de lhumanité. De là, un courant humain se dirigea vers l’Asie Méridionale dans la vallée de l’Hindus, et un autre vers l'Asie Mineure, en Mésopotamie, formant plus tard les royaumes d’Assyrie et de Chaldée. — Plus tard, un autre courant se dirigea vers les bords du Nil et vers le littoral de la Méditerranée, constituant les premiers habitants de la Phénicie, de l'Egypte et de la Grèce............. RSS MEN RS ASE
L'homme a subi dans toutes les époques de son évolution l'influence des transformations et révolutions géologiques et climatériques de la région qu’il a choisie pour Champ de son activité. — Plan du présent travail.
Débuts préhisloriques de l'humanité en Europe...
Première période: âge de pierre. — Seconde période : âge
de renne. — Troisième période : âge de pierre polie. — Qua- * trième MR âge de bronze. — Cinquième période: âge de, fer. OR EIRE AP EN ec LUC ON EE RUE PAT A ATSS
La première étape de l’évolution hi maine iniliée par les Egyptiens
TABLE DES MATIÈRES
L’humanité à l'époque préhistorique a évolué sous deux
formes distinctes en Europe et en Egypte, conformément géologique distincte dans chacun des conti-
à l’évolution nents asiatico-africain et européen. — En Europe, elle fut très lente et très inégale dans les différentes latitudes, tandis qu’en Egypte, elle a évolué avec une rapidité extraordinaïre. — Les documents de l’évolution préhistoriques de l'humanité nous ont été transmis par deux voies distinctes;
par l'Archéologie pour l'Egypte et par la Paléontologie pour l'Europe 4 Te Hs) NE PARA ARR Pr SES A cn Re
L'Egypte n’a pasconnul’é époque de bronze. ne période de fer succède brusquement à celle du silex. — Les premiers germes de culture y furent introduits de l’Asie par Menès, pre-
mier roi d'Egypte. — Le culte primitif fut polythéiste. — Les. collèges sacerdotaux modifièrent etunifièrent les cultes etles rites divers. — Les figures d'animaux revêtirent uncaractère
emblématique dans la religion polythéiste. — Celle-ci admettait trois espèces de divinités : dieux solaires, dieux élémen-
taires et dieux des morts, formant chacun un cycle divin de neuf ou trois pérsonnalités. — La triade était le symbole
d’un tout absolu. — Selon l'opinion prédominante parmi les égyptologues, toute la mythologie égyptienne roulant sur les dieux Ra, Osiris et Amon n’était qu'une forme de langage, servant à symboliser les attributs de l’Ëtre suprême. — Conception particulière des Egyptiens de la cosmogonie et de
la vie future. — La théocratie était intimement liée à l’his-
toire politique de l'Egypte. — Aucune des nombreuses dynasties régnantes n’a pu s’émanciper de l’influence sacerdotale. — Le régime de castes, militaire, sacendotale et féo-
dale, empêcha le développement de l'esprit national, don-
nant souvent lieu à des guerres civiles. — Dans la lutte entre les rois de Thébes et les prêtres d’Amon, la victoire resta à ces derniers. — Les invasions assyriennes et perses, en même temps que les guerres civiles, finirent par épuiser le pays et amener la décadence définitive de l'Egypte.
La seconde étape de l'évolution humaine initiée par les Phé-
niciens ..
ee =. + + © + « » 9 © © © ©, 0 © « 0 0e + © + © © « + + © + « ee
Les Phéniciens, un très petit peuple, entassés sur une
étroite bande de terre, longue de cinquante lieues, comprise
-entre la mer de la Syrie etla haute chaîne du Liban et pous-
sés par l'instinct de conservation, se virent obligés de se consacrer à la navigation et au commerce, se servant des
. ee + ee